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	<title>Alpes &#8226; encordées</title>
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	<description>Là où mes montagnes nous mènent</description>
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	<title>Alpes &#8226; encordées</title>
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		<title>Quand Miriam O&#8217;Brien parlait « d&#8217;alpinisme sans hommes » en 1934&#8230; à National Geographic</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 15:19:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un monde où l'alpinisme était réservé aux hommes, Miriam O'Brien a fait partie de celles qui ont redéfini les règles du jeu. En gravissant seule des sommets mythiques comme le Grépon et le Cervin, sans guide et sans l'ombre d'un homme, l'alpiniste américaine a fait tomber des barrières autant sociales que sportives. À travers son essai emblématique et ses ascensions audacieuses, elle a prouvé que les femmes étaient non seulement capables d'atteindre les sommets, mais aussi d'inventer une nouvelle forme d'aventure. Une voie que des générations d'athlètes continuent d'emprunter aujourd'hui.</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Quand Miriam O&rsquo;Brien parlait « d&rsquo;alpinisme sans hommes » en 1934&#8230; à National Geographic</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-04-22T16:19:55+01:00">22 Avr 2026</time></div></div>
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<p class="has-text-align-center">Dans un monde où l&rsquo;alpinisme était réservé aux hommes, Miriam O&rsquo;Brien a fait partie de celles qui ont redéfini les règles du jeu. En gravissant seule des sommets mythiques comme le Grépon et le Cervin, sans guide et sans l&rsquo;ombre d&rsquo;un homme, l&rsquo;alpiniste américaine a fait tomber des barrières autant sociales que sportives. À travers son essai emblématique et ses ascensions audacieuses, elle a prouvé que les femmes étaient non seulement capables d&rsquo;atteindre les sommets, mais aussi d&rsquo;inventer une nouvelle forme d&rsquo;aventure. <br>Une voie que des générations d&rsquo;athlètes continuent d&#8217;emprunter aujourd&rsquo;hui.</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Miriam O&#039;Brien @archives Miriam O&#039;Brien" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1-600x400.webp 600w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



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<p><em>« L&rsquo;escalade des grands sommets rocheux et glaciaires des Alpes est un sport qui gagne en intensité, en plaisir et en intérêt lorsqu&rsquo;on le pratique en solitaire. Pourtant, ce n&rsquo;est que récemment que l&rsquo;on a commencé a considérer cette pratique comme convenable — même pour les hommes. Quant aux femmes, il reste encore rare de les voir gravir les montagnes non seulement sans guide, mais aussi sans la compagnie d&rsquo;un homme.</em></p>



<p><em>À quelques exceptions près, les femmes n&rsquo;ont presque jamais gravi seules des sommets. Or, l&rsquo;essence de l&rsquo;ascension sans guide réside dans le fait d&rsquo;assumer soi-même l&rsquo;entière responsabilité de la réussite de l&rsquo;entreprise. C&rsquo;est une expérience à la fois exigeante et exaltante, et je ne voyais aucune raison pour laquelle ce plaisir devrait nous être refusé. Pourtant, certains de mes amis alpinistes français ont tenté, avec une grande patience, de m&rsquo;expliquer pourquoi il était, selon eux, théoriquement impossible pour une femme de conduire une ascension seule — sans la présence, au minimum, d&rsquo;un &lsquo;soutien moral&rsquo; masculin. »</em></p>



<p>Ces mots, Miriam O&rsquo;Brien les a écrits en août, dans son essai <em>Manless Alpine Climbing : The First Woman to Scale the Grépon, the Matterhorn and Other Famous Peaks Without Masculine Support</em> (<em>L&rsquo;alpinisme sans homme : la première femme à gravir le Grépon, le Cervin et d&rsquo;aurres sommets célébres sans le soutien d&rsquo;un homme</em>). Un texte publié dans National Geographic durant lequel elle développe longuement le concept de <em>manless climbing</em>, l&rsquo;alpinisme sans homme, en détaillant ses différentes ascensions exclusivement feminines dans les Alpes, ainsi que les réactions qu&rsquo;elles suscitent. L&rsquo;article révèle la principale controverse qui remonte à 1929, lorsque Miriam réussit, avec son amie Alice Damesme, l&rsquo;ascension d&rsquo;une des montagnes emblématiques de Chamonix : l&rsquo;Aiguille du Grépon (3 482 mètres).</p>



<p>« <em>Bien que plus exigeant que tout ce qui avait jusque-là été tenté par des femmes seules, mais sans égaler certaines ascensions récentes, le Grépon a longtemps été considéré comme l&rsquo;une des escalades rocheuses les plus ardues des Alpes — au point que certains guides agréés de Chamonix eux-mêmes hésitaient à s&rsquo;y engager. Il fallait s&rsquo;y confronter. </em>»</p>



