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	<title>Philosophie &#8226; encordées</title>
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	<description>Là où mes montagnes nous mènent</description>
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	<title>Philosophie &#8226; encordées</title>
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		<title>Plus fortes que les hommes, vraiment ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2025 16:51:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En célébrant la domination de Janja Garnbret dans l’une de ses dernières vidéos,&#160;Le Monde&#160;relance le débat : les femmes peuvent-elles être plus fortes que les hommes ? Une question qui en dit long sur notre manière de penser l’égalité… et sur les limites d’un modèle de performance calqué sur celui des hommes. Ce n’est pas [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Plus fortes que les hommes, vraiment ?</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-10-05T17:51:09+01:00">5 Oct 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">4 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong>En célébrant la domination de Janja Garnbret dans l’une de ses dernières vidéos,&nbsp;<em>Le Monde</em>&nbsp;relance le débat : les femmes peuvent-elles être plus fortes que les hommes ? Une question qui en dit long sur notre manière de penser l’égalité… et sur les limites d’un modèle de performance calqué sur celui des hommes.</strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1500" height="950" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/10/Design-sans-titre-5.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/10/Design-sans-titre-5.png 1500w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/10/Design-sans-titre-5-600x380.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/10/Design-sans-titre-5-300x190.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/10/Design-sans-titre-5-1024x649.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/10/Design-sans-titre-5-768x486.png 768w" sizes="(max-width: 1500px) 100vw, 1500px" /></figure></div></div>



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<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Ce n’est pas souvent que les journalistes du&nbsp;<em>Monde</em>&nbsp;s’intéressent au microcosme de l’escalade. Ils ont choisi de le faire la semaine dernière, via la mise en scène d’un « duel » hommes/femmes. Une vidéo virale – plus de 130 000 vues sur YouTube – qui réduit la performance des femmes à… une simple comparaison.</p>



<p>« Plus fortes que les hommes ? » interroge la miniature.</p>



<p>Avouons-le : nous sommes nombreux·ses à vouloir que cela soit vrai. Ou, à défaut, que les femmes atteignent le même niveau.</p>



<p>Qui n’a pas envie de voir, à la une d’un magazine, une femme enchaîner un 9c ?<br>Ou se hisser sur la plus haute marche du classement général de l’UTMB, par exemple ?</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="LE sport dans lequel les femmes rattrapent les hommes &#x1f9d7; (avec Janja Garnbret)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/BNddiL22iJg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p>Des sports où les femmes ont déjà surpassé les hommes, il en existe (contrairement à ce qu’affirme&nbsp;<em>Le Monde</em>&nbsp;dans sa vidéo). Jasmin Paris sur&nbsp;<em>The Spine Race</em>&nbsp;– souvent décrite comme l’un des ultra-marathons les plus difficiles d’Europe – en est l’un des plus beaux exemples. En 2019, la traileuse britannique avait bouclé les 430 kilomètres de cette course en 83 heures et 12 minutes, devançant de plus de 12 heures le premier homme. Même son de cloche du côté de la voile : en 2022, Kirsten Neuschäfer est devenue la première femme à remporter un tour du monde en solitaire sans escale, après huit mois de mer.</p>



<p>Rappelons d’ailleurs qu’en 1993, une grimpeuse avait déjà marqué l’histoire : Lynn Hill, première à réussir l’ascension en libre du Nose, sur El Capitan. Rien de nouveau, donc, à voir les femmes côtoyer le très haut niveau masculin… même si ces&nbsp;<em>role models</em>&nbsp;ont longtemps été invisibilisées.</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-f0345587 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-1024x683-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-1024x683-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-1024x683-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-1024x683-1.png" alt="" class="uag-image-2822" width="1024" height="683" title="encordees-image-de-couverture-1024x683" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Lynn Hill dans The Nose (1993)</figcaption></figure></div>



<p>Mais il est vrai que l’actuelle « domination » de la grimpeuse slovène Janja Garnbret, à laquelle&nbsp;<em>Le Monde</em>&nbsp;s’est intéressé, apporte un souffle nouveau à la discipline. Ses dix titres de championne du monde inspirent.</p>



<p>Il en va de même de ses deux titres olympiques.</p>



<p>« Va-t-elle concourir avec les hommes ? » interroge&nbsp;<em>Le Monde</em>, qui semble nourrir un certain appétit à voir les femmes se rapprocher du très haut niveau masculin en escalade. À cette question s’en ajoute une autre : « À quand le 9c ? »</p>



<p>Ce à quoi Janja répond : « Ce n’est qu’une question de temps. »</p>



<p>Une question de temps avant d’égaler les meilleures performances masculines.</p>



<p>Mais pourquoi notre société semble-t-elle désormais vouloir des&nbsp;<em>surfemmes</em>&nbsp;?<br>Peut-être parce que les&nbsp;<em>surhommes</em>, eux, ne suffisent plus.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-15741f07"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Quid des inégalités structurelles ?</strong></h2></div>



<p>Vu sous cet angle, on dirait presque que performer serait la manière la plus simple – et la plus efficace – de clore le débat sur les inégalités entre les femmes et les hommes. C’est ce que semblait suggérer Katherine Choong, grimpeuse suisse auteure de la première grande voie féminine&nbsp;<em>Zahir</em>, dans un récent article de&nbsp;<em><a href="https://www.vertigemedia.fr/katherine-choong-zahir-8b-ecopoint-eline-le-menestrel" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vertige Media</a></em>.</p>



<p>L’argument est pratique. Rassurant, même.</p>



<p>Mais il masque le travail collectif encore nécessaire.</p>



<p>Car oui, la performance attire l’attention des médias – l’un des leviers permettant de mettre en lumière la question de l’égalité entre les sexes. Mais elle ne change rien aux inégalités structurelles, qui ont la peau dure : celles qui concernent les salaires, le traitement médiatique, les stéréotypes persistants ou encore l’accès aux infrastructures.</p>



<p>Que Janja Garnbret concoure avec les hommes – ou qu’elle enchaîne un 9c – ne résoudra pas cette fâcheuse tendance qu’a notre société à mettre des bâtons dans les roues aux petites filles désireuses de prendre les mêmes risques que les garçons.</p>



<p>Car certes, célébrer des héroïnes a le mérite de créer de puissants modèles féminins, ce qui aide à se projeter. Mais quid de la masse des pratiquantes invisibilisées ? Celles qui passent encore en secondes dans la cordée. Non pas par choix, mais par habitude. Voire même par contrainte.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-03291080"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Tracer sa propre voie</strong></h2></div>



