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	<title>Société &#8226; encordées</title>
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	<description>Là où mes montagnes nous mènent</description>
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	<title>Société &#8226; encordées</title>
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		<title>No pain no gain… vraiment ?</title>
		<link>https://encordees.fr/no-pain-no-gain-vraiment/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Mar 2026 15:40:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[douleur]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>No pain, no gain (« sans douleur, pas de progrès ») : telle serait la dure réalité du sport. Derrière cette formule devenue presque universelle se cache une croyance profondément ancrée dans la culture sportive contemporaine : pour réussir, il faut souffrir. De la glorification de la douleur à son exploitation marketing, la souffrance sportive est devenue à la fois preuve d’engagement, matière à récit héroïque et argument de vente. Mais cette valorisation permanente de l’effort extrême interroge : entre transformation personnelle et mise à l’épreuve du corps, le sport peut-il encore s’affranchir de cette culture de la douleur ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">No pain no gain… vraiment ?</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-03-11T16:40:37+01:00">11 Mar 2026</time></div></div>
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<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">7 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong>No pain, no gain (« sans douleur, pas de progrès ») : telle serait la dure réalité du sport. Derrière cette formule devenue presque universelle se cache une croyance profondément ancrée dans la culture sportive contemporaine : pour réussir, il faut souffrir. De la glorification de la douleur à son exploitation marketing, la souffrance sportive est devenue à la fois preuve d’engagement, matière à récit héroïque et argument de vente. Mais cette valorisation permanente de l’effort extrême interroge : entre transformation personnelle et mise à l’épreuve du corps, le sport peut-il encore s’affranchir de cette culture de la douleur ?</strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-1.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Coureuse sur la ligne d&#039;arrivée de l&#039;UTMB @Coralie Havas" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-1.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-1-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-1-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-1-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-1-600x400.webp 600w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



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<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>La culture sportive entretient depuis longtemps une relation ambiguë avec la souffrance. <strong>Dans de nombreux discours, la douleur apparaît comme un passage obligé vers la réussite. </strong>« <em>Il y a un secret que les sportifs ne vous diront jamais tout de suite : faire du sport, c’est apprendre à aimer la douleur. Pas juste la supporter, hein, mais vraiment l’apprécier </em>» peut-on lire sur le <a href="https://blogs.mediapart.fr/mathieu31/blog/301124/sport-et-douleur-quand-souffrir-devient-un-plaisir" target="_blank" rel="noreferrer noopener">blog de Mediapart</a>. « <em>Oui, on parle bien de cette sensation qui vous donne l’impression que vos jambes brûlent, que vos épaules vont se décrocher, et que votre cœur a décidé de passer en mode alarme incendie. Étrange, non ? Pourtant, c’est notre réalité. […] Et puis, regardez les grands champions. Ils ne s’en cachent même pas. Kobe Bryant disait : “Si tu veux être grand, tu dois embrasser la souffrance.” On souffre parce que c’est le prix à payer pour progresser. C’est le petit pacte qu’on passe avec notre corps : “Je te fais mal maintenant, mais promis, tu seras plus fort après.” Et parfois, ça marche. Parfois, ça fait juste mal. Mais bon, c’est le jeu. </em>»</p>



<p>Pour Mathieu Abbot, médecin du sport, cette culture de la souffrance est parfois inhérente à certaines disciplines. Le principe du <em>no pain, no gain</em> est particulièrement présent dans l’univers de la musculation, mais aussi dans la glorification de joueurs capables de terminer un match avec un membre cassé ou de cyclistes poursuivant une course malgré une commotion cérébrale. <strong>Se faire mal pour dépasser ses limites, revendiquer la souffrance et afficher sa capacité à la surmonter : tel serait l’état d’esprit sportif dominant.</strong> Une mentalité résumée par une injonction simple : ne pas s’arrêter, continuer malgré tout.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong><strong><strong><strong>Quand la souffrance devient un argument marketing</strong></strong></strong></strong></strong></h2></div>



<p><strong>Cette glorification de la douleur ne se limite pas aux discours sportifs. </strong>Elle est aussi largement exploitée par les marques. Nike en offre une illustration frappante. Après sa campagne pour les Jeux olympiques intitulée <a href="https://www.forbes.com/sites/pamdanziger/2024/08/16/nike-fails-in-the-winning-isnt-for-everyone-ad-campaign/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Winning isn’t for everyone</a> (« tout le monde ne peut pas gagner »), l’équipementier a lancé un nouveau slogan : <em>Winning isn’t comfortable</em> (« gagner n’est pas confortable »).</p>



<p>La campagne met en scène des coureurs et des coureuses au bord de l’épuisement. Les visages sont crispés, les corps titubent, certains s’effondrent après la ligne d’arrivée. L’un des participants vomit même à l’écran. Le message est limpide : pour gagner, il faut souffrir.</p>



<p>Cette rhétorique s’inscrit dans l’identité même de la marque. Depuis des décennies, Nike construit ses campagnes autour de la performance et du dépassement de soi. Le slogan historique « <em>Just Do It </em>», lancé en 1988, appelait déjà à dépasser ses propres limites. Pendant la pandémie de Covid-19, la campagne « <em>You Can’t Stop Us </em>» mettait en avant la résilience face aux obstacles. Plus récemment, « <em>Pressure is my pleasure</em> », mettant en scène Kylian Mbappé, célèbre l’idée selon laquelle la pression serait une source de motivation et même de plaisir.</p>



<p>Mais cette glorification permanente de la performance et de la pression peut aussi être interprétée comme une forme de normalisation de la contrainte, parfois au détriment de la santé mentale.&nbsp;</p>



<p>La sociologue <strong>Béatrice Barbusse parle à ce sujet de dolorisme, une doctrine qui exalte la valeur morale de la douleur</strong>. Dans le monde du sport, cette logique conduit à valoriser la souffrance comme une preuve de courage et de détermination.</p>



<p>Selon ses travaux, cette vision peut avoir des effets néfastes. Elle encourage certains athlètes à ignorer les signaux envoyés par leur corps, à se surentraîner ou à poursuivre l’effort malgré des blessures.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong><strong><strong><strong>La fabrique des héros.ïnes</strong></strong></strong></strong></strong></strong></h2>



<p>Si la douleur occupe une place si importante dans l’imaginaire sportif, c’est aussi parce qu’elle nourrit des récits particulièrement efficaces.</p>



<p>La plupart des histoires sportives suivent une structure simple : un objectif ambitieux, une préparation difficile, des sacrifices personnels, une épreuve physique intense et, enfin, une récompense. Ce schéma rappelle celui des récits héroïques. <strong>Ainsi, la performance sportive est présentée comme une conquête obtenue au prix d’une souffrance acceptée.</strong></p>



<p>Dans ces récits, le sacrifice prend plusieurs formes. Il y a d’abord le sacrifice du confort : les réveils à l’aube, les entraînements sous la pluie ou dans le froid, les kilomètres accumulés malgré la fatigue. Vient ensuite le sacrifice social : les soirées refusées, le temps pris sur la famille, l’isolement nécessaire à l’entraînement. Enfin, il y a le sacrifice du corps. Ampoules, muscles brûlants, fatigue extrême ou petites blessures deviennent des preuves visibles du prix payé.</p>



<p>Cette narration fonctionne parce qu’elle correspond à une intuition morale largement partagée : ce qui est difficile semble avoir plus de valeur que ce qui est facile. Sans sacrifice, la réussite paraît donc presque suspecte.</p>



<p><strong>Le sacrifice devient ainsi un mécanisme de légitimation</strong> : il garantit que la performance est méritée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong>La douleur comme produit</strong></strong></h2>



<p>Cette structure narrative constitue également un formidable outil pour l’industrie du sport. À noter que les marques mettent rarement en avant le confort ou la facilité. Elles préfèrent montrer des corps fatigués, des visages crispés et des conditions difficiles.</p>



<p>L’athlète apparaît comme quelqu’un qui accepte de payer le prix de son ambition. Dans ce récit, le produit vendu &#8211; chaussures, montres connectées, équipements &#8211; devient l’outil qui accompagne cette quête. On ne vend plus simplement un objet, mais la possibilité de vivre sa propre épopée sportive. La souffrance sportive est ainsi devenue une véritable ressource économique.</p>



<p><strong>De nombreuses offres reposent sur la même promesse : la transformation personnelle passe par l’épreuve. </strong>Programmes d’entraînement intensifs, stages sportifs ou défis d’endurance invitent les participants à sortir de leur zone de confort. La difficulté devient un argument de vente.</p>



<p>Cette logique s’observe aussi dans la multiplication d’événements sportifs extrêmes : courses d’ultra-endurance, trails de montagne, défis collectifs particulièrement exigeants. Ce qui est proposé n’est pas seulement une activité physique, mais l’expérience d’une épreuve dont on pourra être fier.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong>Une expérience aussi formatrice</strong></strong></h2>



<p>Réduire la douleur sportive à une simple exploitation de nos corps &#8211; et de nos esprits &#8211; serait pourtant trop simpliste. <strong>La douleur joue aussi un rôle important dans l’apprentissage du corps.</strong> Dès l’enfance, les petites douleurs du quotidien participent à la construction de la conscience corporelle. Elles permettent de comprendre les limites du corps et de mieux percevoir ses signaux.</p>



<p>Dans les activités physiques et sportives, ces expériences peuvent être structurantes. Les chutes à vélo ou le fameux point de côté en course à pied font partie d’un processus d’apprentissage.</p>



<p>La douleur agit alors comme un signal. Elle indique qu’un déséquilibre est apparu quelque part dans le corps et qu’il faut y prêter attention.</p>



<p>D’une certaine manière, elle permet aussi d’éprouver la vie elle-même. Sans sensation corporelle, il n’y aurait ni plaisir, ni désir, ni véritable expérience physique. Mais la valorisation de la douleur peut aussi masquer une réalité plus ambivalente. Car dans de nombreux contextes sportifs, le corps devient un outil de production : de performance, de spectacle, d’images et parfois de profits.</p>



<p>Dans le sport de haut niveau, cette logique est particulièrement visible. Les athlètes sont encouragés à repousser leurs limites physiques au-delà du raisonnable, parfois au risque de blessures durables. Cette logique se diffuse également dans les pratiques amateurs. Défis d’endurance, programmes d’entraînement intensifs et compétitions extrêmes valorisent des formes d’engagement physique très exigeantes.</p>



<p>Dans ce contexte, la douleur cesse d’être seulement un signal physiologique. Elle devient un indicateur de productivité corporelle : plus le corps encaisse, plus il semble prouver sa valeur. Ce glissement n’est pas sans rappeler certaines logiques du monde du travail, où la capacité à supporter la fatigue et la pression devient une qualité valorisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vers une autre culture du sport ?</strong></h2>



<p>La question devient alors inévitable : <strong>jusqu’où le dépassement de soi reste-t-il une forme d’émancipation, et à partir de quel moment devient-il une manière d’exploiter le corps ?</strong></p>



<p>Peut-être que le sport contemporain pourrait évoluer vers une autre culture. Une culture non plus centrée sur la glorification de la douleur, mais sur l’écoute du corps.</p>



<p>Car la valeur du sport ne réside peut-être pas dans la souffrance qu’il produit, mais dans la relation consciente que chacun.e entretient avec son propre corps.</p>