<p>Mummery, célèbre alpiniste anglais qui fut, en 1881, le premier à atteindre le sommet de ce pic, faisait souvent remarquer: « <em>Les montagnes semblent condamnées à passer par trois phases successives : d&rsquo;abord un pic inaccessible, puis l&rsquo;ascension la plus difficile des Alpes, enfin une simple promenade pour une dame.</em> »</p>



<p>« <em>Alice et moi avons quitté l&rsquo;hôtel du Montenvers à 2h35, le matin du 17 août. A 5h40, nous étions arrivées au lieu du petit déjeuner &#8211; le Rognon des Nantillons, un promontoire rocheux qui émerge à la base du glacier du même nom. Plusieurs &lsquo;caravanes&rsquo; y faisaient halte, car jusqu&rsquo;à ce point, les itinéraires menant au Charmoz, au Grépon et à la Blaitière sont communs</em> », raconte l&rsquo;alpiniste américaine. «<em> Lorsque les autres apprirent ce que nous comptions faire, tous demandèrent avec étonnement : Vous deux, seules ?&rsquo; Et bien qu&rsquo;ils aient tenté de rester courtois, ils n&rsquo;ont pu s&#8217;empécher de sourire — un sourire que nous avons choisi d&rsquo;interpréter comme une forme de politesse — quand nous leur avons répondu que oui, &lsquo;nous deux, seules », allions tenter l&rsquo;ascension du Grépon.</em> »</p>



<p>Un exploit qu&rsquo;elles réaliseront avec brio. De quoi amener l&rsquo;alpiniste Etienne Bruhl à se plaindre : « <em>Le Grépon a disparu. Maintenant qu&rsquo;il est grimpé par deux femmes seules, aucun homme qui se respecte ne peut l&rsquo;entreprendre. Dommage, car c&rsquo;était autrefois une très belle ascension. </em>» Tandis que de son côté, l&rsquo;Alpine Journal, bulletin annuel de l&rsquo;Alpine Club, club alpin britannique, aborda le sujet avec paternalisme, présentant l&rsquo;ascension comme une exception absolument unique à ne pas reproduire : « <em>Peu de femmes, même aujourd&rsquo;hui, parviennent à escalader seules des montagnes.</em> »</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Très tôt, j&rsquo;ai compris qu&rsquo;une personne qui grimpe toujours derrière un bon leader risque de ne jamais vraiment apprendre l&rsquo;alpinisme. »</h3>



<p>La première fois que Miriam O&rsquo;Brien a mis les pieds dans les Alpes, c&rsquo;était en 1914, avec ses parents. Après une licence mathématiques et en physique, et une maitrise en psychologie pendant la Première Guerre mondiale, l&rsquo;Américaine retourne dans les Alpes plusieurs étés de suite. Elle y fait ses débuts en alpinisme. Membre actif de l&rsquo;Appalachian Mountain Club, elle rejoint le Ladies&rsquo; Alpine Club en 1926, dont elle devient vice-présidente de 1931 à 1970.</p>



<p>Miriam O&rsquo;Brien a commencé à pratiquer sérieusement l&rsquo;escalade dans les Alpes en mai 1926, réalisant la première ascension de la Torre Grande dans les Dolomites par une voie aujourd&rsquo;hui connue sous le nom de Via Miriam, en son honneur. Elle réalisera par la suite la première ascension de l&rsquo;Aiguille de Roc le 6 août 1927 avec Alfred Couttet et Georges Cachat, dans le massif du Mont Blanc.</p>



<p>Un an plus tard, le 4 août 1928, accompagnée de Robert L. M. Underhill et des guides Armand Charlet et G. Cachat, elle réalise la première ascension de la traversée des Aiguilles du Diable au Mont Blanc du Tacul, dans les Alpes, un itinéraire qui consiste à « <em>gravir cinq sommets remarquables de plus de 4000 mètres dans un cadre superbe</em> ».</p>



<p>« <em>Très tôt, j&rsquo;ai compris qu&rsquo;une personne qui grimpe toujours derrière un bon leader — qu&rsquo;il soit guide ou amateur expérimenté — risque de ne jamais vraiment apprendre l&rsquo;alpinisme. Elle n&rsquo;en goûte, au fond, qu&rsquo;une part limitée des plaisirs et des récompenses variées qu&rsquo;offre la montagne. Certes, elle profite de la beauté saisissante des paysages, de l&rsquo;élan physique grisant, du plaisir de l&rsquo;effort et de l&rsquo;agilité — qui, souvent, exigent un réel niveau de compétence. Mais après tout, elle ne fait que suivre</em> », écrira-t-elle plus tard. « <em>Celui qui grimpe en téte, en revanche, y trouve bien davantage : il ou elle doit résoudre, à chaque instant, les questions concrètes de technique, de tactique et de stratégie, au fil de leur apparition. Je ne voyais aucune raison pour laquelle les femmes seraient, par principe, incapables d&rsquo;assumer ce róle. D&rsquo;ailleurs, certaines l&rsquo;avaient déjà fait, à quelques occasions. Mais pourquoi cela ne deviendrait-il pas une pratique courante, même pour des ascensions d&rsquo;un jour ? J&rsquo;ai donc décidé de tenter l&rsquo;expérience — non seulement sans guide, mais aussi sans homme.</em> »</p>