<p>Et si, plutôt que de regarder la situation à travers les œillères de la performance – si bien intégrées qu’on en oublie qu’elles restreignent notre champ de vision -, on sortait enfin de ce combat stérile… où la référence demeure l’homme ?</p>



<p>Pourquoi les femmes devraient-elles chercher à fonctionner comme leurs homologues masculins ?</p>



<p>Ne serait-il pas temps de cesser les comparaisons ?</p>



<p>Et de mettre fin à cette course à la performance ?</p>



<p>Une course dont les règles du jeu ont été définies par des hommes. Pour des hommes.</p>



<p>Et si, au lieu de faire de l’escalade un terrain d’affrontement social, on laissait aux femmes la liberté de tracer leur propre voie ?</p>
</div></div>
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		<title>« Muga » : la voix d’Ashima Shiraishi, enfant prodige</title>
		<link>https://encordees.fr/muga-la-voix-dashima-shiraishi-enfant-prodige/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Sep 2025 08:42:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si vous cherchez un film d’escalade où la performance est mise à l’honneur, passez votre chemin. Car dans «&#160; Muga &#160;», le dernier film d’Ashima Shiraishi, enfant prodige désormais âgée de 24 ans, nulle question de cotations. Ici, on ne parle pas d’une grimpe où les chiffres règnent en maître, mais plutôt d’un doux mélange entre spiritualité, art [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">« Muga » : la voix d’Ashima Shiraishi, enfant prodige</h1>


<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-09-28T09:42:02+01:00">28 Sep 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">5 minutes</div></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong>Si vous cherchez un film d’escalade où la performance est mise à l’honneur, passez votre chemin. Car dans «&nbsp; Muga &nbsp;», le dernier film d’Ashima Shiraishi, enfant prodige désormais âgée de 24 ans, nulle question de cotations. Ici, on ne parle pas d’une grimpe où les chiffres règnent en maître, mais plutôt d’un doux mélange entre spiritualité, art et passion qui nous rappelle à quel point pouvoir s’exprimer pour ces rochers relève du miracle… et nous remet à notre place.</strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="2560" height="1707" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-scaled.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-scaled.png 2560w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-scaled-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1536x1024.png 1536w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2048x1365.png 2048w" sizes="(max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-uagb-blockquote uagb-block-185f0ee8 uagb-blockquote__skin-border uagb-blockquote__stack-img-none"><blockquote class="uagb-blockquote"><div class="uagb-blockquote__content"><em>«  Ces rochers abritent des écosystèmes entiers, logés dans des touffes de mousse accrochées, comme nous, au caillou.<br>Nous voyons le rocher comme quelque chose d’inerte, mais il faut se rappeler que lui aussi évolue, qu’il est dynamique, fluide.<br>Lorsque nos mains rencontrent le rocher, il faut prêter attention. Écouter.<br>Car nous avons entre les mains quelque chose d’ancien et d’extrêmement vivant.  »</em></div><footer><div class="uagb-blockquote__author-wrap uagb-blockquote__author-at-left"><cite class="uagb-blockquote__author"><strong>Ashima Shiraishi, dans « Muga »</strong></cite></div></footer></blockquote></div>



<p>Les rochers dont Ashima Shiraishi nous parle dans «&nbsp;Muga &nbsp;» (à visionner en fin d’article) sont ceux de Brione, situés dans la vallée du Tessin, en Suisse. Ces blocs, dont la surface a été façonnée pendant des millénaires par les glaciers et les intempéries, sont disséminés au milieu d’une forêt de conifères. <strong>Chaque aspérité du rocher, chaque fissure et chaque arête raconte sa propre histoire, si tant est qu’on veuille bien tendre l’oreille</strong> pour l’écouter, quitte à entièrement revoir notre rapport à l’escalade… Ce que la grimpeuse nous invite à faire.</p>



<div class="wp-block-uagb-blockquote uagb-block-1d19252b uagb-blockquote__skin-border uagb-blockquote__stack-img-none"><blockquote class="uagb-blockquote"><div class="uagb-blockquote__content"><em><em>«  Pour moi, l’escalade est un rituel. Un acte créatif.<br>Le bloc, une toile vierge.<br>Le grimpeur reçoit l’opportunité de converser avec la pierre — pierre inerte, immobile, mais qui s’éveille à travers la chorégraphie de ses mouvements. […]<br>Dans l’acte physique, l’esprit trouve le silence.<br>Je tends vers l’idéal zen : l’effacement de soi, un pas vers le Muga. »</em></em></div><footer><div class="uagb-blockquote__author-wrap uagb-blockquote__author-at-left"><cite class="uagb-blockquote__author"><strong>Ashima Shiraishi, dans « Muga »</strong></cite></div></footer></blockquote></div>



<p>Dans son film, Ashima Shiraishi partage son expérience du <strong>«&nbsp;muga &nbsp;», un état transitoire, libre de tout attachement, de toute attente et de tout désir</strong>, dans lequel la grimpeuse semble avoir trouvé un espace pour grimper, mais aussi pour être. Simplement.</p>



<p>Ce concept zen japonais repose sur l’idée du «&nbsp;rien&nbsp;». Il nous invite à davantage nous ancrer dans le présent, dans la réalité de ce qui nous entoure. Ainsi, on en apprend davantage sur l’histoire géologique de Brione que sur Ashima Shiraishi, qui cède la place de personnage principal au caillou. Pourtant, <strong>il y en aurait des choses à dire sur cette narratrice, l’une des plus grandes grimpeuses de tous les temps.</strong></p>



<div class="wp-block-uagb-blockquote uagb-block-46b32838 uagb-blockquote__skin-border uagb-blockquote__stack-img-none"><blockquote class="uagb-blockquote"><div class="uagb-blockquote__content"><em><em><em>«  Mais parfois, le rocher devient un miroir.<br>La manière dont on grimpe en dit long sur la façon dont on bouge, réagit et vit dans le monde.<br>L’acte physique de saisir le rocher m’apporte une immense joie. Mais paradoxalement, l’esprit doit se détacher, ne rien attendre du résultat.<br>Être pleinement présent, c’est se libérer de toute attente, et simplement être dans l’instant singulier.<br>Quelle différence y a‑t‑il entre grimper, danser et jouer ?<br>Ces mouvements sont motivés par une curiosité profonde, car nous cherchons tous des réponses sur le rocher.  »</em></em></em></div><footer><div class="uagb-blockquote__author-wrap uagb-blockquote__author-at-left"><cite class="uagb-blockquote__author"><strong>Ashima Shiraishi, dans « Muga »</strong></cite></div></footer></blockquote></div>