<p>Et si la véritable performance commençait précisément là ?</p>
</div></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Quand la randonnée devient un outil de domination : le phénomène inquiétant de l’« alpine divorce »</title>
		<link>https://encordees.fr/quand-la-randonnee-devient-un-outil-de-domination-le-phenomene-inquietant-de-l-alpine-divorce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[fait divers]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[randonnée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sur TikTok, une vidéo virale montrant une jeune femme abandonnée par son compagnon en pleine randonnée a déclenché une avalanche de témoignages. Des centaines d’internautes racontent avoir vécu des situations similaires, laissées seules en pleine nature, sur une route isolée ou dans une ville inconnue. Derrière l’expression « alpine divorce », popularisée sur les réseaux sociaux, certains spécialistes voient une forme méconnue de violence conjugale : une violence par abandon, où la rupture du lien devient un moyen de domination.</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Quand la randonnée devient un outil de domination : le phénomène inquiétant de l’« alpine divorce »</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-03-04T17:00:00+01:00">4 Mar 2026</time></div></div>
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<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">4 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong>Sur TikTok, une vidéo virale montrant une jeune femme abandonnée par son compagnon en pleine randonnée a déclenché une avalanche de témoignages. Des centaines d’internautes racontent avoir vécu des situations similaires, laissées seules en pleine nature, sur une route isolée ou dans une ville inconnue. Derrière l’expression « alpine divorce », popularisée sur les réseaux sociaux, certains spécialistes voient une forme méconnue de violence conjugale : une violence par abandon, où la rupture du lien devient un moyen de domination.</strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Une femme seule sur les sentiers du Briançonnais @Coralie Havas" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-600x400.webp 600w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



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<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Sur TikTok, une vidéo d’à peine une minute a déclenché une vague de réactions et de témoignages. On y voit une jeune femme filmer un paysage rocheux au sommet d’une montagne. La voix tremblante, elle raconte que son petit ami vient de la laisser seule sur le sentier. « <em>Je me sens tellement vulnérable, c’est le pire vendredi de ma vie </em>», confie-t-elle en pleurs.</p>



<p>La séquence est devenue virale : plus de 19 millions de vues et des millions de <em>likes</em>. Mais ce qui frappe le plus, ce sont les milliers de commentaires qui ont suivi. Sous la vidéo, de nombreuses femmes racontent avoir vécu une situation similaire : abandonnées en pleine randonnée, laissées au bord d’une autoroute, en rase campagne ou dans une ville inconnue sans moyen de rentrer.</p>



<p>Très vite, un terme s’impose dans les discussions : l’« <em>alpine divorce</em> », ou « <em>divorce alpin</em> ».</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong><strong><strong>Une expression née dans la littérature</strong></strong></strong></strong></h2></div>



<p>L’expression ne vient pas des réseaux sociaux. Elle trouve son origine dans une nouvelle publiée en 1893 par l’écrivain écossais&nbsp;Robert Barr. Intitulée&nbsp;<em>An Alpine Divorce</em>, l’histoire raconte le projet d’un homme qui, incapable de divorcer, envisage de se débarrasser de sa femme lors d’un voyage dans les Alpes suisses.</p>



<p>Plus d’un siècle plus tard, le terme est repris sur TikTok pour décrire une situation bien différente, mais tout aussi troublante : celle où un partenaire abandonne sa compagne en pleine nature, souvent après une dispute ou parce qu’elle ne suit pas le rythme pendant une randonnée.</p>



<p>Sur les réseaux sociaux, des centaines d’internautes racontent des scènes similaires. L’une explique avoir été laissée seule sur un sentier pour sortir du Grand Canyon et avoir dû marcher pendant douze heures avec l’aide d’un inconnu. Une autre évoque deux heures passées seule dans une forêt après que son compagnon est parti devant elle.</p>



<p>Ces récits n’ont évidemment pas tous la même gravité. Mais ils décrivent un point commun : la sensation brutale d’abandon dans un environnement isolé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong><strong><strong>Quand l’abandon devient une forme de violence symbolique</strong></strong></strong></strong></strong></h2>



<p>Pour les spécialistes des relations de couple, ce type de situation dépasse souvent la simple dispute.</p>



<p>La psychologue Amélie Boukhobza explique que quitter quelqu’un dans un lieu isolé peut constituer une forme de violence relationnelle. « <em>C’est une violence par retrait</em> », analyse-t-elle. « <em>Une manière de sanctionner sans crier ni frapper, mais en coupant le lien et en laissant l’autre seule face à sa vulnérabilité.</em> »</p>



<p>Le décor joue ici un rôle central. Une dispute en ville peut se terminer par quelqu’un qui rentre chez lui. Mais dans un environnement isolé — montagne, forêt ou route déserte — la situation change radicalement. L&rsquo;absence de réseau, la difficulté à se repérer, la fatigue ou le manque d’eau peuvent transformer une simple randonnée en moment de grande insécurité.</p>



<p>Symboliquement, le message est brutal : « <em>Tu te débrouilles.</em> »</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une asymétrie qui interroge</strong></h2>



<p>Les témoignages qui circulent sur les réseaux sociaux présentent souvent un schéma similaire : des femmes racontent avoir été abandonnées par leur compagnon masculin. Cette répétition interroge certains observateurs.</p>



<p>Dans des activités comme la randonnée ou l’alpinisme, les différences d’endurance physique ou de confiance en soi peuvent créer une forme d’asymétrie. Celui qui décide d’accélérer le rythme ou de continuer seul impose alors son choix.</p>



<p>Pour certains psychologues, ce geste peut aussi s’inscrire dans une manière de gérer les conflits : partir plutôt que discuter, couper le lien plutôt que résoudre la dispute. Lorsque ce comportement devient répétitif, il peut installer un déséquilibre clair dans la relation : l’un décide, l’autre subit.</p>



<p>Dans la plupart des témoignages en ligne, les situations se terminent sans conséquences physiques graves. Mais certains cas rappellent que l’abandon dans un environnement isolé peut être dangereux.</p>



<p>L’affaire de&nbsp;Kerstin Gurtner&nbsp;en est un exemple marquant. Cette femme de 33 ans est morte d’hypothermie après avoir été laissée seule lors d’une ascension en Autriche. Elle se trouvait à quelques dizaines de mètres du sommet lorsqu’elle s’est effondrée.</p>



<p>En février 2026, son compagnon a été condamné pour homicide involontaire à cinq mois de prison avec sursis et à une amende de 9 400 euros.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Derrière le buzz, une réalité relationnelle</strong></h2>



<p>Si l’expression « alpine divorce » circule parfois sur les réseaux sociaux avec une pointe d’ironie, les témoignages qu’elle rassemble mettent en lumière une expérience bien réelle pour certaines femmes.</p>



<p>Au-delà du danger physique, beaucoup décrivent surtout un choc émotionnel : la prise de conscience brutale que leur partenaire peut partir en les laissant seules dans un moment de vulnérabilité.</p>



<p>Derrière la viralité du hashtag, c’est donc une question plus large qui émerge : celle des formes parfois invisibles que peuvent prendre les violences au sein du couple, même au détour d’un simple sentier de randonnée.&nbsp;</p>
</div></div>
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		<item>
		<title>« Siamo tutti antifasciti »</title>
		<link>https://encordees.fr/siamo-tutti-antifasciti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[billet d'humeur]]></category>
		<category><![CDATA[fascisme]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aujourd’hui, « je » prends la plume, par nécessité. Parce que voilà, impossible pour moi de trouver un sujet qui me donne envie d’écrire sur nos sports de montagne cette semaine. Ça reviendra, c’est certain. De belles histoires attendent sagement dans mes carnets, je vous les dévoilerai bientôt. </p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">« Siamo tutti antifasciti »</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-02-25T17:00:00+01:00">25 Fév 2026</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">7 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong>Aujourd’hui, « je » prends la plume, par nécessité. Parce que voilà, impossible pour moi de trouver un sujet qui me donne envie d’écrire sur nos sports de montagne cette semaine. Ça reviendra, c’est certain. De belles histoires attendent sagement dans mes carnets, je vous les dévoilerai bientôt. </strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-1.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Flower Power @Corallie Havas" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-1.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-1-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-1-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-1-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-1-600x400.webp 600w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>J’ai grandi dans une bulle rassurante, confortable. Un groupe de personnes avec qui j’allais en falaise à chacun de mes temps libres en écoutant Manu Chao dans le mini-bus. Tout était léger. Même les relations humaines.&nbsp;</p>



<p>Surtout les relations humaines.&nbsp;</p>



<p>C’était il y a plus de dix ans.&nbsp;</p>



<p>Adolescent.e.s, on pensait « <em>révolution</em> » contre un système que l’on n’avait pas vraiment pris le temps de comprendre. </p>



<p>Puis nous sommes devenu.e.s adultes. On a mis des visages sur des discours, comprenant au passage que certaines idées que l’on croyait marginales, relayées aux poussiéreux manuels d’histoire, pouvaient revenir, s’installer, se banaliser.</p>



<p>J’ai quand-même fait le choix de rester dans cette bulle, en choisissant d’être journaliste spécialisée dans les sports outdoor. Même si j’ai compris, à mes dépens, que le système capitaliste, prônant la productivité au détriment du bien-être humain s’était infiltré partout. Dans mon esprit, en premier lieu. Et que j’avais beaucoup de «&nbsp;pensées réflexes&nbsp;» à déconstruire. Sans parler d’une santé mentale à davantage écouter, ainsi que d’une estime de soi à bâtir autrement qu’à travers les résultats, jamais pleinement satisfaisants, de ma quête d’efficacité.&nbsp;</p>



<p>J’ai longuement écrit sur des athlètes inspirants, nourrissant l’illusion méritocratique, je le confesse. Et j’ai prévu continuer de le faire, de manière plus nuancée, sans doute. Mais moi, ce qui m’a toujours plu, ç’a été de dresser le portrait à des personnes qui, en début d’interview, me disaient « <em>Mon histoire n’a rien d’exceptionnel, vous savez. Je ne serai pas vexé.e si vous changez d’avis </em>», d’analyser nos sports de montagne avec l’angle sociétal, d’en souligner leur inscription, de plus en plus marquée, dans ce fameux système contre lequel nous faisions, ados, la « <em>révolution</em> ». </p>



<p>Écrire les marges, questionner les acquis, voilà ce qui m’anime.&nbsp;</p>



<p>Sauf que voilà, je me suis toujours défendue comme « <em>non-politisée</em> ». Une position somme toute assez confortable… et privilégiée &#8211; mon nom, ma religion, ma couleur de peau ou mon orientation ne sont pas instrumentalisés dans les débats. Mon apparente neutralité n’est pourtant pas si claire… Elle protège souvent celles et ceux qui ont déjà une place. À quel moment le silence devient-il une position ?</p>



<p>Je crois que grandir, politiquement, ce n’est pas adhérer à un parti.  </p>



<p>Ce n’est pas brandir une carte. </p>



<p>Ce n’est pas transformer chaque phrase en slogan.</p>



<p>C’est accepter que certaines lignes sont non négociables.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong><strong><strong>« Je ne suis pas politisée »</strong></strong></strong></strong></h2></div>



<p>Me dire « <em>non-politisée</em> » était hypocrite. Car voilà des années que j’écris sur des sujets politiques. </p>