<p>S&rsquo;ensuivent de notables ascensions féminines : l&rsquo;Aiguille du Grépon avec l&rsquo;alpiniste française Alice Damesme en 1929, le Mönch et la Jungfrau dans les Alpes bernoises avec Micheline Morin en 1931, mais aussi, un an plus tard, le Cervin, l&rsquo;un des sommets les plus emblématiques des Alpes, réputé pour son exigence. Elle entreprit cette ascension avec Alice, ainsi qu&rsquo;avec Jessic Whitehead. Leur ami Kronig, gardien du refuge et sympathisant de leurs aspirations, s&rsquo;arrangera pour leur accorder de l&rsquo;avance sur les autres cordées afin qu&rsquo;on ne puisse pas les accuser d&rsquo;avoir bénéficié d&rsquo;une aide masculine. Après quelques tentatives infructueuses, elles atteignirent le sommet le 13 août 1932, à 8h30.</p>



<p>Des amis à Chamonix ont, à leur retour, organisé une réception, avec des fleurs et quelques discours, pour célébrer l&rsquo;accomplissement de Miriam O&rsquo;Brien. Une fête à laquelle l&rsquo;alpiniste américaine n&rsquo;assista pas, préférant aller en montagne avec Robert Underhill, son futur mari, avec qui elle aura deux fils, nés en 1936 et 1939.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un héritage qui a inspiré des générations d&rsquo;athlètes</h3>



<p>Miriam O&rsquo;Brien et son mari ont par la suite réalisé de nombreuses premières ascensions ensemble, de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique. À noter que l&rsquo;alpiniste américaine gravit une troisième et dernière fois le Cervin en 1952, à 6o ans.</p>



<p>Les mémoires de Miriam O&rsquo;Brien, Give Me the Hills, ont inspiré des générations d&rsquo;athlètes outdoor, repoussant sans cesse les limites de leurs disciplines, qu&rsquo;ils soient hommes ou femmes. Car bien qu&rsquo;elle ait démontré que les hommes ne sont ni indispensables ni particulièrement nécessaires à l&rsquo;aventure, son héritage dans le monde de l&rsquo;outdoor dépasse largement la simple remise en question des normes culturelles dominantes.</p>
</div></div>



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<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-4f51d457"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>Vous aimez lire encordées ? Commandez le dernier magazine papier !</strong></h3><p class="uagb-desc-text">Pour ce sixième opus, je vous invite à prendre une «&nbsp;Impulsion&nbsp;» avant de plongez dans la frénésie du printemps. Au fil de ces pages, vous retrouverez des portraits, des enquêtes, des témoignages intimes et des réflexions sociales sur la place des femmes dans l’outdoor (mais pas que).</p></div>



<div class="wp-block-uagb-buttons uagb-buttons__outer-wrap uagb-btn__default-btn uagb-btn-tablet__default-btn uagb-btn-mobile__default-btn uagb-block-26724a85"><div class="uagb-buttons__wrap uagb-buttons-layout-wrap ">
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		<title>Fay Manners, un hiver d’ouvertures au féminin</title>
		<link>https://encordees.fr/fay-manners-un-hiver-douvertures-au-feminin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exploits]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ouvrir une voie n’a rien d’anodin. Cela veut dire partir sans certitude, accepter de ne pas savoir si la ligne passera, nettoyer les blocs instables. En résumé : essayer de faire sa place dans un environnement hostile… quitte à parfois renoncer. Un jeu auquel Fay Manners, alpiniste et grimpeuse professionnelle britannique installée en Valais, excelle. Cet hiver, entre le massif des Diablerets et le secteur d’Arolla, elle a signé deux nouvelles voies mixtes majeures dans les Alpes suisses. Deux ouvertures différentes, mais un même fil conducteur : le goût de l’engagement, de la création, et une manière très nette de prendre sa place dans un terrain où les femmes restent encore trop peu nombreuses à laisser leur nom.</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



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<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Ouvrir une voie n’a rien d’anodin. Cela veut dire partir sans certitude, accepter de ne pas savoir si la ligne passera, nettoyer les blocs instables. En résumé : essayer de faire sa place dans un environnement hostile… quitte à parfois renoncer. Un jeu auquel Fay Manners, alpiniste et grimpeuse professionnelle britannique installée en Valais, excelle. Cet hiver, entre le massif des Diablerets et le secteur d’Arolla, elle a signé deux nouvelles voies mixtes majeures dans les Alpes suisses. Deux ouvertures différentes, mais un même fil conducteur : le goût de l’engagement, de la création, et une manière très nette de prendre sa place dans un terrain où les femmes restent encore trop peu nombreuses à laisser leur nom.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
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<p>En janvier, Fay Manners ouvre « <em>Elles Aussi</em> » avec l’Autrichienne Mélanie Grünwald sur la Tête aux Chamois, au-dessus de Glacier 3000. La voie, cotée M7+ A0, remonte une face nord raide, froide, sèche, où le rocher n’a rien de rassurant. Il faut avancer dans un terrain parfois instable, purger ce qui menace de partir, réfléchir à l’équipement, trouver comment rendre la ligne répétable sans lui retirer son caractère.</p>