<p>Ce film, certains l’ont vu comme une réponse : celle donnée par une enfant prodige ayant, pendant plusieurs années, disparu des radars, qui écrit aujourd’hui sa propre partition. Car quand on parle d’Ashima Shiraishi, difficile de ne pas convoquer les sacro‑saintes cotations.</p>



<p><strong>Ashima, c’est l’enfant prodige.</strong></p>



<p>Après avoir découvert l’escalade à Central Park, elle s’est vite amusée à inscrire son nom dans l’histoire de la discipline, devenant,<strong> à 10 ans, la plus jeune grimpeuse à réussir un bloc coté 8B</strong> («&nbsp;Crown of Aragorn &nbsp;», à Hueco Tanks, au Texas). Trois ans plus tard, elle a signé <strong>la première ascension féminine d’un 8C</strong> («&nbsp;Horizon &nbsp;», au Mont Hiei, au Japon). Parallèlement à d’exceptionnelles performances, la jeune grimpeuse dominait les compétitions internationales chez les jeunes, raflant les titres mondiaux en bloc et en difficulté en 2015 et 2016, avant de s’imposer aux championnats nationaux américains.</p>



<p>À 16 ans, Ashima figurait déjà sur les radars des plus grandes marques. Arc’teryx, Evolv, Petzl, puis Coca‑Cola Japon ou encore Nikon se bousculaient pour associer leur image à la sienne. Elle n’a pourtant jamais fait figure de femme‑sandwich : exit les posts à gogo et le storytelling bien ficelé sur les réseaux sociaux. Pas son truc.</p>



<p>À la place, elle a publié, en 2020, un album jeunesse,  «&nbsp;How to Solve a Problem &nbsp;». Elle aurait pu y raconter ses exploits. Mais non : la jeune grimpeuse, alors âgée de 19 ans, préfère raconter comment l’escalade l’a aidée à faire face aux obstacles de la vie. <strong>Une ode profondément humaine à la vulnérabilité, à l’échec et à la persévérance.</strong></p>



<p>Vous l’aurez compris : Ashima Shiraishi fait partie de ces grimpeuses qui ont choisi de faire un pas de côté. Au lieu de s’enfermer dans le circuit professionnel, en visant les Jeux olympiques, elle a choisi de poursuivre des études mêlant neurosciences et environnement.</p>



<p>On le voit dans le film : l’enfant prodige continue de grimper, à sa manière, non pas pour conquérir les blocs les plus difficiles au monde, mais pour les honorer.</p>



<div class="wp-block-uagb-blockquote uagb-block-d74edfa6 uagb-blockquote__skin-border uagb-blockquote__stack-img-none"><blockquote class="uagb-blockquote"><div class="uagb-blockquote__content"><em><em><em><em>«  J’ai grandi en méditant avant même de commencer l’escalade, et j’ai toujours intégré la méditation comme partie intégrante de ma pratique.<br>Et, d’une certaine manière, je pense que l’escalade peut être une forme de méditation.<br>Mais aussi, en méditant avant de grimper, je constate que ma conscience corporelle s’éveille davantage. La lenteur et la patience que l’on cultive par la méditation peuvent vraiment aider à remarquer des choses différentes, tant dans son propre corps que sur le rocher.  »</em></em></em></em></div><footer><div class="uagb-blockquote__author-wrap uagb-blockquote__author-at-left"><cite class="uagb-blockquote__author"><strong>Ashima Shiraishi, dans « Muga »</strong></cite></div></footer></blockquote></div>



<p>Avec son dernier projet, &nbsp;»Muga &nbsp;», Ashima Shiraishi apporte <strong>un vent de fraîcheur sur ce que grimper veut dire</strong>, loin de toute idée de performance. Ainsi, dans ce film, le spectateur n’est pas qu’un simple consommateur  : il vit, à travers le jeu de sons et d’images, une véritable expérience similaire à ce que la grimpeuse éprouve sur le rocher. «&nbsp; Je voulais créer quelque chose de plus méditatif, plutôt qu’une œuvre qui apporte un rapide pic de dopamine &nbsp;», <a href="https://www.youtube.com/watch?v=PGetmoTyNfc" target="_blank" rel="noreferrer noopener">conclut</a> Ashima.</p>



<p>Objectif atteint.</p>



<p>Mieux : il donne envie à la plupart d’entre nous de reconsidérer notre rapport à l’escalade.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="Arc&#039;teryx Presents: MUGA" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/XmchZGKZ93U?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>
</div></div>



<p></p>
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		<title>À la découverte du « pouvoir du vélo », avec Lara Amoros</title>
		<link>https://encordees.fr/a-la-decouverte-du-pouvoir-du-velo-avec-lara-amoros/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Jul 2025 18:22:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[escalade]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Un jour de mai 2022, nous sommes partis sans grandes ambitions vers l’Est, et nous avons gardé ce cap un certain temps », raconte Lara Amoros, guide de haute montagne de 37 ans, qui a vécu cette aventure incroyable aux côtés de Bruno Sourzac, formateur à l’ENSA (École nationale de ski et d’alpinisme). « [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">À la découverte du « pouvoir du vélo », avec Lara Amoros</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-07-30T19:22:56+01:00">30 Juil 2025</time></div></div>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">17 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>« Un jour de mai 2022, nous sommes partis sans grandes ambitions vers l’Est, et nous avons gardé ce cap un certain temps », raconte Lara Amoros, guide de haute montagne de 37 ans, qui a vécu cette aventure incroyable aux côtés de Bruno Sourzac, formateur à l’ENSA (École nationale de ski et d’alpinisme). « Une histoire de deux fous qui ont passé plus de deux ans à tournicoter autour de la Terre ! » résume-t-elle avec le sourire. Ces « deux fous » ont emporté avec eux leur matos de grimpe, prêts à gravir certaines des plus belles falaises du monde, de la Turquie à l’Amazonie en passant par le Japon et l’Australie. Leur périple de trois ans est raconté dans un film de 55 minutes, réalisé en « zéro budget production », comme aime le dire Lara (à découvrir en fin d’article). Elle a raconté à <em>encordées</em> leur voyage par téléphone. Ses mots nous ont transporté à travers le globe, on espère qu’il en sera de même pour vous.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1536" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GOPR0605_1659969041334-01-2048x1536-1.jpeg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GOPR0605_1659969041334-01-2048x1536-1.jpeg 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GOPR0605_1659969041334-01-2048x1536-1-600x450.jpeg 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GOPR0605_1659969041334-01-2048x1536-1-300x225.jpeg 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GOPR0605_1659969041334-01-2048x1536-1-1024x768.jpeg 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GOPR0605_1659969041334-01-2048x1536-1-768x576.jpeg 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GOPR0605_1659969041334-01-2048x1536-1-1536x1152.jpeg 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