<p>Je vous ai parlé de la place des femmes en montagne, de celles que l’on invisibilise, de celles que l’on essentialise, de lenteur dans un monde obsédé par la performance, de vulnérabilité dans un univers façonné par la virilité, de nos glaciers qui fondent, d’inclusivité aussi.&nbsp;</p>



<p>Et malgré tout, je continuais à dire : «&nbsp;Je ne suis pas politisée&nbsp;». Comme si la politique ne commençait qu’aux portes de l’Assemblée. Comme si elle ne traversait pas nos corps. Comme si elle ne modelait pas les sentiers que l’on emprunte, les refuges que l’on construit, les récits que l’on publie.</p>



<p>Aujourd’hui, j’avais prévu d’écrire sur « <em>le marketing de soi </em>», faisant une virulente critique de notre monde où les réseaux sociaux règnent en maîtres. Tout cela m’a paru bien creux, vide de sens, par rapport à mon ressenti actuel : l&rsquo;actualité nationale &#8211; et mondiale &#8211; me plombe. Elle m’a fait réaliser que continuer à se dire « <em>non-politisée</em> » relève moins de la prudence que du déni.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong><strong><strong>La montagne, reflet de notre société</strong></strong></strong></strong></strong></h2>



<p>Je crois que je n’arrive pas à écrire la montagne, plus vraiment à l’analyser non plus, parce que la bulle a éclaté.</p>



<p>Parce que quand, dans les rues de Lyon, ville au sein de laquelle j’ai appris la rigueur journalistique, des bras se lèvent en salut nazi, je ne peux pas faire comme si cela n’avait rien à voir avec nous.&nbsp;</p>



<p>Parce que lorsque l’extrême droite progresse en France, ce n’est pas un débat abstrait. C’est un climat. Et nous respirons tous.tes le même air.</p>



<p>Que devrais-je faire ? Rester dans ma bulle qui m’aide bien souvent à traverser mes tempêtes émotionnelles ? Ou bien ouvrir les yeux ? À y réfléchir, je vais essayer de naviguer, du mieux possible, entre ces deux possibilités, à la recherche d’un équilibre sans cesse remis en question.&nbsp;</p>



<p>Ne pas s’enfermer dans le confort, voilà mon mantra depuis des années. Il prend aujourd’hui une dimension plus importante.&nbsp;</p>



<p>Parler montagne, oui.<br>Parler performance, parfois.<br>Raconter de belles ascensions, souvent.</p>



<p>Mais la montagne n’est pas hors du monde.&nbsp;</p>



<p>Elle est traversée par les mêmes tensions, les mêmes crispations, les mêmes replis. Elle aussi a ses mythes de pureté. Ses fantasmes de territoire «&nbsp;préservé&nbsp;». Ses récits héroïques façonnés par la domination, la conquête, la performance virile. Elle aussi peut devenir un refuge identitaire. Un décor pour nostalgies autoritaires. Un espace où l’on parle de «&nbsp;retour aux racines&nbsp;» en oubliant soigneusement qui a été tenu à distance de ces racines-là.</p>



<p>La montagne n’est pas qu’un paysage. C’est un imaginaire. Et les imaginaires sont politiques. Qui est légitime pour prendre la tête d’une cordée ? Qui a les moyens financiers d’y accéder ? Qui est perçu comme «&nbsp;à sa place&nbsp;» sur une arête ou en refuge ? Les mêmes mécanismes d’exclusion circulent ici comme ailleurs. Plus feutrés, parfois. Plus souriants. Mais bien réels.</p>



<p>Alors je l’écris ici, clairement : je suis antifasciste. Pas par goût du slogan. Pas par réflexe partisan. Mais parce que je refuse toute idéologie qui hiérarchise les vies, tous les discours désignant des boucs émissaires, jouant avec les peurs identitaires pour construire du pouvoir.</p>



<p>Quand des bras se lèvent en salut nazi, le débat n’est plus théorique.<br>Quand des discours racistes se normalisent sur les plateaux télé, la question n’est plus abstraite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tentation </h2>



<p>Je continue pourtant d’essayer de comprendre, coûte que coûte. Qu’est-ce qui, aujourd’hui, rend séduisantes des idées qui excluent, qui simplifient, qui promettent l’ordre par la désignation d’ennemis ?</p>



<p>Je refuse pourtant d’adopter une vision manichéenne du monde, me contentant de dire : « <em>Ce sont des méchants</em> ».</p>



<p>Ce serait trop simple. Et dangereusement confortable.</p>



<p>Je crois qu’il y a la peur, bien sûr &#8211; du déclassement, de perdre sa place, d’un monde qui change trop vite. De la fatigue aussi &#8211; démocratique, sociale, écologique. S’ajoute à cela le sentiment d’être invisibilisé (je pourrais vous en parler longuement), de ne plus compter, de ne plus comprendre les codes d’un monde qui se transforme.</p>



<p>L’extrême droite sait parler à ces failles-là. Elle offre des réponses courtes à des problèmes complexes, des coupables quand la réalité est systémique et un récit clair quand le monde est flou.</p>



<p>Je peux comprendre la tentation de la clarté, l’attrait d’un discours qui promet protection et stabilité. Mais comprendre n’est pas valider. La souffrance sociale n’autorise pas le racisme. Le désarroi ne légitime pas la hiérarchisation des vies.</p>



<p>Comprendre, pour moi, c’est refuser la caricature. Mais c’est aussi refuser la complaisance.</p>



<p>Parce que raconter la montagne au féminin, mais surtout au pluriel, comme je fais ici, implique de refuser ce monde qui divise, qui exclut, qui hiérarchise.</p>



<p>« <em>Siamo tutti antifascisti </em>» : c’est un engagement, une évidence. Et c’est ainsi que je continuerai à raconter des histoires &#8211; avec puissance, avec délicatesse, avec liberté.</p>



<p>Parce que liberté et égalité ne sont jamais neutres.&nbsp;</p>



<p>Elles se choisissent.<br>Et elles se défendent.</p>
</div></div>
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		<title>Le cas Lindsey Vonn : à qui appartient le corps d’une athlète ?</title>
		<link>https://encordees.fr/le-cas-lindsey-vonn-a-qui-appartient-le-corps-dune-athlete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[jeux olympiques]]></category>
		<category><![CDATA[montagne]]></category>
		<category><![CDATA[rapport au corps]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les cris de Lindsey Vonn ont traversé l’écran. Un son brut qui fissure le vernis héroïque du sport de haut niveau. Car derrière les images de vitesse et de maîtrise, il y a des corps. Des corps vulnérables, exposés, parfois brisés. Lors de la descente olympique, la skieuse américaine de 41 ans a lourdement chuté, voyant ainsi ses espoirs de médaille s’éteindre. Le verdict médical est sévère : fracture complexe du tibia, plusieurs opérations nécessaires. Une scène qui, en plus de largement susciter l’émotion, a relancé un débat profond : celui d’un sport qui glorifie le risque, et d’une athlète à qui l’on conteste le droit de faire ses propres choix.</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Le cas Lindsey Vonn : à qui appartient le corps d’une athlète ?</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-02-11T17:00:00+01:00">11 Fév 2026</time></div></div>
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<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">4 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong>Les cris de Lindsey Vonn ont traversé l’écran. Un son brut qui fissure le vernis héroïque du sport de haut niveau. Car derrière les images de vitesse et de maîtrise, il y a des corps. Des corps vulnérables, exposés, parfois brisés. Lors de la descente olympique, la skieuse américaine de 41 ans a lourdement chuté, voyant ainsi ses espoirs de médaille s’éteindre. Le verdict médical est sévère : fracture complexe du tibia, plusieurs opérations nécessaires. Une scène qui, en plus de largement susciter l’émotion, a relancé un débat profond : celui d’un sport qui glorifie le risque, et d’une athlète à qui l’on conteste le droit de faire ses propres choix.</strong></strong></strong></p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Lindsey-Vonn-@Red-Bull-Content-Pool.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Lindsey Vonn en Coupe du monde (@Red Bull Content Pool)" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Lindsey-Vonn-@Red-Bull-Content-Pool.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Lindsey-Vonn-@Red-Bull-Content-Pool-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Lindsey-Vonn-@Red-Bull-Content-Pool-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Lindsey-Vonn-@Red-Bull-Content-Pool-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/Lindsey-Vonn-@Red-Bull-Content-Pool-600x400.webp 600w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>Lindsey Vonn ne s’est pas élancée comme les autres sur la piste de Jeux Olympiques d’hiver ce dimanche 8 février. Une semaine plus tôt, elle s’était rompue le ligament croisé antérieur. Une blessure majeure, qui, dans l’imaginaire collectif, rend presque irresponsable toute prise de risque supplémentaire. <strong>Très vite, les critiques ont fusé : mettre sa vie en danger pour une médaille, donner une image déplorable du sport, nier les discours sur le sport-santé…</strong></p>



<p>Pourtant, la principale intéressée ne partage pas ce récit. <strong>Elle l’a écrit elle-même, sans détour : elle n’a « <em>aucun regret </em>». </strong>Sa chute, explique-t-elle sur <a href="https://www.instagram.com/lindseyvonn/?hl=en" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a>, est due à une erreur de trajectoire infime, à un bras accroché dans un piquet à près de 70 km/h. Pas à son genou, pas à ses blessures passées. Le ski alpin est un sport dangereux, rappelle-elle. Il l’a toujours été.</p>



<p>Ce point est essentiel. Le ski de vitesse ne devient pas risqué parce qu’une athlète est blessée ; il l’est par nature. Marges d’erreur minuscules, vitesses extrêmes, chocs violents. Les skieuses et skieurs qui connaissent intimement cette réalité ont d’ailleurs été nombreux à défendre Lindsey Vonn. Keely Cashman, sa coéquipière, a rappelé que ce type de chute peut arriver à n’importe qui, n’importe quand. <a href="https://www.nbc.com/nbc-insider/lindsey-vonn-teammates-defend-her-after-olympics-crash" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La skieuse Federica Brignone</a> a quant à elle été encore plus claire : «<strong><em>C’est son corps. C’est son choix. Ce n’est pas aux autres de décider pour elle.</em> »</strong></p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Infantilisation</strong></strong></h2></div>



<p>Et c’est là que le débat se dédouble.</p>



<p>D’un côté, la question légitime de la mise en danger dans le sport de haut niveau. Le cas Vonn cristallise une culture de la performance qui valorise le dépassement coûte que coûte, le retour express, le récit du <em>comeback</em> héroïque. <strong>Une culture qui applaudit le risque lorsqu’il mène au podium, mais s’en offusque lorsqu’il conduit à l’hôpital.</strong> Peut-on encore célébrer ces trajectoires sans interroger le système qui les rend possibles, voire nécessaires ? Peut-on promouvoir le sport comme vecteur de santé tout en glorifiant des corps usés jusqu’à la limite ?</p>



<p>Mais de l’autre côté, une question plus inconfortable encore émerge : pourquoi tant de personnes se sentent-elles autorisées à décider à la place de la skieuse ?</p>



<p><strong>Lindsey Vonn n’est ni une novice, ni une inconsciente. C’est une femme adulte, expérimentée, informée, qui connaît mieux que quiconque les risques de son sport.</strong> Pourtant, son choix a été disséqué, jugé, parfois méprisé. Son propre père <a href="https://www.theguardian.com/sport/2026/feb/09/lindsey-vonn-crash-acl-winter-olympics-skiing" target="_blank" rel="noreferrer noopener">a déclaré</a> publiquement que sa carrière devait s’arrêter, « <em>tant [qu’il] aura son mot à dire</em> ». Une phrase lourde de sens.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-5060b982"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Souveraineté des corps</strong></h2></div>