<p>« <em>C’était très raide, avec des blocs instables qu’on a dû nettoyer en grimpant. Et de manière générale, équiper la voie pour qu’elle soit répétable par d’autres a été très exigeant mentalement </em>», raconte Fay Manners.</p>



<p>La difficulté est là, bien sûr. Mais « <em>Elles Aussi </em>» porte aussi autre chose. À leur connaissance, il s’agit de la première voie mixte ouverte dans ce secteur par une cordée exclusivement féminine. Fay Manners le dit simplement : pour elle, grimper entre femmes n’a rien d’exceptionnel. Mais puisque cela reste rare, il faut que cela se voie. Il faut que les jeunes filles puissent tomber sur des noms de femmes dans les guides, dans les récits, dans les histoires de montagne, et se dire que cet espace-là leur appartient aussi.</p>



<p>C’est peut-être cela, au fond, qu’ouvre « <em>Elles Aussi </em>» : une voie dans la face, oui, mais aussi une brèche dans le récit.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>L’ouverture comme espace de liberté</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></h2></div>



<p>Chez Fay Manners, l’ouverture est une manière d’habiter la montagne. Ce qu’elle aime, dit-elle, c’est le côté créatif du processus. Ouvrir une voie, c’est plus que réussir une ascension. C’est imaginer un passage, lire une paroi, accepter de ne pas savoir exactement ce qu’on va trouver. C’est aussi, souvent, passer des heures à nettoyer du rocher, à chercher où protéger, à revenir, à douter, à ajuster. Le résultat final &#8211; une cotation, un tracé, un nom &#8211; masque souvent la densité réelle de ce travail.</p>



<p>Cette attirance pour les itinéraires vierges structure son parcours depuis plusieurs années. Plus de vingt premières ascensions à travers le monde, du Pakistan à la Patagonie, du Groenland aux Alpes. Des voies mixtes, du big wall, des descentes à ski sur des faces raides et exposées. Une pratique complète, moderne, mobile, qui refuse de se laisser enfermer dans une seule case.</p>



<p>Son hiver suisse s’inscrit dans cette continuité. Il ne marque pas une rupture mais une confirmation : Fay Manners ne se contente pas de répéter des voies. Elle construit, elle explore, elle propose.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Arolla, la confirmation </strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></h2>



<p>Début mars, elle ouvre ensuite « <em>Nostalgie Alpine</em> » sur le pilier central du Roc Noir, au-dessus du glacier d’Arolla, avec l’Italien Marco Malcangi et l’Américain Max Kilcoyne. La voie, annoncée à M8 A0 pour 325 mètres, déroule neuf longueurs dans une face particulièrement sèche pour la saison. Peu de glace, beaucoup de terrain mixte austère : herbe gelée, protections délicates, rocher compact, passages à défricher.</p>



<p>Le trio passera six jours dans la voie. Six jours à monter, nettoyer, serrer, réfléchir, revenir. Six jours dans ce que l’ouverture a de moins spectaculaire et de plus vrai : un travail de patience, de précision, de ténacité.</p>



<p>Là encore, Fay Manners insiste moins sur la performance brute que sur l’expérience elle-même. Le mixte fait peur, dit-elle, mais elle s’y est sentie prête. Elle a passé l’hiver à s’y préparer. Cette phrase dit beaucoup de son rapport à la montagne : rien d’héroïque dans la posture, rien d’emphatique non plus. Juste une lucidité, un engagement, une confiance patiemment construite.</p>
</div></div>
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		<title>« Le Mal des montagnes » : enquête au coeur d&#8217;une impasse alpine</title>
		<link>https://encordees.fr/le-mal-des-montagnes-enquete-au-coeur-dune-impasse-alpine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jan 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[enquête]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[ski]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le modèle du « tout-ski » est à bout de souffle. Cette fructueuse industrie, écologiquement et socialement insoutenable, continue pourtant sa fuite en avant. Pourtant, des alternatives prometteuses pour les territoires de montagne, en première ligne du changement climatique, existent. Elles ont été regroupées dans « Le Mal des montagnes », un ouvrage collaboratif entre « Reporterre » et « La Revue des Dessinée », qui regroupe les enquêtes de nombreux journalistes, sous format BD. De quoi nous permettre d’y voir plus clair, de manière pédagogique. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">« Le Mal des montagnes » : enquête au coeur d&rsquo;une impasse alpine</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1552e359 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-01-14T17:00:00+01:00">14 Jan 2026</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">4 minutes</div>