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<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Je suis guide de haute montagne – et aussi institutrice, en disponibilité depuis quelques années déjà. Étant originaire du bord de mer, donc du Sud, devenir guide n’était pas du tout un rêve d’enfant ; en revanche, devenir alpiniste, oui.</em></p>



<p><em>Je grimpe donc depuis longtemps, depuis mes 8 ans. Et le vélo a toujours été présent dans ma vie. Ma mère ne conduisait pas : elle a toujours tout fait à vélo, notamment à une époque où ce n’était pas très courant d’avoir un enfant sur le porte-bagage pour aller en ville. Mais je n’ai pas vraiment fait de voyage à vélo avec mes parents. En revanche, je suis partie pour mon premier trip grimpe à vélo.</em></p>



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</div>



<p><em>J’ai toujours pratiqué ce qu’on appelle le «&nbsp;vélo-grimpe&nbsp;». Disons que le vélo, c’était mon moyen de déplacement, mais l’objectif, c’était quand même d’aller grimper. Pour ce trip, on avait fait, avec des copains qui avaient comme moi une vingtaine d’années, la traversée des Pyrénées. C’était pratique : on pouvait partir de chez nous à vélo, ça ne coûtait pas cher, et on était autonomes. On a fait une dizaine de sommets – enfin, de grandes voies un peu montagne, comme on en trouve au Vignemale par exemple [3 298 mètres, le point culminant des Pyrénées françaises, ndlr].</em></p>



<p><em>L’année suivante, on a essayé de combiner vélo et alpinisme en Suisse. C’était très chouette, mais on s’est dit que c’était moins compatible. Déjà parce que le climat n’était pas le même que dans les Pyrénées. Et aussi parce qu’on était toujours un peu décalés par rapport aux bonnes conditions en montagne.</em></p>



<p><em>Pour l’alpinisme, il faut être beaucoup plus réactif. Et cet été-là, il avait beaucoup neigé – on était bien plus chargés, et pas toujours dans les bons créneaux. Si bien que même en roulant sous la pluie, quand on arrivait au pied des montagnes, il y avait encore de la neige.</em></p>



<p><em>Plus récemment, on est repartis sur un trip vélo-grimpe en Espagne. À cette époque-là, mon copain, Bruno, n’avait jamais vraiment voyagé à vélo. Ça lui a plu. Et je pense que c’est ce qui l’a motivé pour le tour du monde.</em></p>



<p><em>Tandis que moi, je m’étais toujours dit qu’un jour, je partirais longtemps à vélo. J’avais un peu l’exemple d’un couple qui, dans les années 80-90, avait voyagé pendant 14 ans : les Hervé, je crois [Françoise et Claude Hervé, auteurs du livre “</em><a href="https://www.babelio.com/livres/Herve-Le-tour-du-monde-a-velo/126773" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Le tour du monde à vélo</em></a><em>”, ndlr]. Ils avaient eu une petite en cours de route. À l’époque, on ne communiquait pas trop là-dessus. Et puis je pense que des gens comme eux, ils n’avaient pas grand-chose non plus.</em></p>



<p><em>La petite [Manon, ndlr] était rentrée à 6 ans, je crois, et elle devait avoir à peu près mon âge quand j’ai découvert leur histoire. Ça m’avait pas mal marquée. Alors je me suis dit : « Plus tard, je ferai comme eux. »</em></p>



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<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-435e0029 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GX010933_1664113660459-01-1024x644-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GX010933_1664113660459-01-1024x644-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GX010933_1664113660459-01-1024x644-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/GX010933_1664113660459-01-1024x644-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2965" width="1024" height="644" title="Lavc59.18.100" loading="lazy" role="img"/></figure></div>
</div>



<p><em>Au moment de partir, j’étais déjà en disponibilité et je ne faisais plus que guide. Donc, on va dire que j’étais déjà assez libre. J’ai quand même prévenu mes clients : « Je pars un an. » Et puis, à chaque fois, j’ai un peu rallongé.</em></p>



<p><em>Quand tu pars, tu te dis qu’un an, c’est super long. Et c’est assez marrant, parce qu’au début, pendant les premières semaines, j’avais l’impression qu’on roulait depuis des mois. Le temps s’étirait vraiment. Comme tu es tout le temps dehors, à bivouaquer, je ne trouvais pas le temps long, mais je me disais : « Wahou, en fait, c’est génial, on profite beaucoup plus. » Les journées semblaient plus longues. Et puis, comme dans la vie, au bout d’un moment, ça finit par s’accélérer.</em></p>



<p><em>On a décidé de rallonger quand on est arrivés au bout de l’Asie, après un an de voyage. On n’était pas loin de destinations qu’on ne reverra peut-être jamais : le Japon, l’Australie… Des endroits où il faut traverser la planète en avion pour y aller. Alors on s’est dit : « Allez, on continue. » On a fait un an de plus. Et puis encore un petit rallongement ensuite, parce qu’on avait un plan pour rentrer en voilier, qui a finalement capoté un peu au dernier moment.</em></p>