<p>Car derrière l’argument de la protection se cache souvent autre chose : une infantilisation persistante, particulièrement lorsqu’il s’agit du corps d’une femme. Aurait-on tenu le même discours à un homme de 41 ans, légende de son sport, revenu tenter un dernier exploit ? Rien n’est moins sûr. Le courage devient alors entêtement, la détermination se transforme en irresponsabilité.</p>



<p><strong>Critiquer un système sportif qui pousse les athlètes à prendre des risques extrêmes est nécessaire. Mais retirer à une athlète sa capacité à décider pour elle-même ne l’est pas. La ligne est fine, mais elle est essentielle.</strong></p>



<p>Lindsey Vonn incarne cette tension à elle seule. Elle est à la fois le produit d’un sport qui célèbre le sacrifice et une femme qui revendique sa liberté. La question n’est peut-être pas de savoir si elle aurait dû concourir. Mais de comprendre pourquoi nous trouvons normal qu’une carrière d’exception se joue toujours sur le fil du danger &#8211; et pourquoi, lorsque ce fil cède, nous cherchons aussitôt à désigner un coupable, plutôt qu’à interroger le cadre qui rend ces chutes presque inévitables.</p>
</div></div>
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		<title>Des Jeux sous Meloni</title>
		<link>https://encordees.fr/des-jeux-sous-meloni/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[extrême droite]]></category>
		<category><![CDATA[jeux olympiques]]></category>
		<category><![CDATA[montagne]]></category>
		<category><![CDATA[politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sous couvert de neutralité, la règle 50 de la Charte olympique impose le silence aux athlètes. Mais à deux jours du lancement des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, ce mutisme contraste violemment avec la réalité politique du pays hôte : un gouvernement d’extrême droite, mené par Giorgia Meloni, une dérive sécuritaire assumée et une crise climatique ignorée.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Des Jeux sous Meloni</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-02-04T17:00:00+01:00">4 Fév 2026</time></div></div>
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<p class="has-text-align-center"><strong><strong>Sous couvert de neutralité, la règle 50 de la Charte olympique impose le silence aux athlètes. Mais à deux jours du lancement des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, ce mutisme contraste violemment avec la réalité politique du pays hôte : un gouvernement d’extrême droite, mené par Giorgia Meloni, une dérive sécuritaire assumée et une crise climatique ignorée.</strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-2.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Des Jeux sous Meloni @Wikipedia Commons" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-2.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-2-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-2-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-2-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/02/image-de-couverture-2-600x400.webp 600w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



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<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>La Charte olympique est très claire. Sa règle 50 interdit toute forme de manifestation ou de démonstration politique, raciale ou religieuse sur les sites olympiques. Officiellement, c’est le prix à payer pour préserver « <em>l’esprit des Jeux</em> », comme l’a récemment rappelé Kirsty Coventry, première femme élue à la tête du CIO en mars 2025, dès ses premières déclarations, faisant le choix d’éviter toute confrontation politique.</p>



<p><strong>Mais à Milan-Cortina 2026, ce silence imposé prend une autre dimension. </strong>Car pendant que les sportif.ve.s sont sommé.e.s de ne rien dire, les Jeux d’hiver se déroulent sous l’autorité de Giorgia Meloni, cheffe d’un gouvernement issu du néofascisme italien, dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, le génocide à Gaza et une montée autoritaire globale.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Quand l’extrême droite s’invite à la fête</strong></strong></h2></div>



<p>Vingt ans après Turin, la quinzaine olympique du blanc revient en Italie, pays mené depuis 2022 par Giorgia Meloni. Sa stabilité gouvernementale et la bonne tenue du budget italien en 2024 sont souvent saluées à Bruxelles, dans un pays longtemps stigmatisé pour ses carences institutionnelles. Mais cette normalisation économique masque une rupture politique profonde.</p>



<p><strong>Issue du néofascisme italien, présidente depuis 2014 du parti Frères d’Italie, dont la flamme fasciste reste le symbole, Meloni incarne une droite national-conservatrice assumée.</strong> Elle se définit comme « <em>une femme, une mère, une chrétienne</em> », défend une vision ultratraditionaliste de la famille, combat les droits LGBT+, s’oppose à l’avortement et développe une rhétorique obsessionnelle sur l’immigration et les minorités. Si elle affirme ne pas être post-fasciste, les prises de position de nombreux cadres de son parti entretiennent une filiation idéologique largement documentée par les politologues. <strong>Avait notamment refait surface, au moment de son arrivée au pouvoir, un <a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/giorgia-meloni-alliance-nationale-freres-d-italie-reference-mussolini" target="_blank" rel="noreferrer noopener">reportage</a> de France 3 de 1996, où, jeune militante néofasciste, elle faisait l’éloge du dictateur Benito Mussolini</strong>.</p>



<p>Son allié Matteo Salvini, vice-Premier ministre, en est l’incarnation la plus brutale. Chantre du slogan « Prima gli Italiani » (« les Italiens d’abord »), poursuivi par la justice pour avoir empêché en 2019 le débarquement de migrants secourus en mer, il a fait de la lutte contre l’immigration clandestine et de la répression des oppositions son fonds de commerce politique. Sous son impulsion, le gouvernement Meloni s’attaque désormais aux militants écologistes : un projet de loi « Sécurité », surnommé « anti-Gandhi » par l’opposition, criminalise les manifestations, y compris pacifiques, avec des peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison pour le simple fait de bloquer une route.</p>



<p>C’est sous ce pouvoir que se tiendront les prochains Jeux olympiques.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-5060b982"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>L’olympique sous escorte de l’ICE</strong></h2></div>



<p>Le vernis olympique s’est définitivement fissuré avec l’annonce du déploiement d’agents de l’ICE, la police américaine de l’immigration, durant les Jeux. Cette agence a été créée en 2003 afin d’arrêter les immigrants délinquants. Mais depuis le retour de Donald Trump au pouvoir en 2025, elle a une nouvelle mission : interpeller et expulser les personnes soupçonnées de se trouver aux États-Unis de manière illégale. <strong>Ainsi, en un an, l&rsquo;ICE a arrêté plus de 328 000 personnes et en a expulsé 327 000, soit environ 900 personnes par jour.</strong></p>



<p>À Milan, le malaise est immédiat. Le maire Giuseppe Sala affirme ne pas se « <em>sentir en sécurité</em> » avec l’ICE, qu’il décrit comme une milice incompatible avec une gestion démocratique de l’ordre public. Le gouvernement Meloni minimise, expliquant que les délégations étrangères choisissent leurs escortes. Le CIO se défausse, renvoyant la responsabilité aux autorités nationales et au comité olympique américain.</p>



<p>Mais <strong>accepter l’ICE, c’est avaliser sa présence.</strong> C’est normaliser une police de l’immigration tristement célèbre, notamment pour avoir tué deux Américains lors d’une opération de contrôle à Minneapolis début 2026, sans débat démocratique réel, au cœur d’un événement censé célébrer l’universalité et la dignité humaine.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-83b4b6c5"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Overdose</strong></h2></div>



<p>Présentée comme un rempart contre la politisation du sport, la règle 50 fonctionne en réalité à sens unique. Elle muselle les athlètes, interdit les gestes de protestation et étouffe les prises de position individuelles &#8211; tout en laissant intacte la dimension profondément politique des Jeux eux-mêmes.</p>



<p>Car <strong>choisir un pays hôte, valider un dispositif sécuritaire ou fermer les yeux sur des lois liberticides ou sur la présence de forces policières controversées n’est pas neutre</strong>. Dans ce cadre, le silence n’est pas une absence de position. C’est une forme de validation.</p>



<p>Tout le monde &#8211; fédérations, athlètes et sponsors &#8211; se tait. Mais pendant ce temps, les Jeux deviennent <strong>un laboratoire discret de coopération sécuritaire entre gouvernements partageant une vision très dure de l’immigration, de la contestation sociale et de l’ordre public</strong> : le rapprochement assumé entre Giorgia Meloni et Donald Trump, le déploiement de forces américaines controversées, la criminalisation des militants écologistes… Bref, un durcissement autoritaire.</p>



<p>Au-delà du seul cas italien, Milan-Cortina 2026 confirme la crise d’un modèle. <strong>Les JO d’hiver apparaissent de plus en plus incompatibles avec les réalités climatiques, sociales et démocratiques du XXIᵉ siècle</strong>. Faute de se réformer en profondeur, l’olympisme compense ses contradictions par toujours plus de sécurité, de communication et d’amnésie politique.</p>
</div></div>
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		<title>Quand le sport cesse d’être un espace pour les filles</title>
		<link>https://encordees.fr/quand-le-sport-cesse-detre-un-espace-pour-les-filles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[étude]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[sport]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le phénomène n’est pas nouveau : à l’adolescence, les filles abandonnent le sport. Une nouvelle étude, réalisée par la mutuelle MGEN et Kantar, leader mondial des données marketing et de l’analyse, remet l’accent sur ce sujet, fournissant des données chiffrées précises ainsi qu’une analyse détaillée de la situation. Ces résultats soulignent l’urgence de repenser la pratique sportive pour les jeunes filles afin de la rendre plus inclusive, sécurisée et valorisante.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Quand le sport cesse d’être un espace pour les filles</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1552e359 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-01-21T17:00:00+01:00">21 Jan 2026</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">3 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong>Le phénomène n’est pas nouveau : à l’adolescence, les filles abandonnent le sport. Une nouvelle étude, réalisée par la mutuelle MGEN et Kantar, leader mondial des données marketing et de l’analyse, remet l’accent sur ce sujet, fournissant des données chiffrées précises ainsi qu’une analyse détaillée de la situation. Ces résultats soulignent l’urgence de repenser la pratique sportive pour les jeunes filles afin de la rendre plus inclusive, sécurisée et valorisante.</strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Quelque part dans les Calanques @archives Coralie Havas" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2.png 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2-600x400.png 600w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>Mardi 13 janvier, les résultats d’une étude nationale, la première de cette ampleur, ont été publiés. L’enquête, menée auprès de 507 jeunes filles âgées de 13 à 20 ans ayant pratiqué un sport au cours des deux années précédant leur abandon, révèle un constat préoccupant : <strong>45,2 % des adolescentes cessent leur activité sportive malgré elles, soit six fois plus que chez les garçons</strong>.</p>



<p>Cette situation soulève des questions importantes sur les freins spécifiques à la pratique sportive féminine, l’impact des normes sociales et corporelles, ainsi que sur l’accessibilité des infrastructures et des activités adaptées.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>La non-prise en compte des spécificités du corps féminin</strong></strong></h2></div>



<p>Le premier obstacle identifié est l’absence d’adaptation des pratiques sportives aux changements physiques liés à la puberté. Environ 63 % des répondantes déclarent que ces transformations rendent le sport inconfortable. <strong>À cela s’ajoute le manque d’informations et d’équipements adaptés pour pratiquer pendant les règles</strong> : 53 % des jeunes filles estiment ne pas être suffisamment soutenues ou encadrées.</p>



<p>Clotilde Truffaut, déléguée nationale de la MGEN, souligne que cette situation <strong>risque d’accentuer les inégalités dans le rapport au corps, à l’estime de soi et à la sociabilité.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong>Les pressions et jugements dans le milieu sportif</strong></strong></strong></h2>