<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong>Le modèle du « <em>tout-ski</em> » est à bout de souffle. Cette fructueuse industrie, écologiquement et socialement insoutenable, continue pourtant sa fuite en avant. Pourtant, des alternatives prometteuses pour les territoires de montagne, en première ligne du changement climatique, existent. Elles ont été ressemblées dans « <em>Le Mal des montagnes</em> », un ouvrage collaboratif entre « <em>Reporterre</em> » et « <em>La Revue des Dessinée</em> », qui regroupe les enquêtes de nombreux journalistes, sous format BD. De quoi nous permettre d’y voir plus clair, de manière pédagogique. </strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-1.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="&quot;Le Mal des montagnes&quot; @Reporterre x La Revue Dessinée" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-1.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-1-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-1-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-1-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-1-600x400.webp 600w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><strong>Nos montagnes sont en première ligne du changement climatique.</strong> Ainsi, dans les Alpes et les Pyrénées françaises, la température a augmenté de +2 °C au cours du 20ᵉ siècle, contre +1,4 °C dans le reste de l’Hexagone, détaille Météo France. Les effets de ce réchauffement sont multiples, et varient selon l’altitude. Parmi eux, le spectaculaire recul des glaciers.&nbsp;</p>



<p>Dans les Alpes, ces géants de glace ont perdu 70&nbsp;% de leur volume depuis 1850, dont 10 à 20&nbsp;% depuis 1980, en France, comme dans le reste de l’Europe. Une fonte qui augmente les aléas naturels localement, tels que les effondrements glaciaires, les glissements de terrain, les chutes de séracs, etc. Elle peut également engendrer la formation de poches d’eau qui exposent les populations environnantes. La commune de Chamonix a par exemple dû vidanger en partie le lac formé à la suite de la fonte du glacier des Bossons.</p>



<p>Le changement climatique en montagne accentue la survenance de risques naturels (inondations, sécheresses, chutes de blocs, avalanches…). Il réduit également l’enneigement naturel, en particulier à basse et moyenne altitude. À noter qu’en Europe, les Alpes ont perdu <a href="https://www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr/dossiers-thematiques/milieux/montagne#:~:text=En%20Europe,%20les%20Alpes%20ont,notamment%20sur%20les%20versants%20sud." target="_blank" rel="noreferrer noopener">près d’un mois d’enneigement</a> ces 50 dernières années.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>La fin de l’or blanc</strong></h2></div>



<p>«<em>&nbsp;Ces tendances percutent le modèle du ‘tout-ski’ mis en&nbsp;place par les plans Neige des années 1960 et 1970</em>&nbsp;» souligne <a href="https://www.lemonde.fr/planete/visuel/2023/06/14/montagne-la-fin-de-l-or-blanc_6177579_3244.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le Monde</a>. Autrement dit : <strong>l’or blanc, trésor de nos montagnes, disparaît peu à peu, et il va falloir adapter toute l’économie qui en dépend</strong>. Sauf que nombreux sont celles et ceux à fermer les yeux face à ce constat, préférant rester prisonniers d’un modèle écologiquement et socialement insoutenable.&nbsp;</p>



<p>On continue de construire des chalets de luxe, de faire flamber le prix du mètre carré dans les stations de ski semble ne connaître aucune limite. À Courchevel (Savoie), il peut atteindre 30&nbsp;000 € le m².</p>



<p>On planifie des Jeux Olympiques pour 2030 au goût déjà bien amer. La faute à des factures élevés, à des infrastructures inutiles, et à un bilan carbone dans le rouge.</p>



<p>On investit dans des canons à neige énergivores tout en continuant de faire des Alpes un <em>dancefloor</em>, à l’Alpe d’Huez (Isère), où le festival Tomorrowland, créé en 2019, attire des dizaines de milliers de fêtards venus des quatre coins du monde… et réveille les marmottes en plein hiver.</p>



<p><strong>Ce modèle à bout de souffle a été décrypté dans «&nbsp;<em>Le Mal des montagnes</em>&nbsp;», ouvrage issu d’une collaboration</strong> entre Laury-Anne Cholez, journaliste à Reporterre et Baptiste Bouthier, rédacteur en chef de La Revue Dessinée. Au programme : 180 pages d’enquêtes illustrées au format papier qui révèlent également des alternatives prometteuses pour ces territoires en première ligne du réchauffement climatique.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="791" height="1024" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/le_mal_des_montagnes_lrd_couverture_page-0001-791x1024.jpg" alt="&quot;Le Mal des montagnes&quot; @Reporterre x La Revue Dessinée" class="wp-image-3248" style="aspect-ratio:0.7724648468145883;width:282px;height:auto" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/le_mal_des_montagnes_lrd_couverture_page-0001-791x1024.jpg 791w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/le_mal_des_montagnes_lrd_couverture_page-0001-232x300.jpg 232w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/le_mal_des_montagnes_lrd_couverture_page-0001-768x994.jpg 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/le_mal_des_montagnes_lrd_couverture_page-0001-600x776.jpg 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/le_mal_des_montagnes_lrd_couverture_page-0001.jpg 1105w" sizes="auto, (max-width: 791px) 100vw, 791px" /></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-c8897f7d"><h2 class="uagb-heading-text">Se procurer <strong>«</strong> Le Mal des montagnes <strong>»</strong></h2></div>