<p><em>Le fait de rallonger comme ça, au fur et à mesure, nous donnait quand même l’impression d’être en sursis. Disons que c’était un peu du bonus à chaque fois. Donc on se disait toujours : « Il faut en profiter, il ne nous reste plus que six mois. » Je pense qu’on l’aurait vécu différemment si, dès le départ, on s’était dit : « On a trois ans devant nous. » On aurait peut-être fait plus de pauses. Même si, à la base, on n’est pas trop du genre à vouloir se poser longtemps au même endroit, je pense qu’on aurait été un peu moins dans cette urgence de vouloir profiter à fond.</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-86ed3865 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/dji_fly_20231219_085714_227_1702990647453_photo_optimized2-1-01-1024x764-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/dji_fly_20231219_085714_227_1702990647453_photo_optimized2-1-01-1024x764-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/dji_fly_20231219_085714_227_1702990647453_photo_optimized2-1-01-1024x764-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/dji_fly_20231219_085714_227_1702990647453_photo_optimized2-1-01-1024x764-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2966" width="1024" height="764" title="dji_fly_20231219_085714_227_1702990647453_photo_optimized2-1-01-1024x764" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p><em>Avec Bruno, on est un peu nuls pour faire des plans. Les vélos, on les a achetés d’occasion juste avant le départ. Le voyage, on a décidé ça trois mois avant de partir – le temps de faire la demande de dispo, parce que le délai, c’est trois mois. Il n’y a pas eu de grande préparation ni de plan vraiment préétabli, mais on savait au moins qu’on voulait partir vers l’Est. C’est la direction logique quand tu veux aller le plus loin possible par voie terrestre.</em></p>



<p><em>Il n’y avait aucune revendication écologique dans notre projet. Après, évidemment, moins on prenait l’avion, mieux c’était. L’idée, au départ, c’était de commencer à grimper en Turquie. Et on avait quand même envie de pédaler dans le Pamir, donc au Tadjikistan. C’était un peu ça, la motivation. Pas plus que ça. On s’est dit qu’on verrait en chemin.</em></p>



<p><em>Après, la seule vraie contrainte, ce sont les visas. Il y a plein de pays – toute l’Asie centrale, par exemple – où tu as droit à un mois, pas plus. Donc un mois à vélo dans des pays comme le Kazakhstan, tu es quand même obligé de t’organiser un minimum : pour la semaine suivante, pour sortir à temps, ou alors pour sortir et re-rentrer si tu as besoin d’un peu plus de temps.</em></p>



<p><em>Une fois qu’on avait passé l’Asie et l’Océanie, la suite logique, c’était l’Amérique du Sud, et surtout l’Argentine. J’y avais déjà passé un peu de temps, et Bruno avait pas mal de copains là-bas. C’était un peu comme un retour à la maison. C’était assez marrant.</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-5a704258 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Capture-decran-2025-07-26-a-12.23.27-1024x691-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Capture-decran-2025-07-26-a-12.23.27-1024x691-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Capture-decran-2025-07-26-a-12.23.27-1024x691-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Capture-decran-2025-07-26-a-12.23.27-1024x691-1.png" alt="" class="uag-image-2967" width="1024" height="691" title="Capture-decran-2025-07-26-a-12.23.27-1024x691" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p><em>Ce qui m’a le plus manqué pendant le voyage, c’était le camion. Parce qu’en camion, tu peux vraiment te poser, rester quelque part sans bouger, et te reposer pour de vrai. Alors que là, en campant à l’arrache, ce n’était pas pareil. Tu ne peux pas passer la journée au milieu d’un jardin public juste parce que tu as décidé de lever le pied ce jour-là. Je me disais que c’était cool d’avoir un véhicule. Mais finalement, j’ai réalisé qu’une fois la frontière passée, c’est beaucoup plus contraignant. Alors qu’avec le vélo, si à un moment tu en as marre, si tu n’en peux plus de te faire frôler par les voitures, tu le mets sur le toit d’une bagnole ou dans un bus.</em></p>



<p><em>Et puis, tu es quand même beaucoup plus libre qu’à pied. Nous, on est guides tous les deux, donc notre quotidien, c’est de marcher avec un sac à dos. Le fait de ne pas porter de charge sur le dos, c’est quand même un vrai luxe. On fait attention à ce qu’on emporte sur les vélos, on essaie d’être au plus léger, mais franchement, on n’est pas à deux kilos près – alors qu’à pied, chaque gramme compte.</em></p>



<p><em>Et marcher chargé, c’est franchement relou. En plus, à pied, quand tu traverses une région, tu mets dix jours à voir le paysage changer. À vélo, en deux jours, tu as déjà changé d’ambiance. Là où on le ressentait encore plus, c’était quand on arrivait dans une grande ville : on était super libres dans nos déplacements. Pas besoin de marcher pendant des heures ou de chercher un taxi. Pour moi, le vélo, c’est vraiment ça : la liberté.</em></p>



<p><em>En plus, tu ne pollues pas, donc tant mieux. Ça ne coûte pas cher. Et la seule essence que tu achètes, c’est pour le réchaud. C’est quand même chouette.</em></p>



<p><em>Par contre… tu manges beaucoup. Beaucoup plus qu’à pied. C’est assez fou. Je n’ai jamais fait d’hypoglycémie en marchant, mais à vélo, on a vraiment pris des bons coups de bambou. Au début, je me disais qu’on allait s’habituer. Mais en fait, non : si tu ne manges pas toutes les deux ou trois heures, ça ne passe pas. C’est marrant. C’est un effort qui demande beaucoup.</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-bb496638 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC01311-01-1024x685-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC01311-01-1024x685-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC01311-01-1024x685-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC01311-01-1024x685-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2968" width="1024" height="685" title="DSC01311-01-1024x685" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p><em>Là où on avait vraiment le plus à apprendre, c’était sur le matos vélo. Sur mes trips précédents, je partais avec mon vélo habituel, sans trop me poser de questions. Là, on s’est dit qu’il fallait partir avec des trucs pas forcément légers, mais surtout solides. On a trouvé deux vélos d’occasion auprès d’un couple – c’était parfait : ils faisaient la même taille que nous, chacun le sien. Des vélos en acier, assez lourds (17 kilos sans les bagages), mais qu’on peut ressouder. Partout dans le monde, tu trouves quelqu’un pour souder de l’acier. L’alu, c’est une autre histoire.</em></p>



<p><em>Pour le reste du matos, c’était plus simple : notre quotidien, c’est déjà le matériel de grimpe. On a pris ce qu’on utilise d’habitude, en essayant d’alléger un peu. En montagne, en tant que guides, on a déjà les dégaines les plus light, les friends les plus compacts, ce genre de trucs. Pour la tente, on a vite compris que la référence chez les cyclistes, c’est la MSR — celle que tout le monde a. On est partis avec une tente neuve, et on a bien fait : elle a bien morflé.</em></p>



<p><em>Globalement, préparer le matos a été assez facile, parce que c’est ce qu’on fait tout le temps. Mais malgré tous nos efforts pour partir léger, on s’est vite rendu compte qu’on avait quand même des trucs en trop. On s’est allégés un peu quand on a croisé des gens qui rentraient en France. Mais on n’a jamais envoyé de colis. C’est assez drôle : tu pars déjà avec très peu, et pourtant, il y a encore un petit peu de superflu.</em></p>