<p>Les adolescentes font également face à des pressions sociales et à des comportements déplacés dans le cadre sportif. <strong>42 % des jeunes filles déclarent avoir été victimes de moqueries, de harcèlement ou de sexisme. L’insécurité ou l’imposition de tenues jugées inappropriées accentue cette pression. </strong>Ainsi, 61 % des répondantes se sentent jugées lorsqu’elles pratiquent un sport.</p>



<p>Le rapport au corps et aux standards est également un facteur majeur : <strong>55 % des adolescentes estiment que leur corps ne correspond pas à l’image idéale véhiculée par les réseaux sociaux et les médias sportifs.</strong> Cette insatisfaction corporelle conduit 41 % des jeunes filles à abandonner leur pratique par malaise vis-à-vis de leur apparence.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-c8897f7d"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>L’absence d’alternatives et d’infrastructures adaptées</strong></h2></div>



<p>L’étude révèle que l’offre sportive reste souvent inadaptée ou peu accessible pour les filles. Un tiers des répondantes déclarent ne pas avoir de section féminine proche de leur domicile, un problème particulièrement marqué dans les zones rurales. Les stéréotypes de disciplines « <em>réservées aux garçons</em> » limitent encore davantage les choix.</p>



<p><strong>La culture de la compétition, axée sur la progression continue et la comparaison entre les participantes, constitue un frein supplémentaire.</strong> De nombreuses adolescentes abandonnent parce qu’elles se sentent exclues de cette logique ou incapables de suivre le rythme imposé.</p>



<p>Face à ces constats, certains clubs proposent des alternatives centrées sur le loisir et le plaisir, plutôt que sur la compétition. Le Paris Lady Basket, club exclusivement féminin créé en 2014 dans le XXe arrondissement de Paris, illustre cette approche. Sa coprésidente, Caroline Acosta, explique : « <em>On a choisi la voie du loisir et ça marche. C’est comme ça qu’on fidélise et que les jeunes filles peuvent s’épanouir et continuer à faire du sport.</em> »</p>
</div></div>
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		<title>Tribune : l’ultra performance dans le sport peut-elle servir la transition écologique ?</title>
		<link>https://encordees.fr/tribune-lultra-performance-dans-le-sport-peut-elle-servir-la-transition-ecologique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Dec 2025 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ancien·ne·s athlètes de haut niveau, leur carrière a été rythmée par bien autre chose que les podiums et les entraînements. Une dissonance entre une pratique sportive aux impacts écologiques conséquents et leurs convictions personnelles a poussé les signataires de cette tribune — dont Clothilde Sauvages, cofondatrice du podcast Vent Debout, Xavier Cailhol, alpiniste, Lili Sebesi, navigatrice, Mathieu Navillod, skieur, Xavier Thévenard, ultra-traileur, et Flora Artzner, championne de wingfoil — à écrire une autre histoire du sport, davantage en accord avec leurs valeurs. Comment ? « En prenant la liberté d’aller moins loin dans l’excellence de [leurs] activités et de renoncer à la quête de la performance à tout prix, afin de [s’]aligner plus largement avec les enjeux écologiques actuels ». Des mots qui résonnent fortement en cette fin d’année 2025, marquant le 10ᵉ anniversaire de l’Accord de Paris, traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques, dont les engagements apparaissent aujourd’hui impossibles à respecter.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Tribune : l’ultra performance dans le sport peut-elle servir la transition écologique ?</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1552e359 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-12-31T17:00:00+01:00">31 Déc 2025</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">8 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong>Ancien.ne.s athlètes de haut niveau, leur carrière a été rythmée par les podiums et les entraînements. Mais pas que. Une dissonance entre une pratique sportive &#8211; aux impacts écologiques conséquents &#8211; et leurs convictions personnelles a poussé les signataires de cette tribune (dont Clothilde Sauvages, cofondatrice du podcast&nbsp;<em>Vent Debout</em>, Xavier Cailhol, alpiniste, Lili Sebesi, navigatrice, Mathieu Navillod, skieur, Xavier Thévenard, ultra-traileur, et Flora Artzner, championne de wingfoil) à écrire une autre histoire du sport, davantage en accord avec leurs valeurs. Comment ? « <em>En prenant la liberté d’aller moins loin dans l’excellence de [leurs] activités et de renoncer à la quête de la performance à tout prix, afin de [s’]aligner plus largement avec les enjeux écologiques actuels </em>». Des mots qui résonnent fortement en cette fin d’année 2025, marquant le 10ᵉ anniversaire de l’Accord de Paris, traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques, dont les engagements apparaissent aujourd’hui impossibles à respecter.</strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Le glacier des Bossons depuis Chamonix @Coralie Havas" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture.png 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-768x512.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>« Si certain.e.s sportif.ve.s souhaitent continuer à s&rsquo;engager dans le haut niveau en utilisant leur notoriété pour sensibiliser le grand public, d’autres s’impliquent dans les institutions pour les faire évoluer. De notre côté, <strong>nous avons fait le choix d&rsquo;abandonner le haut niveau</strong> tel qu’il est défini par les instances sportives et politique, pour redéfinir les contours de nos pratiques respectives, <strong>afin de respecter les limites planétaires et de promouvoir d&rsquo;autres manières de pratiquer, plus en accord avec les valeurs et les récits que nous souhaitons incarner</strong>. Dans ce texte, nous expliquons ce choix et pourquoi il nous semble que l’obsession sportive pour la performance nous conduit vers une impasse écologique.</p>



<p>2025 marque le dixième anniversaire de l&rsquo;Accord de Paris. Or, si les engagements pris à cette occasion sont désormais <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/06/19/limiter-le-rechauffement-climatique-a-1-5-c-est-desormais-inatteignable_6614266_3244.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">impossibles à respecter</a>, nous devons d’autant plus opérer des modifications radicales dans nos modes de vie afin de passer sous la barre des deux tonnes d’émissions de CO₂ par personne et par an. </p>



<p>Pour cela, des changements individuels sont nécessaires, mais aussi collectifs, dans le fonctionnement de nos sociétés. Ces changements sont essentiels pour maintenir les conditions d&rsquo;habitabilité sur nos territoires, préserver les activités qui constituent notre <a href="https://ich.unesco.org/fr/RL/l-alpinisme-01471" target="_blank" rel="noreferrer noopener">patrimoine culturel</a>, réduire les <a href="https://www.oxfamfrance.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">inégalités sociales</a> qui ne font que s’accroître au fur et à mesure des crises écologiques, mais aussi préserver le vivant et l’ensemble du <a href="https://reporterre.net/Philippe-Descola-La-nature-ca-n-existe-pas" target="_blank" rel="noreferrer noopener">non-vivant</a>. Sans cet ensemble d’équilibres, les questions de « <em>transition</em> » écologique que se posent nos sociétés aujourd’hui paraîtront bien futiles. Les modélisations scientifiques réalisées et synthétisées dans les <a href="https://climat.be/changements-climatiques/changements-observes/rapports-du-giec" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapports du GIEC</a> ne laissent aucun doute quant à l’ampleur des catastrophes à venir.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><strong>Le sport, dans sa forme dominante, s&rsquo;est historiquement construit en concomitance avec l&rsquo;avènement de la société capitaliste</strong></p></blockquote></figure>



<p>Dans le sport de haut niveau, les transformations sont trop lentes à advenir. Un constat, malheureusement peu surprenant, puisque <strong>le sport, dans sa forme dominante, s&rsquo;est historiquement construit en concomitance avec l&rsquo;avènement de la <a href="https://ventdeboutpodcast.fr/s01e02-plus-vite-plus-haut-plus-fort-avec-yann-borgnet-et-michael-attali/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">société capitaliste</a></strong> pendant la révolution industrielle ; sur des notions de progrès et de modernité, de mise en concurrence et de hiérarchisation. </p>



<p>Il n&rsquo;agit donc pas pour la transition écologique, mais pour la maximisation des profits. <strong>Ses « <em>champions</em> » sont celles et ceux qui n’ont pas d’autres choix que de s’insérer dans ce projet de société et d’en accepter les dissonances avec plus ou moins de confort.</strong> Ses dirigeants, sponsors et personnalités politiques, qui utilisent le sport à des fins politiques ou économiques, ne l&rsquo;envisagent que trop rarement (sinon jamais) comme un moyen d&rsquo;accélérer la transition écologique. <strong>Quant aux rêves que propose le sport de haut niveau à la masse des sportif.ves, ils mettent en avant un consumérisme exacerbé</strong> : nouveau matériel, voyages aux quatre coins du monde et <em>stars système </em>(souvent d’ailleurs bien loin de la réalité vécue par la majorité des athlètes).&nbsp;</p>



<p><strong>Les sportif.ves, qui développent une conscience écologique, et qui souhaitent poursuivre leur carrière dans les règles du système fédéral et du haut niveau, sont pour la plupart obligés d’accepter des dissonances fortes entre leur pratique sportive aux impacts écologiques conséquents et leurs convictions.</strong> La principale marge de manœuvre en leur pouvoir, et dans laquelle ils et elles trouvent un certain réconfort, tient dans l’acquisition d’une puissance médiatique permise par leur activité sportive et leur présence sur les réseaux sociaux. Cela leur permet alors de faire passer des messages écologiques et de souhait de changement de la société à la marge. Des prises de paroles, qui créent un sentiment d’imposture chez beaucoup et un inconfort à poursuivre leur pratique.</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Nous sommes alors arrivés à un tel niveau d’exigence et de performance que nous n’avions plus, ni le temps, ni la liberté d&rsquo;esprit de nous ouvrir à ce qui nous entoure et encore moins de participer largement aux projets de société.</p></blockquote></figure>



<p>Nous aussi, avons vécu cette dissonance au cours de nos carrières respectives dans le milieu du haut niveau. <strong>À nos débuts, nous nous sommes ouverts à des techniques nouvelles, aux autres et à la contemplation. </strong>Au fur et à mesure de nos progressions, nous avons découvert des collectifs, souvent fédéraux, nous amenant vers de plus en plus de connaissances. Ils nous ont permis d&rsquo;accroître notre technicité, notre niveau physique ou notre capacité à collaborer avec les autres. </p>



<p><strong>Puis un jour, pour atteindre le pallier suivant, le fameux « haut niveau », nous avons dû sacrifier quasiment tout ce qu’il y avait dans notre vie et tout ce qui relève de l’ouverture au monde.</strong> Nous sommes alors arrivés à un tel niveau d’exigence et de performance que nous n’avions plus, ni le temps, ni la liberté d&rsquo;esprit de nous ouvrir à ce qui nous entoure et encore moins de participer largement aux projets de société. En effet, combien de sportif.ves s’engagent pour des causes collectives pendant leur carrière ? Combien ont le temps de se consacrer à d’autres choses qu’à leur sport et leurs études ? C’est le prix à payer du haut niveau. </p>



<p>Nous aussi, avons dû faire fi des contraintes environnementales, faute de quoi, nous nous retrouvions dépassés par des avancées technologiques ou d’entraînement qui ne nous permettaient plus de rester « <em>compétitif.ve</em> ». <strong>Il fallait accepter de polluer, toujours plus, pour aller s’entraîner et concourir aux quatre coins du monde mais aussi, faire taire notre esprit critique qui nous chuchotait que quelque chose n’allait pas dans ce fonctionnement.</strong>&nbsp;</p>