<p><em>«&nbsp;Les Grecs faisaient de l’Olympe la demeure des Dieux ; les sherpas considèrent l’Everest comme sacré ; la traversée des Alpes à dos d’éléphant de l’armée d’Hannibal fascine depuis 218 av. J.-C. ; les aborigènes d’Australie lient l’origine du monde à l’Uluru… <strong>L’histoire de l’humanité dit notre attrait pour la montagne. </strong>Elle fut longtemps nourri par l’inconnue que représentaient ces sommets qui nous toisent, leurs formes mystérieuses balayées par des éléments capricieux.&nbsp;</em></p>



<p><em>«&nbsp;Cette montagne est une masse de terre rocheuse taillée à pic et presque inaccessible&nbsp;», décrit Pétrarque dans son Ascension du mont Ventoux, qu’il se décide tout de même à faire «&nbsp;guidé uniquement par le désir de voir la hauteur extraordinaire du lieu&nbsp;». Nous sommes en 1336, et l’humain commence à prendre la mesure de ces géants qu’il va peu à peu domestiquer.</em></p>



<p><em>Sept siècles plus tard, quelle part de mystère reste-t-il ? <strong>Tous les plus hauts sommets du monde ont été atteints, les glaciers – victimes parmi les plus visibles de la crise climatique – fondent à vue d’œil et soixante-dix ans d’industrie du ski ont transformé nos imaginaires en associant avant tout les cimes aux pistes et aux télésièges. </strong>Pourtant, cette logique d’exploitation économique de la montagne par son artificialisation n’est pas la seule voie possible. Pis : à l’heure où la neige se fait toujours plus rare et les températures toujours plus chaudes, c’est une impasse.</em></p>



<p><em>Les rédactions de La Revue Dessinée et de Reporterre enquêtent sur ces sujets depuis plusieurs années. Nous avons uni nos forces pour cette édition spéciale, afin de mieux comprendre le mal que traversent nos montagnes aujourd’hui. Et pour mieux identifier, aussi, l’avenir qu’il est encore possible de leur réserver.&nbsp;»</em></p>



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		<title>« Va dans les bois, va » : un été d’alpage entre femmes, dans le Queyras</title>
		<link>https://encordees.fr/va-dans-les-bois-va-un-ete-dalpage-entre-femmes-dans-le-queyras/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[estive]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Va dans les bois, va » n’est pas une énième histoire d’estive, non. Ce documentaire de 43 minutes, c’est une œuvre d’art à part entière. Récompensé au Festival Femmes en montagne à l’automne (Grand Prix du jury), il suit trois bergères débutantes, Sana, Chloé et Natalie, confrontées à la solitude, à la beauté du Queyras estival, aux dangers et aux joies de cette rude vie. Son réalisateur, Robin Pogorzelski, transmet avec une grande sensibilité ce lien unique qui relie ces trois femmes de générations différentes, et nous invite au passage, discrètement, à réfléchir sur le concept de « femme sauvage ».</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">« Va dans les bois, va » : un été d’alpage entre femmes, dans le Queyras</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-01-07T17:00:00+01:00">7 Jan 2026</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">3 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong>« <em>Va dans les bois, va</em> » n’est pas une énième histoire d’estive, non. Ce documentaire de 43 minutes, c’est une œuvre d’art à part entière. Récompensé au <strong>Festival Femmes en montagne</strong> à l’automne (<strong>Grand Prix du jury</strong>), il suit trois bergères débutantes, Sana, Chloé et Natalie, confrontées à la solitude, à la beauté du Queyras estival, aux dangers et aux joies de cette rude vie. Son réalisateur, <strong>Robin Pogorzelski</strong>, transmet avec une grande sensibilité ce lien unique qui relie ces trois femmes de générations différentes, et nous invite au passage, discrètement, à réfléchir sur le concept de « <em>femme sauvage </em>».</strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="&quot;Va dans dans les bois&quot; @Robin Pogorzelski" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-600x400.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><strong>« <em>Va dans les bois, va</em> » suit trois femmes en estive dans le Queyras (Hautes-Alpes), toutes de générations différentes.</strong> D’abord, il y a Sana, une enfant de neuf ans à la rafraîchissante joie de vivre. À ses côtés, Chloé, sa mère, ancienne danseuse, et Natalie, sa grand-mère, ayant abandonné ses études d’infirmière pour devenir aide-soignante. Sans oublier leur chien Réglisse, ainsi que leurs 995 brebis.</p>