<p><em>Pas beaucoup. Mais un petit peu.</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-2dd16f38 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC02673-01-1024x728-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC02673-01-1024x728-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC02673-01-1024x728-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC02673-01-1024x728-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2969" width="1024" height="728" title="DSC02673-01-1024x728" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p><em>Globalement, la grimpe et le vélo, ce sont deux activités qui ne fatiguent pas du tout de la même manière. Et c’est justement ça qui les rend assez compatibles, je pense.</em></p>



<p><em>Une journée de grimpe, ça ne nous épuise pas vraiment. Ce n’est pas comme une grosse journée en montagne, où tu marches beaucoup et où tu portes du poids. Et les journées de vélo, tu les doses vraiment comme tu veux. Quand tu es cuit, de toute façon, tu n’avances plus. Tu t’arrêtes. Et c’est assez fou : en une nuit, tu récupères.</em></p>



<p><em>Ce qui était un peu plus contraignant, en revanche, c’était d’arrêter complètement l’une ou l’autre des deux activités. Le vélo, même après un mois d’arrêt, on reprenait super vite. Tandis que l’escalade, c’est plus ingrat. Il y a eu des pauses grimpe quand il fallait simplement rejoindre le prochain spot, ou parfois parce qu’on avait décidé de faire une séquence purement vélo – comme sur certaines routes emblématiques, la Pamir Highway par exemple. Et au final, tu te rends compte que tu ne seras jamais vraiment dans une forme optimale en escalade.</em></p>



<p><em>En plus de ça, il y a le changement constant de style de grimpe. Le temps de comprendre comment ça marche à un endroit, tu es déjà ailleurs.</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-78943d4a wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/PXL_20231111_235909561-01-771x1024-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/PXL_20231111_235909561-01-771x1024-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/PXL_20231111_235909561-01-771x1024-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/PXL_20231111_235909561-01-771x1024-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2970" width="771" height="1024" title="PXL_20231111_235909561-01-771x1024" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p><em>Je quittais chaque pays en me disant : « Il faut absolument qu’on y revienne ». Pour des raisons très différentes à chaque fois. La Turquie, par exemple, j’aimerais y retourner en camion. Ce n’est pas si loin, et là-bas, les gens étaient vraiment incroyables.</em></p>



<p><em>Alors bien sûr, les gens sont globalement accueillants un peu partout dans le monde – et pas seulement dans les pays pauvres ou riches, comme on l’entend parfois. On a souvent tendance à faire des généralités sur “l’hospitalité des pays pauvres”, mais en réalité, on a rencontré des gens géniaux partout. Cela dit, en Turquie, c’était presque systématique. Il y avait des journées où on nous proposait de boire le thé tous les 100 mètres.</em></p>



<p><em>L’Asie centrale aussi m’a marquée, avec ses paysages désertiques d’altitude. C’est vraiment le type d’environnement montagnard que j’adore. Bien plus, par exemple, que la Nouvelle-Zélande – même si tout le monde dit que c’est magnifique, sauvage. Pour nous, les glaciers et les forêts, c’est du familier, c’est ce qu’on voit tout le temps. Mais ces grands plateaux entre 4 000 et 5 000 mètres, sans arbres, sans eau… ça, ce sont des paysages qui nous fascinent.</em></p>



<p><em>On a aussi adoré grimper en Australie et en Tasmanie, sur ces espèces de tours au-dessus de la mer. C’était hyper exotique pour nous. Ce n’était pas très haut, mais il fallait gérer plein de paramètres : la hauteur des vagues, la marée, etc.</em></p>



<p><em>Et puis le Japon… culturellement, on a vraiment adoré.</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-ea0248a1 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1510-01-1024x746-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1510-01-1024x746-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1510-01-1024x746-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1510-01-1024x746-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2971" width="1024" height="746" title="IMG_1510-01-1024x746" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p><em>Ce voyage nous a changés, c’est certain. Parfois, tu es toi-même étonnée de ce que tu peux endurer, ou des façons dont tu réagis. Tu te surprends.</em></p>



<p><em>Déjà, tu ne pars pas faire ce genre de voyage avec n’importe qui. C’est ce qu’on se disait avec Bruno, dans les moments où c’était difficile à supporter : finalement, avec qui d’autre on aurait pu faire ça ? Personne. Même pas ton meilleur pote.</em></p>



<p><em>On était en mode zéro budget. On dormait tout le temps à l’arrache. Il y a eu de longues périodes où on était crados. Et franchement, on est souvent un peu nuls niveau organisation. On achetait à manger une heure avant de se poser au bivouac. Et s’il n’y avait rien… eh bien on ne mangeait pas. Mais on fonctionne un peu pareil là-dessus.</em></p>



<p><em>Cela dit, on s’est quand même dit qu’on avait peut-être poussé un peu trop loin dans l’inconfort. Parce que quand tu enchaînes les grosses journées, si tu n’as pas une petite récompense à la fin, c’est dur. Parfois, il ne faut pas grand-chose. Juste une douche.</em></p>



<p><em>Et dans les pays riches, tu te rends vite compte de tout ce qui te fait envie. Dans les supermarchés, il y a plein de trucs que tu n’as pas vus depuis des mois, surtout après des pays où les rayons sont presque vides. Là, tu as tout… mais c’est super cher. On a mis du temps à comprendre que, ne pas s’offrir de petits moments de réconfort, ça nous épuisait.</em></p>



<p><em>Quand on commençait à mal se parler, on réalisait que notre seul vrai réconfort, c’était d’avoir un moment tranquille à deux, le soir. Ça nous a pris du temps, mais une fois qu’on a compris ça, on a mieux géré. Il y a eu des moments où on faisait plus “équipe” que “couple”. Et parfois, c’est juste comme ça. Parce que des fois, il faut juste avancer.</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-3604d6ca wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC02213-01-1024x683-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC02213-01-1024x683-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC02213-01-1024x683-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC02213-01-1024x683-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2972" width="1024" height="683" title="DSC02213-01-1024x683" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p><em>La vraie conclusion de ce projet, c’est la confiance en l’humanité.</em></p>



<p><em>On n’a croisé personne de mal intentionné. On ne s’est jamais fait emmerder. Jamais virés d’un terrain où on campait à l’arrache, même en pleine ville, même sur un terrain de rugby. Jamais.</em></p>