<p>Pour beaucoup d’entre nous, le sport a été un terrain de construction personnel. Nous avons appris à connaître nos corps, à apprivoiser nos émotions, à comprendre un geste technique ou des démarches de progression. Nous avons vécu des moments extraordinaires. Mais aujourd’hui, les changements environnementaux que nous vivons, &#8211; pour certains dans nos activités sportives, pour tous dans nos vies &#8211; nous invitent à changer de cap et à apprendre le sens de la mesure. Une mesure, qui consiste à <strong>prendre la liberté d’aller moins loin dans l’excellence de nos activités, et de renoncer à la quête de la performance à tout prix, afin de nous aligner plus largement avec les enjeux écologiques actuels</strong>. </p>



<p>C’est la condition <em>sine qua non</em> de notre bien-être mental et sans doute l’une des seules voies possibles pour continuer à pratiquer ces activités sportives que nous chérissons, et pour pouvoir les léguer aux générations futures. Du moins, tant que les institutions sportives ne prendront pas suffisamment leurs responsabilités face à l’ampleur des enjeux. C&rsquo;est aussi notre manière de repenser la façon dont nous vivons nos sports, sans nous soustraire aux efforts collectifs qui doivent être menés pour bâtir cette société solidaire que nous appelons de nos vœux.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Cela nous a amené bien souvent à développer de nouvelles façons de pratiquer nos disciplines, sans les appauvrir, mais pour les enrichir. Pour renouer avec la notion du « jeu », au cœur même de l’idée du sport, pour nous ouvrir davantage au vivant qui nous entoure, qu&rsquo;il soit humain ou non humain…&nbsp;</p></blockquote></figure>



<p>Alors oui, nous avons fait des choix. Certain.es ont redéfini leur vision de la performance, d’autres redessinent les contours de leurs activités, ou encore abandonnent le « haut niveau ». <strong>Ce sont des décisions qui ne sont pas prises à la légère. Qui n’ont pas eu les mêmes conséquences pour toutes et tous, compte tenu de nos origines sociales. </strong>Des choix qui nous ont amenés à nous questionner sur ce que nous voulions apporter à ce secteur qui nous a tant donné. Que raconter ? Comment le raconter ? Comment faire pour continuer d’être écoutés ? Cela nous a amené bien souvent à nous former et à développer de nouvelles compétences, pédagogiques, vidéographiques, intellectuelles… Mais aussi et surtout, à développer de nouvelles façons de pratiquer nos disciplines, sans les appauvrir, mais pour les enrichir. Pour renouer avec la notion du « jeu », au cœur même de l’idée du sport, pour nous ouvrir davantage au vivant qui nous entoure, qu&rsquo;il soit humain ou non humain…&nbsp;</p>



<p>Nous sommes <a href="https://coveringclimatenow.org/projects/the-89-percent-project/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">89% dans le monde</a> à vouloir davantage d’actions pour le climat. Combien sommes-nous dans le sport ?</p>



<p>Cette composition d’un monde commun nous pousse à réfléchir sur ce que nous &#8211; sportif.ves et représentant·es de ce milieu &#8211; voulons apporter à la société. <strong>Quel sport voulons-nous incarner, promouvoir, faire exister ?</strong> Par cette lettre nous affirmons notre engagement. Celui de continuer dans les années à venir, à proposer des réflexions sur la part du sport dans la transformation des sociétés. Celui d’expérimenter des pratiques sportives plus mesurées et qui ne font pas de la performance sportive l’alpha et l’omega de nos décisions. Celui de porter des discours antifascistes, d’inclusion et de respect dans un monde qui peu à peu semble se déliter sous nos pieds. Celui d’être heureux dans le changement des valeurs de nos activités.&nbsp;</p>



<p><strong>Nous espérons être nombreux.ses à aller dans cette direction d’un monde sportif pluriel, au service d’une société solidaire, mesurée, alignée avec les enjeux écologiques et sociaux, et respectueuse du vivant et du non vivant.</strong>« </p>



<p><em>Signé par : Clothilde Sauvages, Xavier Cailhol, Thomas Michaud, Lili Sebesi, Mathieu Navillod, Xavier Thévenard, Flora Artzner</em></p>
</div></div>
<p>The post <a href="https://encordees.fr/tribune-lultra-performance-dans-le-sport-peut-elle-servir-la-transition-ecologique/">Tribune : l’ultra performance dans le sport peut-elle servir la transition écologique ?</a> appeared first on <a href="https://encordees.fr">encordées</a>.</p>
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		<title>Coline Béal, réalisatrice de « La Cordée de l’Après » : « J’ai compris qu’affronter la maladie, c’était comme gravir un sommet »</title>
		<link>https://encordees.fr/coline-beal-realisatrice-de-la-cordee-de-lapres-jai-compris-quaffronter-la-maladie-cetait-comme-gravir-un-sommet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Dec 2025 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
		<category><![CDATA[cancer]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Une pour toutes, toutes pour une, je connaissais bien cet adage, mais je ne l’avais jamais incarné », annonce avec émotion l’une des protagonistes de « La Cordée de l’Après », un film retraçant l’ascension du mont Blanc par huit femmes, âgées de 36 à 60 ans, en rémission d’un cancer, réalisé par Coline Béal, revenue pour encordées sur ce projet, sorti cet automne, et qui s’est très vite imposé à elle comme « une évidence ».</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Coline Béal, réalisatrice de « La Cordée de l’Après » : « J’ai compris qu’affronter la maladie, c’était comme gravir un sommet »</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1552e359 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-12-24T17:00:00+01:00">24 Déc 2025</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">6 minutes</div>


<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>« <em>Une pour toutes, toutes pour une, je connaissais bien cet adage, mais je ne l’avais jamais incarné</em> », annonce avec émotion l’une des protagonistes de <strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>«</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong> <strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><em>La Cordée de l’Après</em> <strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>»</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong>, un film retraçant l’ascension du mont Blanc par huit femmes, âgées de 36 à 60 ans, en rémission d’un cancer, réalisé par Coline Béal, revenue pour <em>encordées</em> sur ce projet, sorti cet automne, et qui s’est très vite imposé à elle comme « <em>une évidence</em> ».</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="&quot;La cordée de l&#039;après&quot; @ Coline Béal" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1-600x400.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>«<strong><em> On ne maîtrise pas ce qui nous arrive dans la vie ; pourtant, on a le choix de décider ce que l’on en fait</em></strong> », lance l’une des huit femmes de&nbsp;<em>« <em>La Cordée de l’Après</em> »</em>. Le ton est donné : dans ce film, l’ascension du mont Blanc, sommet maintes fois foulé, va prendre une tout autre tournure.</p>



<center><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/gGI_Icj-Ekw?si=9-x4oxY1gUvc6edy" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></center>



<p>C’est d’ailleurs ce qui a motivé Coline Béal, réalisatrice passionnée de montagne, à s’engager dans ce projet. « <em>Julien Viroulaud</em> [guide de haute montagne à l’origine du projet aux côtés d’Isabelle Deschamps, l’une des huit femmes en rémission d’un cancer en route pour le sommet du mont Blanc, ndlr] <em>est venu me chercher. J’ai adoré l’idée d’aller tourner en montagne, parce que ce genre d’occasion ne se présente pas souvent </em>», raconte-t-elle. « <em>Mais <strong>je n’avais pas envie de faire un film uniquement sur l’ascension : rencontrer des gens qui grimpent une montagne sans trop de sens, ça ne me parlait pas vraiment. </strong>Ce qui m’intéressait, c’était de parler de la maladie. Il y avait un beau parallèle à faire. Car très vite, en côtoyant ces femmes, j’ai compris qu’affronter la maladie, c’était comme gravir un sommet. »</em></p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>«<em> L’ascension, on l’a toutes faite. Pas forcément le sommet.</em> »</p><cite>L’une des protagonistes de « <em>La Cordée de l’Après</em> »</cite></blockquote></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1.webp" alt="En route pour le mont Blanc @ Coline Béal" class="wp-image-3204" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">En route pour le mont Blanc @ Coline Béal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-b51def74"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Le pouvoir de la montagne au pluriel</strong></strong></h2></div>



<p>Cette obsession du sens, Coline Béal la doit sans doute à son parcours dans le monde du cinéma. Comédienne pendant dix ans, elle est ensuite devenue réalisatrice de fiction. Un déménagement en Bretagne l’a conduite à se tourner vers le monde du documentaire.</p>



<p>« <em>L’une des huit femmes suivies pour le film ne connaissait pas la montagne</em> », raconte Coline Béal. « <em>C’est pourquoi, lors de notre premier week-end de préparation pour ce projet, on a fait un tout petit sommet dans les Pyrénées. Quand les filles sont arrivées en haut, leur regard émerveillé était beau à voir ; elles ont appelé toute leur famille par la suite. <strong>J’ai compris à ce moment-là que la montagne, l’océan et la nature en général pouvaient apporter énormément de choses.</strong> Ce projet m’a permis de découvrir une autre manière de vivre la montagne, plus tournée vers le partage que vers l’intérêt personnel. </em>»</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>«<em> C’était raide. Et là, je me suis dit : “</em>Eh ben, tu peux faire encore plein de belles choses.<em>”</em> »</p><cite>L’une des protagonistes de « <em>La Cordée de l’Après</em> »</cite></blockquote></figure>



<p>À la suite de ce premier week-end, les filles s’entraînent, prennent goût à la marche et commencent l’escalade. «<em> Tout ça, c’est resté en elles</em> », poursuit la réalisatrice. « <em><strong>Elles ont pris énormément de confiance. Grâce à la montagne.</strong></em> <em>[…] Cette tranche de vie partagée ensemble nous a unies. Il est certain qu’elle restera à vie pour elles, comme pour moi. </em>»</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-06d749d7"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Faire sa place dans la cordée, une caméra au poing</strong></strong></h2></div>



<p>La première fois que Coline Béal a rencontré ces huit femmes, c’était en voiture. « <em>On avait huit heures de trajet pour aller dans les Pyrénées. Je croyais qu’elles se connaissaient très bien toutes, alors que ce n’était absolument pas le cas. Ça a assez vite été une évidence. </em>»</p>



<p>Pas question, pour autant, de dégainer sa caméra : « <em><strong>Je pense que j’ai loupé plein de moments, c’est vrai. Mais c’est le jeu du documentaire : prendre le temps de créer du lien pour parvenir, avec le temps, à faire oublier aux personnes qu’elles sont filmées.</strong></em> <em>Si j’avais sorti ma caméra dès notre rencontre, elles n’auraient pas vécu cet instant de la même façon, c’est certain. Elles se seraient peut-être fermées — il y a toujours un temps d’adaptation aussi. </em>»</p>



<p>Un temps indispensable, lui ayant permis de créer une confiance mutuelle avec les huit femmes. « <em>Parce que oui, j’ai filmé l’ascension, mais aussi des moments plus difficiles, notamment lorsqu’Isabelle allait passer des examens compliqués… Ça n’a pas été des moments faciles.</em> » note la réalisatrice. </p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1.webp" alt="En route pour le mont Blanc @ Coline Béal" class="wp-image-3208" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">En route pour le mont Blanc @ Coline Béal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-cc038db2"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>L’après-cancer, entre vulnérabilité et renaissance</strong></h2></div>