<p>Bergères débutantes, <strong>elles découvrent ensemble cette nouvelle vie, explorant au passage leur rapport au vivant lors d’un été en alpage où, finalement, chacune s’exprime, sans <em>pathos</em>, sur le métier de berger, la mort des animaux et la prédation par les loups</strong>.</p>



<center><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Pu6mBVrHJ6c?si=hHLDGN6tXbv8SpNr" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></center>



<p>À noter l’absence de voix off. À la place, une mélodieuse musique sublime le film : « <em>Lo boier</em> », un chant régional occitan, « le chant du bouvier » (ou vacher, la personne qui garde les bœufs), parfois considéré comme le seul chant cathare connu à ce jour. Dans « <em>Va dans les bois, va</em> », <strong>cette chanson traditionnelle polyphonique a été reprise par le groupe Samaïa</strong>, composé de trois femmes &#8211; Éléonore Fourniau, Noémie Nael et Luna Silva &#8211; <strong>aux voix solidement ancrées dans la terre, qui mettent à l’honneur les langues régionales de France, d’Europe, autant que celles du Moyen-Orient.</strong> Un écho discret mais non moins puissant aux protagonistes du documentaire.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text">Nature sauvage retrouvée</h2></div>



<p>«<em><strong> Si tu ne vas pas dans les bois, rien ne t’arrivera. Jamais ta vie ne commencera. Va dans les bois, va </strong></em>», a écrit Clarissa Pinkola Estés, écrivaine américaine dont l’ouvrage « <em>Femmes qui courent avec les loups</em> » a inspiré le titre du documentaire de Robin Pogorzelski.</p>



<p>Psychanalyste jungienne, Clarissa Pinkola Estés est à l’origine du concept de « <em>femme sauvage</em> ». Une femme en paix avec son animus (« <em>le masculin de la femme</em> », selon Carl Jung), qui aurait réussi à se libérer et à faire jaillir naturellement la force et la puissance intérieure, profonde, de la femme. Elle écrit : «<em> <strong>Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage.</strong> Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde.</em> »</p>



<p>Ce n’est qu’après avoir compris le versant masculin que possède chaque femme, après l’avoir accepté et dépassé, qu’elle devient véritablement femme, par un processus d’individuation, « <em>une prise de conscience de l’individualité profonde</em> », toujours selon Carl Jung.</p>



<p>« <em>Pourtant, si éloignés que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle, dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin </em>», poursuit l’autrice dans son ouvrage« <em>Femmes qui courent avec les loups</em> ». « <strong><em>La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie. Il ne tient qu’à nous d’être cette femme-là.</em> </strong>»</p>



<p>Clarissa Pinkola Estés ouvre ainsi la voie pour chaque femme à se découvrir et à explorer un chemin intérieur. Ce que Sana, Chloé et Natalie semblent avoir, consciemment ou non, accompli.</p>
</div></div>
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		<title>Elles ont traversé les Alpes à pied : « Qu’est-ce qui t’empêche de partir ? » (Éléonore, Via Alpina) </title>
		<link>https://encordees.fr/elles-ont-traverse-les-alpes-a-pied-quest-ce-qui-tempeche-de-partir-eleonore-via-alpina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 14:18:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[Via Alpina]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des rencontres qui inspirent. J’aimerais vous parler de celles qui marquent, qui bouleversent – de par leur profondeur, leur intensité, leur simplicité aussi. Cela n’arrive pas tous les jours. Pourtant, la vie a mis sur mon chemin quatre « drôles de dames » : Manon, Caro, Léa et Éléonore. Des femmes qui [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Elles ont traversé les Alpes à pied : « Qu’est-ce qui t’empêche de partir ? » (Éléonore, Via Alpina) </h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-08-27T15:18:49+01:00">27 Août 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">15 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong>Il y a des rencontres qui inspirent. J’aimerais vous parler de celles qui marquent, qui bouleversent – de par leur profondeur, leur intensité, leur simplicité aussi. Cela n’arrive pas tous les jours. Pourtant, la vie a mis sur mon chemin quatre « drôles de dames » : Manon, Caro, Léa et Éléonore. Des femmes qui m’ont apporté de la joie, des apprentissages, une meilleure connaissance de moi-même… et parfois des réponses. Je vais tenter de vous les raconter au mieux, en espérant que la richesse de nos échanges vous parle autant qu’à moi.&nbsp;</strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1707" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-scaled-1.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-scaled-1.png 2560w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-scaled-1-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-scaled-1-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-scaled-1-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-scaled-1-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-scaled-1-1536x1024.png 1536w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-scaled-1-2048x1366.png 2048w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><strong>Vous vous souvenez d’Éléonore ? Mais si, c’est « la rencontre déclic » qui a permis à Manon et Caro d’être certaines de s’engager sur la Via Alpina. </strong>Je vous l’annonce d’emblée, c’est sur elle que je serai la moins objective. Parce qu’avec le temps, Éléonore, c’est devenue une amie. La genre que l’on compte sur les doigts d’une main.&nbsp;</p>