<p><em>Le vélo, ça attire la curiosité. On appelait ça le pouvoir du vélo à la fin. Les gens veulent t’aider, alors qu’en vrai, tu n’as pas besoin d’aide. Tout va bien. T’es juste assis devant un supermarché, et quelqu’un sort pour t’offrir une boisson fraîche. Alors que t’avais même pas remarqué qu’on t’avait remarqué.</em></p>



<p><em>Presque chaque jour, il y avait une situation improbable, juste parce que les gens sont surpris, curieux, touchés, pour des raisons très différentes. Certains sont admiratifs : tu fais un effort physique pour être là. D’autres pensent que tu es pauvre et ont pitié. Et puis certains te prennent pour un aventurier, un mec qui a fait quatre fois le tour du monde.</em></p>



<p><em>Mais dans tous les cas, les gens sont ultra sympas. Et ça, c’est vraiment chouette.</em><em>Parce que parfois, on a l’impression qu’on vit tous dans nos petites bulles, méfiants, refermés. Et là, tu découvres que non. Il y a partout des gens ouverts, généreux, curieux, attentifs.</em></p>



<p><em>C’est une bonne leçon de voyage. Une qu’on a envie de garder en tête, même une fois revenus à une vie plus sédentaire.&nbsp;</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-acdb920e wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC07489-01-02-1024x684-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC07489-01-02-1024x684-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC07489-01-02-1024x684-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC07489-01-02-1024x684-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2973" width="1024" height="684" title="DSC07489-01-02-1024x684" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-510d7c41"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Escal’À 2 roues, le “road-movie réalisé avec les moyens du bord”</strong></h2></div>



<p><em>On a aussi fait un film pendant le voyage. Là encore, zéro budget de production.</em> <em>Quand on est arrivés au Japon, on avait déjà filmé pas mal de choses, plutôt pour nous, pour des souvenirs persos. Et on a été invités à Tokyo par une association de guides que Bruno avait formée plusieurs années de suite – soit ils venaient à Chamonix, soit lui allait au Japon. Ils nous ont organisé une petite fête de bienvenue. Super sympa, mais comme les Japonais parlent assez peu anglais – à l’époque, Bruno bossait avec une interprète – on s’est dit : « La soirée va être un peu longue si on ne peut pas échanger… »</em></p>



<p><em>Alors dans l’après-midi, j’ai monté un petit film de 15 minutes avec des images de la première année. Juste pour partager un peu. Et finalement, ce petit film s’est rallongé au fil des mois. Il a fini par durer une heure.</em></p>



<p><em>On l’a présenté un peu partout, au cours du voyage : dans des salles d’escalade, des clubs alpins, dans différents pays. Et comme on se retrouvait souvent face à des publics qui ne parlaient pas notre langue, on a gardé le film muet, juste avec de la musique. L’idée, c’était de discuter après, de laisser place à l’échange.</em></p>



<p><em>Et c’est drôle, parce qu’en ne disant pas trop dans le film, on a parfois suscité plus de réactions que si on avait tout raconté. J’ai beaucoup dessiné pendant le voyage, et certaines pages de mon carnet faisaient les transitions entre les vidéos. Ça a vraiment créé du lien. À la fin d’une projection, les gens venaient nous parler, nous donner des contacts, des potes grimpeurs à l’autre bout du pays. C’est comme ça qu’on a rencontré plein de gens.</em></p>



<p><em><strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=gSznSBsSG0w">Voir le film de Lara et Bruno ici</a></strong></em></p>
</div></div>
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		<title>Un mois sans Strava : je suis allée dehors pour moi, pas pour les stats</title>
		<link>https://encordees.fr/un-mois-sans-strava-je-suis-allee-dehors-pour-moi-pas-pour-les-stats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 18:34:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[strava]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Beaucoup de&#160;voix se sont élevées contre Strava ces derniers temps. Une vague de critiques, parfois teintée de haine, envers cette application qui transforme chaque foulée en performance publique. J’ai voulu comprendre ce que ça changeait de s’en passer. Alors j’ai tenté un mois sans Strava. J’aime bien dire que j’ai fait ma petite crise d’ado [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Un mois sans Strava : je suis allée dehors pour moi, pas pour les stats</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name"><a href="https://encordees.fr/author/coraliehavasyahoo-fr/" target="_self" class="wp-block-post-author-name__link">Coralie Havas</a></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-04-30T19:34:03+01:00">30 Avr 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">5 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Beaucoup de&nbsp;voix se sont élevées contre Strava ces derniers temps. Une vague de critiques, parfois teintée de haine, envers cette application qui transforme chaque foulée en performance publique. J’ai voulu comprendre ce que ça changeait de s’en passer. Alors j’ai tenté un mois sans Strava. J’aime bien dire que j’ai fait ma petite crise d’ado numérique. Spoiler : j’y suis retournée. Mais différemment. Je vous explique pourquoi.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1707" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2-scaled.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2-scaled.png 2560w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2-scaled-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2-1536x1024.png 1536w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2-2048x1365.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Avez-vous entendu parler des « Strava jockeys » ? Ce sont souvent des jeunes, précaires, et ils ont un point commun : vouloir tirer profit de leur passion pour la course à pied. Un travail ingrat, puisque l’idée est de totalement s’effacer au profit de leurs clients. Des utilisateurs de l’application Strava, qui, faute de temps ou de motivation, les rémunèrent en fonction du nombre de kilomètres effectués… et de leur allure. Une histoire de tricherie qui en dit long sur la relation que certaines et certains entretiennent avec l’application, créée par deux anciens étudiants d’Harvard, il y a maintenant plus de quinze ans.</p>



<p>En lisant cette actualité, j’avais fait le choix d’arrêter d’utiliser Strava, le temps d’un mois. Je crois que c’était mon propre Dry January (inspiré par Lisa Louviot, une accompagnatrice en moyenne montagne, qui avait décidé de se passer de sa montre connectée tout le mois de janvier). Un dépouillement en quête d’un « pourquoi »&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-a00995f4"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Je suis une amoureuse des montagnes. J’aime garder une trace de mes sorties, de ces tranches de vie sur les falaises, sur les sentiers, que j’arpente seule ou à plusieurs.</strong></h2></div>