<p>«<em> Le terme de rémission est assez complexe </em>», souligne Coline Béal. «<em> Quand les filles disent qu’elles sont en rémission, elles ne sont pas guéries. Ce qui veut dire que leur cancer peut revenir. C’est juste qu’à ce moment-là, la maladie ne progresse pas. <strong>Elles vivent donc avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. </strong>Et si elles sont très suivies quand elles sont malades, c’est nettement moins le cas en rémission. D’autant qu’elles ne s’autorisent pas forcément à dire “je ne vais pas bien”, parce que, justement, la maladie leur laisse un peu de répit. </em>»</p>



<p>Une période que la plupart des huit femmes mises en lumière dans « <em><em>La Cordée de l’Après</em> </em>», comme de nombreuses personnes en rémission d’un cancer, n’ont pas bien vécue. C’est pourquoi Isabelle Deschamps [<em>qui a eu un cinquième cancer lors du tournage du film, ndlr</em>] a créé une association, « Les PrinSEINSes ». « <em>Elle voulait montrer aux malades qu’après, il y a de la vie, et même une vie encore plus forte</em> », raconte Coline Béal. « <em>Les filles sont sorties de cette maladie beaucoup plus fortes, avec davantage de confiance. Elles ont encore plus envie de vivre. Elles pleurent, elles rient. <strong>Elles sont deux fois plus vivantes que tout le monde. C’est leur élan vital que j’ai eu envie de montrer dans le film.</strong></em> »</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>« <em>On va se surpasser pour celles qui ne vont pas le faire. Peur, pas peur, on s’en fout. Là, tu ne le fais plus pour toi. Juste pour elles : tu vas te dépasser, tu vas aller jusqu’au bout. </em>»</p><cite>L’une des protagonistes de « <em>La Cordée de l’Après</em> »</cite></blockquote></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1.webp" alt="&quot;La cordée de l'après&quot; @ Coline Béal" class="wp-image-3205" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">« La cordée de l&rsquo;après » @ Coline Béal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-a2d6d38e"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Au sommet, ensemble</strong></h2></div>



<p>Rien ne s’est passé comme prévu lors du tournage, puisque les filles ont appris, une semaine avant leur ascension du mont Blanc, la rechute d’Isabelle, leur compagne de cordée à l’origine du projet. Une annonce qui a d’abord démotivé la plupart des protagonistes… « <em>S’en est suivie une transmission de flambeau. L’idée : aller le plus loin possible</em> », détaille la réalisatrice. « <em>Celles qui étaient contraintes de renoncer donnaient de la force aux autres, et celles qui continuaient mettaient toute leur énergie pour elles. C’était si beau à voir.</em> »</p>



<p>« <em>C’est un immense message d’espoir adressé à celles et ceux qui se battent, qui luttent et qui trébuchent […], parce que le combat vaut toujours la peine d’être livré</em> », conclut leur guide, Julien Viroulaud, dans le film.</p>
</div></div>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Une grande famille</title>
		<link>https://encordees.fr/une-grande-famille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 16:39:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[escalade]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Grimpeuses, c’est une « safe place ». Une association qui, depuis sept ans, fait la part belle à la sororité. Une respiration, façon « colonie de vacances », où l’escalade devient le prétexte idéal pour se retrouver, refaire le monde, s’épanouir et simplement se faire du bien. J’étais à Paris lors de leur dernier événement. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Une grande famille</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-bb4d6915 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-0f7acdfb"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c626f31c"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-10-09T17:39:03+01:00">9 Oct 2025</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">5 minutes</div>


<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong>Grimpeuses, c’est une « safe place ». Une association qui, depuis sept ans, fait la part belle à la sororité. Une respiration, façon « colonie de vacances », où l’escalade devient le prétexte idéal pour se retrouver, refaire le monde, s’épanouir et simplement se faire du bien. J’étais à Paris lors de leur dernier événement. Voici le récit de ce week-end, en toute subjectivité.</strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-2-2048x1365-1.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-2-2048x1365-1.png 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-2-2048x1365-1-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-2-2048x1365-1-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-2-2048x1365-1-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-2-2048x1365-1-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/encordees-image-de-couverture-2-2048x1365-1-1536x1024.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>5h00. Le réveil sonne.</p>



<p>Je tourne la page de mon éphéméride :<br>« Vendredi 3 octobre.<br>Avec qui aimeriez-vous partir sur un coup de tête ? »</p>



<p>La question me fait sourire. J’y vois un signe : je suis sur le bon chemin.</p>



<p>Ça y est, j’y vais, à Grimpeuses.</p>



<p>Une décision prise hier, sur un coup de tête, lorsque j’ai compris que ma naissante tristesse n’était pas qu’une histoire de SPM : je voulais être de la partie, celle écrite par mes amies à Paris ce week-end.</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-a61ab9ab wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/3-1024x576-1.png" alt="" class="uag-image-2814" width="1024" height="576" title="3-1024x576" loading="lazy" role="img" /><figcaption class="uagb-image-caption">Salomé &amp; Clémence, deux bénévoles Grimpeuses<br>@ Coralie Havas</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-aeeb4471"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Créer quelque chose ensemble, ce n’est pas rien</strong></h2></div>



<p>Grimpeuses a été ma « safe place ». Un environnement bienveillant dans lequel je me suis épanouie en tant que personne.</p>



<p>Ces années de bénévolat m’ont énormément appris. C’est pourquoi je serai toujours profondément reconnaissante envers cette association, que j’ai vue grandir aux côtés de Caroline Ciavaldini, sa fondatrice, pour tout le bagage de confiance qu’elle m’a apporté.</p>



<p>Mais mon aventure Grimpeuses, c’est avant tout des émotions partagées. Avec les autres bénévoles, bien sûr, mais aussi avec les participantes, les coachs et tous les locaux. Elle est là, l’âme de Grimpeuses.</p>



<p>C’est ce que je retiens de ces six années d’engagement.</p>



<p>La page « bénévolat » n’a pas été facile à tourner. Les visios avec les autres membres de l’asso ont cessé de rythmer mes soirées. Il en va de même pour les dizaines de messages WhatsApp quotidiens. Sans parler de cette émulation permanente. Car créer quelque chose ensemble, ce n’est pas rien, croyez-moi.</p>



<p>Mais « passer à autre chose » était nécessaire. Un choix, le mien, parfois difficile à assumer – surtout à l’approche des événements.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-6d76914a"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Ensemble, c’est tout</strong></h2></div>



<p>6h06. Le train démarre. Je suis heureuse.</p>



<p>Heureuse à l’idée du week-end qui s’annonce. Le programme est simple : je vais passer du temps avec mes amies. Elles seront nombreuses à se retrouver autour de cette association – qui restera à jamais dans mon cœur. Aucun doute : ma place est à leurs côtés.</p>



<p>Alors voilà, je suis en route pour Paris avec ma fidèle acolyte, Caro. Huit heures de transport, trois trains, un bus, la France à traverser… et un monde à refaire, ensemble. Une formalité.</p>



<p>L’avantage du coup de tête, c’est qu’il laisse place à la spontanéité. C’est ainsi que j’ai choisi de vivre Grimpeuses cette fois-ci : en me laissant porter.</p>



<p>J’avais pourtant le choix entre plusieurs casquettes : journaliste indépendante, fondatrice d’encordées, photographe, participante, bénévole ou amie. En adopter une seule aurait été bien réducteur. Alors j’ai choisi de passer le week-end en mode hybride, électron libre.</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-a998f7ba wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/1-1024x576-1.png" alt="" class="uag-image-2815" width="1024" height="576" title="1-1024x576" loading="lazy" role="img" /><figcaption class="uagb-image-caption">Alice, coache à Grimpeuses, et une participante<br>@Sonia Charapoff</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-23485719"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>De la sororité</strong></h2></div>



<p>« Elles sont où, ces femmes, dans la vraie vie ? »</p>



<p>La question, posée par Victoire – une participante devenue amie -, m’avait fait sourire. Parce que je me l’étais posée, moi aussi, le 15 septembre 2018, à l’issue de la première journée Grimpeuses.</p>



<p>Elle revient aujourd’hui dans mon esprit, sept ans plus tard, alors que je refais le monde avec une participante au pied d’un bloc. Nombreuses sont mes plus belles amitiés à avoir commencé ainsi.</p>



<p>Il y a vraiment quelque chose de spécial à Grimpeuses, depuis le début. J’ai longtemps été incapable de mettre des mots dessus.</p>



<p>Aujourd’hui, je parlerais de sororité : « une relation horizontale, sans hiérarchie ni droit d’aînesse, un rapport de femme à femme », selon l’autrice Chloé Delaume. En résumé, à Grimpeuses, nous avons toutes à apprendre les unes des autres. Ça, on n’en a jamais ouvertement parlé, mais on l’a toutes intériorisé.</p>



<p>Cette réflexion m’est venue lors de la deuxième journée de l’événement parisien, dans la forêt de Fontainebleau, quand les rayons du soleil traversaient les arbres pour venir éclairer les visages heureux des participantes évoluant sur les blocs de grès.</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-cb104472 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/2-1-768x1024-1.png" alt="" class="uag-image-2816" width="768" height="1024" title="2-1-768x1024" loading="lazy" role="img" /><figcaption class="uagb-image-caption">Une participante sur les blocs de Fontainebleau<br>@Louise Dallons-Thanneur</figcaption></figure></div>



<p>L’ambiance m’a ramenée à 2018, lors du premier événement qui s’était déroulé sur les blocs de La Capelle. Une nostalgie heureuse, une conclusion identique : Grimpeuses me fait du bien, me recentre.</p>



<p>Et je ne suis pas la seule.</p>



<p>Éline Le Menestrel, coach à Paris cette année, me l’avait dit la veille : « Merci, j’avais besoin de ça. »</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-f40f30b7 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/11/2-1024x576-1.png" alt="" class="uag-image-2817" width="1024" height="576" title="2-1024x576" loading="lazy" role="img" /><figcaption class="uagb-image-caption">Eline Le Menestrel en plein coaching à Grimpeuses<br>@Coralie Havas</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-3562de0d"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>« Safe place »</strong></h2></div>



<p>On s’est souvent moqué de mon implication à Grimpeuses, par le passé. « Tu devrais travailler à te construire un avenir plutôt qu’à organiser bénévolement des réunions Tupperware », m’a-t-on répété.</p>



<p>Une remarque sexiste, visant à rabaisser un événement créé par des femmes et pour des femmes, à quelque chose de trivial, domestique et sans importance.</p>



<p>Certes, Grimpeuses ne changera pas le monde. Mais il est indéniable que cette association a réussi, le temps d’un week-end, à créer un environnement propice à l’épanouissement de soi, en toute bienveillance, pour une soixantaine de personnes. Et ça fait du bien de savoir que de telles « safe places » existent encore dans un monde de plus en plus divisé.</p>



<p>Merci Grimpeuses pour ces tranches de vie – et de rires aussi.<br>Merci Grimpeuses pour les rencontres avec « tata Sonia », « maman Bao », Victoire, Louise, Alix, Salomé, Sarah…<br>Merci, Grimpeuses, de m’avoir aidée à grandir.</p>



