« Pisse Debout ?! » : vibrer dans le VTT grâce à la non-mixité
Rachel Milloud, Cyrielle Ciancio, Isabel Brufau, Aloisia Beaujour, Jéromine Buchatz, Caroline Terme et Anne-Flore Mailland ont un point commun : elles ont « choppé le virus du VTT », une maladie infectieuse qui, à les entendre, est hautement transmissible. Il se pourrait d’ailleurs qu’après le visionnage de « Pisse Debout ?! », le film qui suit pendant un an leur progression dans la discipline, vous n’ayez plus qu’une envie : enfourcher un vélo et partir sur les sentiers de montagne.

38 % : c’est la proportion de femmes parmi les licencié.es VTT de la Fédération française de cyclisme en 2025. Une présence loin d’être anecdotique, mais qui ne suffit pas encore à parler de parité. Et si beaucoup de chemin reste à parcourir, c’est aussi parce que les femmes ont longtemps dû composer avec l’idée que le vélo, comme bien d’autres sports, ne serait pas tout à fait fait pour elles.
En 1987, alors que les femmes prennent part aux mêmes épreuves que les hommes en lever de rideau, la Française Jeannie Longo remporte sa première Grande Boucle féminine. Elle en gagnera trois consécutivement, en 1987, 1988 et 1989. Une visibilité qui ne plaît pas à tout le monde : la même année, Marc Madiot déclarait qu’« une femme sur un vélo, c’est moche » et que le cyclisme n’était pas un sport pour les femmes.
Un cocon de confiance
En 2025, les Clubs alpins français de Lyon-Villeurbanne et de Chambéry mettent en place le Groupe féminin de vélo de montagne (GFVM), avec une ambition : accompagner sept femmes dans leur progression à VTT et leur permettre de prendre davantage confiance dans leur pratique.
Rachel, Cyrielle, Isabel, Aloisia, Jéromine, Caroline et Anne-Flore ont des parcours différents. Mais elles partagent désormais une même expérience : celle d’un groupe de VTT exclusivement féminin, accompagné par Nawale Slaili, monitrice de vélo.
Une question s’est très vite posée : pourquoi pratiquer le vélo uniquement entre femmes ? La réponse était loin d’être une évidence pour les protagonistes. Au début du moins. Car au fur et à mesure que le projet avance, la non-mixité fait très vite sens. « L’objectif, c’est qu’elles soient dans un cocon leur permettant de prendre confiance pour aller rouler aussi bien avec des meufs qu’avec des gars » détaille Nawale Slaili, la monitrice de vélo qui les a suivies.
« C’est toujours comme ça, les groupes en non-mixité ? »
La progression des 7 rideuses a été documentée par Clara Domas et Delphine Daniélou, deux réalisatrices qui, dans leur film « Pisse Debout ?! », nous racontent bien plus qu’une histoire de vélo : elles montrent ce qui se joue lorsqu’un groupe de femmes trouve un espace où il devient possible d’essayer, de se tromper et de montrer ses failles.
« C’est toujours comme ça, les groupes en non-mixité ? » lance l’une des protagonistes après plus d’un an de partage avec les femmes du GFVM. « Comme ça », c’est-à-dire dans un environnement rempli de bienveillance, où la sororité est un véritable tremplin vers la progression.
« Oui, c’est toujours comme ça », répond Nawale Slaili. Aussi bien en alpinisme, l’une des premières activités à avoir vu émerger des groupes en non-mixité, qu’en vélo. « On ose plus se lâcher, montrer ses failles » poursuit l’une des rideuses. « Dans l’idée, par la suite, de revenir vers un cadre mixte avec un autre regard ».
« Pisse Debout ?! » sera diffusé à Annecy, dans le cadre de l’événement Femmes en Montagne. D’autres dates sont à venir, plus d’infos sur @gfvm_ffcam.

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