<p>C’est&nbsp;moins&nbsp;poétique,&nbsp;mais&nbsp;j’aime&nbsp;aussi&nbsp;noter&nbsp;mes&nbsp;séances&nbsp;de&nbsp;préparation&nbsp;physique, celles&nbsp;qui&nbsp;m’éloignent des&nbsp;blessures&nbsp;(pas&nbsp;toujours).&nbsp;Ou&nbsp;encore ces minis-victoires&nbsp;sur le pan d’escalade&nbsp;de la&nbsp;salle de bloc la plus&nbsp;proche de chez moi.</p>



<p>J’aime me replonger dans les&nbsp;souvenirs.&nbsp;Pas&nbsp;longtemps,&nbsp;mais suffisamment&nbsp;pour me&nbsp;donner&nbsp;un&nbsp;peu&nbsp;d’élan. De&nbsp;confiance&nbsp;aussi. « On&nbsp;a&nbsp;accompli&nbsp;dejolies choses&nbsp;ces&nbsp;derniers&nbsp;temps.&nbsp;Allez, savoure un peu », voilà ce que&nbsp;je me dis,&nbsp;quand&nbsp;je lève un&nbsp;peu&nbsp;la&nbsp;tête.</p>



<p><strong>La&nbsp;tête, je l’avais un&nbsp;peu&nbsp;trop&nbsp;eue&nbsp;dans&nbsp;le&nbsp;guidon ces&nbsp;derniers&nbsp;temps.&nbsp;Parfois,&nbsp;c’est ce qu’il faut pour aller vers ses rêves.</strong>&nbsp;Du&nbsp;moins, je&nbsp;crois. Alors,&nbsp;j’ai décidé de retirer&nbsp;mes&nbsp;œillères.&nbsp;De&nbsp;lâcher le&nbsp;smartphone pour&nbsp;le carnet&nbsp;d’entraînement. Et&nbsp;de&nbsp;vivre&nbsp;une nouvelle aventure : ne rien publier sur Strava. J’ai décidé de pousser l’expérience en y ajoutant l’absence d’objectifs, de plan d’entraînement, et de toute « obligation » d’aller m’entraîner. Un dépouillement, un retour à l’essentiel. Avec l’envie de savoir si j’avais vraiment envie de passer autant d’heures à courir, grimper, faire du vélo… Ou bien si je ne répondais qu’à l’injonction sociale d’être « active pour rester fit ».</p>



<p>Pire, si je ne courais que pour alimenter mes statistiques sur Strava.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-982947d1"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Être « la meilleure version de moi-même »</strong></h2></div>



<p><strong>« Si ce n’est pas sur Strava, ça n’existe pas. » Voilà l’idée valorisée par l’application.&nbsp;</strong>Ces dernières années, j’ai joué le jeu. Parce que les chiffres me rassurent, je crois.</p>



<p>Chacun de mes déplacements était traqué.<br>Ceux pour aller à l’école de journalisme : deux kilomètres à pied, chaque matin.<br>Ceux pour aller à la salle d’escalade : quatre kilomètres à vélo.<br>Et j’en passe.&nbsp;</p>



<p>Ajoutez à cela ma bonne dizaine d’heures d’entraînement par semaine. Ça en fait des activités. Toutes n’ont pas été conservées au nom de l’assez noble idée de « garder des souvenirs », je le concède. Mais j’aimais bien voir que j’avais couru plus de kilomètres que la semaine passée.</p>



<p>La pression sur Strava, avec ma quinzaine de followers, je me la mettais toute seule. Suivant cette fameuse injonction à être « la meilleure version de moi-même ». Pour moi, ça voulait dire : toujours plus.</p>



<p>Toujours plus d’heures d’entraînement.<br>Toujours plus de kilomètres.<br>Toujours plus de dénivelé positif.</p>



<p>Et dans tout ça, je ressentais le besoin de justifier certains de mes manques de forme passagers. Parce que, même si j’essaie d’être parfaite, je n’en demeure pas moins humaine.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-46a2c295"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Strava, le reflet de notre frénésie vers le « toujours plus », le « toujours mieux »</strong></h2></div>



<p>J’ai donc tout stoppé pendant un mois. Sauf que j’ai continué d’aller dehors. Parce que j’en avais envie. Parce que je sentais qu’il me restait encore beaucoup de choses à écrire sur ma partition. Des souvenirs, principalement. J’ai décidé d’une chose : « Je ne m’entraîne pas, je vais dehors, c’est différent. »</p>



<p>Strava ne le sait pas, mais j’y suis quand même allée à cinq heures du matin. Parce&nbsp;que&nbsp;j’aime&nbsp;ça, être seule&nbsp;dans les&nbsp;montagnes,&nbsp;« à l’heure où blanchit la campagne ».</p>



<p>Conclusion ? J’aime passer des heures dehors. Beaucoup d’heures. Mon équilibre est là. Et comme un funambule, je suis sur un fil, très souvent prête à basculer vers le « trop » (notion qui est propre à chacun).</p>



<p>Un mois après cette expérience, je suis, doucement mais sûrement, retournée sur Strava. Parce que les souvenirs prennent, chez moi, plus de sens lorsqu’ils sont partagés. Mais aussi parce que j’ai compris que cette application n’était finalement que le reflet de notre frénésie vers le&nbsp; « toujours plus », le « toujours mieux ». Frénésie que j’ai décidé de freiner, mais pas trop quand même. Parce que je suis trop curieuse de savoir où mène ce sentier, ce qu’il se cache derrière cette montagne, et de découvrir la vue qu’offre cette nouvelle voie.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-d069849d"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Me concentrer sur le positif</strong></h2></div>



<p>Ce matin, en revenant de ma sortie du jour, j’ai râlé. La montre affichait 293 mètres de dénivelé positif. J’aurais bien voulu faire les 300. Alors, j’ai repassé mentalement la séance en boucle, cherchant les micro-erreurs qui m’avaient fait manquer ces fameux sept mètres. Je les ai trouvées.</p>



<p>Et puis, j’ai décidé d’arrêter de râler.&nbsp;<br>De me concentrer sur le positif&nbsp;de&nbsp;cette&nbsp;sortie,&nbsp;sur&nbsp;le plaisir que&nbsp;j’en avais&nbsp;retiré.&nbsp;La&nbsp;fraîcheur&nbsp;du&nbsp;matin, les&nbsp;lueurs&nbsp;sur&nbsp;les&nbsp;sommets encore enneigés, le soleil qui s’extrayait timidement de derrière les montagnes.&nbsp;</p>



<p>Parce qu’après tout, c’est bien après ça que je cours.</p>
</div></div>
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