<p>Au revoir.<br>À bientôt.</p>
</div></div>



<p></p>
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		<title>Enquête : la rémunération des athlètes féminines</title>
		<link>https://encordees.fr/enquete-la-remuneration-des-athletes-feminines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 16:44:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[compétition]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aucune&#160;femme n’apparaît dans le top 100 des athlètes les mieux rémunérés. Une phrase qui résonne comme une réalité frappante dans le monde du sport professionnel. Car malgré des évolutions notables sur le plan des mentalités et des politiques sportives, l’écart économique entre les athlètes masculins et féminins reste encore abyssal. Les raisons de cette inégalité [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Enquête : la rémunération des athlètes féminines</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-04-30T17:44:38+01:00">30 Avr 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">8 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong>Aucune&nbsp;femme n’apparaît dans le top 100 des athlètes les mieux rémunérés. Une phrase qui résonne comme une réalité frappante dans le monde du sport professionnel. Car malgré des évolutions notables sur le plan des mentalités et des politiques sportives, l’écart économique entre les athlètes masculins et féminins reste encore abyssal. Les raisons de cette inégalité sont multiples, allant des stéréotypes de genre profondément ancrés à la faible visibilité du sport féminin. Alors que des figures comme Serena Williams ou Naomi Osaka ont marqué l’histoire, le monde du sport professionnel continue de faire face à un plafond de verre pour ses athlètes féminines.&nbsp;Tant en termes de rémunération que de reconnaissance.</strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1347-2048x1365-1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1347-2048x1365-1.jpg 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1347-2048x1365-1-600x400.jpg 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1347-2048x1365-1-300x200.jpg 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1347-2048x1365-1-1024x683.jpg 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1347-2048x1365-1-768x512.jpg 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1347-2048x1365-1-1536x1024.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>À temps de travail équivalent, le salaire moyen des femmes reste inférieur de 14,2 % à celui des hommes.</em></p>



<p><em>Les femmes occupent 42 % des postes salariés du secteur privé en équivalent temps plein, mais ne représentent que 24 % du top 1 % des emplois les mieux rémunérés.</em></p>



<p><em>À poste et établissement identiques, l’écart de salaire net en équivalent temps plein se réduit toutefois à 3,8 %.</em></p>



<p>(Source : INSEE)</p>



<p>Le monde du sport n’échappe pas à ce phénomène, qu’il s’agisse des salaires ou des primes. À titre d’exemple, l’équipe féminine de football des États-Unis, qui génère pourtant davantage de revenus que son homologue masculine, a déposé une plainte pour discrimination salariale contre la fédération américaine (U.S. Soccer) en 2016, affirmant percevoir 75 % de moins que les hommes.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-f568cc19"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Aucune femme dans le top 100 des athlètes les mieux payés en 2024</strong></h2></div>



<p>Depuis 1990, le magazine économique américain Forbes publie chaque année un classement des athlètes les mieux rémunérés. À ses débuts, la liste ne comptait que trente noms, et certaines femmes parvenaient à y figurer, notamment les grandes tenniswomen de l’époque comme Steffi Graf, Gabriela Sabatini, Monica Seles ou encore Jennifer Capriati.</p>



<p>« Les premiers classements faisaient la part belle aux sports individuels, avec seulement onze athlètes de sports collectifs en 1990 et neuf en 1991 »,&nbsp;précise le magazine sur son site. En 2018, la tendance s’est inversée : « Les sportifs issus des disciplines collectives représentaient 82 % du classement. Les salaires dans ces sports ont explosé ces 25 dernières années, les médias dépensant des milliards de dollars pour acquérir les droits de diffusion en direct. Le plus haut salaire de la NBA en 1990 était de 3,75 millions de dollars pour Patrick Ewing. En 2018, Stephen Curry a empoché 34,7 millions de dollars avec les Golden State Warriors. »</p>



<p>L’année 2018 marque un tournant : pour la première fois, aucune femme ne figure dans le classement des athlètes les mieux&nbsp;payés.&nbsp;Devenu un top 50 en 2010, puis un top 100 en 2012, le classement Forbes reflète de plus en plus l’écart croissant entre les genres.</p>



<p>« L’absence de femmes dans ce classement s’explique par plusieurs facteurs », poursuit le magazine. « La tenniswoman chinoise Li Na a pris sa retraite&nbsp;en&nbsp;2014,&nbsp;Maria&nbsp;Sharapova,&nbsp;classée&nbsp;onze&nbsp;années&nbsp;consécutives, subit encore les conséquences de sa suspension de 15 mois pour dopage, et Serena Williams n’a participé à aucun tournoi WTA depuis janvier 2017, date à laquelle elle a annoncé sa grossesse. Son total de gains s’est donc limité à 62 000 dollars cette année-là, contre 8 millions l’année précédente. »</p>



<p>Et en 2024, la tendance persiste : aucune athlète féminine ne figure dans le top 100. Avec des revenus estimés à 34,4 millions de dollars, la jeune star du tennis Coco Gauff, 20 ans, réalise toutefois l’une des meilleures performances financières pour une sportive. Elle reste néanmoins loin derrière ses consœurs Naomi Osaka et Serena Williams, qui avaient atteint respectivement 57,3 millions et 45,9 millions de dollars en 2022, la classant cette année à la 125e place.</p>



<p>Pour la première fois dans l’histoire des données de Forbes, chacun des dix athlètes les mieux payés en 2024 a gagné plus de 100 millions de dollars, dépassant ainsi le précédent sommet de huit athlètes en 2023. Du côté des femmes, les 20 athlètes les mieux rémunérées ont cumulé plus de 258 millions de dollars en 2024, marquant une augmentation de 15 % par rapport aux 226 millions de dollars enregistrés en 2023.</p>



<p>Cependant, le total combiné des revenus des sportives représente moins de 12 % des revenus des 20 sportifs les mieux payés au monde, qui ont généré un montant estimé à 2,23 milliards de dollars en 2024.</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-61cff509 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1152-1024x682-1.jpg" alt="" class="uag-image-2900" width="1024" height="682" title="IMG_1152-1024x682" loading="lazy" role="img" /><figcaption class="uagb-image-caption">Une supportrice sur l’UTMB 2024 (@Coralie Havas)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-a2c315e6"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Le sport féminin continue toutefois d’être perçu comme moins « rentable »</strong></h2></div>



<p>De&nbsp;tels&nbsp;écarts renforcent&nbsp;le&nbsp;préjugé selon lequel « les hommes sont de meilleurs athlètes que les femmes » et qu’ils sont plus légitimement présents dans le sport. Cependant, la réalité est bien plus complexe. Prenons l’exemple de deux phénomènes du basketball, des joueurs d’exception qui n’émergent qu’une fois par génération : l’Américaine Caitlin Clark, sélectionnée par le Fever de l’Indiana, membre de la WNBA pour la saison à venir, et le Français Victor Wembanyama, choisi par les Spurs de San Antonio lors de la saison précédente en NBA.</p>



<p>« Leur talent transcende les limites du terrain ; leur attrait auprès du public et leur charisme personnel sont tout aussi impressionnants », note Forbes. « Il n’y a jamais eu de doute sur leur statut de premier choix, leur suprématie sur le terrain étant incontestable. » Pourtant, Caitlin Clark se heurte à des plafonds salariaux bien inférieurs à ceux de la NBA. « Cette disparité salariale est souvent attribuée à des facteurs comme l’audience, les revenus publicitaires et la popularité générale du sport féminin par rapport à celui des hommes. Toutefois, de nombreux défenseurs de l’égalité des sexes dans le sport affirment que ces différences sont injustifiées et appellent à des réformes pour garantir un salaire égal pour un travail égal, quel que soit le genre », poursuit Forbes.</p>



<p>Quand on examine de plus près, on constate que Victor Wembanyama a signé un contrat de quatre ans d’une valeur de 55 millions de dollars. De son côté, Caitlin Clark a reçu 338 056 dollars. Pas par an, mais pour ses quatre premières années au sein de la WNBA.</p>



<p>Il existe cependant des raisons d’espérer. Depuis 2007, Roland-Garros a instauré l’égalité des primes entre hommes et femmes. Cette politique est désormais appliquée dans de nombreux sports, tels que le biathlon, le surf ou encore les CrossFit Games. Actuellement, 35 fédérations suivent ce modèle et distribuent des dotations égales pour les hommes et les femmes.</p>



<p>Le sport féminin continue cependant d’être perçu comme moins « rentable », moins médiatisé, moins sponsorisé, moins suivi et donc moins rémunéré. Une boucle infernale, alimentée par des stéréotypes et une vision archaïque du sport. Cette inégalité trouve ses racines dans l’histoire. Pendant longtemps, certaines disciplines sportives ont été fermées aux femmes ou leur développement a été limité, ce qui a laissé des traces durables sur les structures et les investissements dans le sport féminin.</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-2db76600 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_1336-1024x683-1.jpg" alt="" class="uag-image-2901" width="1024" height="683" title="IMG_1336-1024x683" loading="lazy" role="img" /><figcaption class="uagb-image-caption">Katie Schide sur l’UTMB 2024 (@Coralie Havas)</figcaption></figure></div>



<p><strong>Aujourd’hui encore, 40 % des filles abandonnent le sport au début de l’adolescence, soit deux fois plus que les garçons.</strong>&nbsp;Les raisons sont multiples : un manque de confiance en soi (environ 6 filles sur 10 estiment ne pas avoir les compétences nécessaires pour continuer), des stéréotypes de genre (avec des idées reçues sur les « sports pour filles » ou les jugements sur les corps dits « trop musclés »), l’absence de modèles féminins (moins de 30 % des coachs et entraîneurs sont des femmes), ainsi que la pression des études et des obligations sociales. À l’âge de 17 ans, 51 % des filles déclarent être trop occupées par leurs études et leur vie sociale pour continuer à pratiquer une activité sportive.</p>



<p>De plus, les sports pratiqués par les femmes, moins médiatisés, génèrent moins d’opportunités de sponsoring, ce qui, selon les fédérations et sponsors, justifie les écarts de rémunération. Le manque de visibilité du sport féminin dans les médias&nbsp;empêche les marques de proposer des contrats de sponsoring aussi lucratifs que ceux offerts aux stars masculines telles que LeBron James, Cristiano Ronaldo ou Tom Brady (football américain). Même les sportives évoluant dans des disciplines dominées par les hommes, comme Ronda Rousey en MMA, ont peu de chances d’apparaître un jour dans les classements des athlètes les mieux rémunérés.</p>



<p>Ces disparités financières forment un véritable cercle vicieux qui freine la progression&nbsp;des sportives. Faute de rémunération suffisante, elles doivent jongler entre l’entraînement et un emploi classique. Or, une athlète qui s’entraîne moins voit ses performances stagner, ce qui conduit à une moindre visibilité médiatique et donc à des opportunités de sponsoring limitées, impactant ainsi sa rémunération.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-9f0a12fb"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Et les sports outdoor dans tout ça ?</strong></h2></div>



<p>Dans des disciplines comme l’escalade, l’alpinisme ou le trail, les chiffres restent flous. En d’autres termes, il est difficile de savoir exactement combien gagnent les athlètes. La plupart des compétitions proposent une rémunération égale, et bon nombre d’entre elles se déroulent en même temps que celles des hommes (en trail, par exemple) ou presque (sur la même journée ou le même week-end). Mais qu’en est-il&nbsp;des contrats de sponsoring ? Et des possibles disparités salariales entre hommes et femmes ? Le sujet reste largement ignoré. Alors, nous avons décidé de le soulever chez&nbsp;<em>encordées</em>.&nbsp;Affaire à suivre.</p>
</div></div>
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