<p>Et j’aime beaucoup l’idée de l’avoir rencontrée grâce à la Via Alpina.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-b0117d12"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>S’engager</strong></h2></div>



<p>La Via Alpina, c’est un rêve de gosse. D’ado plutôt. J’ai découvert ça à travers l’alpiniste Patrick Berhault et son livre « Encordé mais libre » (dont est inspiré le nom de ce média d’ailleurs). C’était il y a dix ans, j’étais au lycée, j’avais encore des études à faire, et franchement, je n’avais pas la maturité pour m’engager dans un tel projet. Je sais que c’était un truc « pour plus tard, quand je serai grande ». Voilà, maintenant, il est « plus tard ». Et je suis « grande ». Ce projet est venu toquer à la porte. Je lui ai fait sa place par la petite porte. En l’invitant dans un podcast que j’ai lancé avec une autre amie, Caroline Ciavaldini.&nbsp;</p>



<p>Je voulais qu’une invitée nous parle de son expérience sur la Via Alpina. Et comme personne dans mon entourage ne s’était lancé dans ce genre de projet, <strong>j’ai tapé sur Google : « femme seule Via Alpina ». C’est comme ça que je suis tombée sur Éléonore.&nbsp;</strong></p>



<p>Deux mois plus tard, elle s’est retrouvée face à Caroline et moi. Nous avions toutes un micro à la main. C’était le début d’une belle aventure.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-933482d2"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Échanger</strong></strong></h2></div>



<p>Éléonore nous a parlé de son épopée sur la Via Alpina pendant deux heures. On aurait pu rester deux heures de plus. Je n’ai pas encore fait la Via Alpina, mais je peux vous dire que si vous avez ce projet dans le coin de la tête, la rencontre avec Éléonore finira de vous convaincre. <strong>Elle impulsera sans doute ce dernier petit élan, celui qu’il vous manquait pour fixer une date. Pour dire : « Là, je pars ».</strong> C’est ce qui s’est passé ce jour-là pour moi. « Qu’est-ce qui t’empêche de partir ? » m’a-t-elle demandé.</p>



<p>Les journalistes, ils n’aiment pas trop quand la personne interviewée commence à leur poser des questions. Ils appellent cela « retourner l’interview ». Moi, j’aime bien quand on me « retourne les interviews », ça veut dire que ce drôle d’exercice se transforme en échange. C’est nettement plus authentique, constructif et enrichissant.&nbsp;</p>



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<p>Avant de poursuivre sur Éléonore, je vais tout de même vous parler de son histoire avec la Via Alpina – c’est pour ça que vous êtes là, je crois.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-61b4ba8b"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong><strong>Barrières mentales</strong></strong></strong></h2></div>



<p>Éléonore, c’est le genre récidiviste. <strong>Quand on lui demande de nous parler de sa Via Alpina, elle nous répond : « Laquelle ? ».</strong> Parce qu’elle est partie en 2021 sur l’itinéraire rouge (sens Monaco-Triste), en 2023 sur les itinéraires jaune/vert/bleu (sens Trieste-Monaco) et sur le violet en 2024 (d’Oberstdorf au Triglav). À noter que l’intégralité des itinéraires de la Via Alpina a désormais été regroupée en un seul parcours.&nbsp;</p>



<p>Sa première Via Alpina, Éléonore l’a raconté dans un sublime texte, initialement publié dans le magazine du CAF de Villeurbanne, dont voici quelques extraits :&nbsp;</p>



<p><em>« Pour moi, le lancement de ce projet est l’illustration parfaite de l’expression “barrières mentales”. […] <strong>Je voyais dans chaque petit obstacle une barrière qui remettrait inévitablement en question l’intégralité du projet.</strong> Mais à partir du moment où ma décision fut prise, ces barrières se volatilisèrent avec une facilité déconcertante dès l’instant où je les abordai.</em></p>



<p><em>Parmi mes barrières mentales, il y avait, en premier lieu, la peur du jugement, notamment du jugement de mes parents. Je craignais qu’ils ne voient dans ce choix que la volonté d’une personne oisive de prendre des vacances sous un prétexte fallacieux. Alors quelle n’a pas été ma surprise quand, à mon annonce, mon père est allé chercher le livre “L’histoire du monde en 500 marches” en me déclarant : “Tiens, ça te donnera peut-être des idées”. Et c’est en effet dans cet ouvrage que je découvrais la Via Alpina pour la première fois. Un court paragraphe, mais qui m’a tout de suite donné envie d’en savoir plus. Ma mère, quant à elle, m’a fixée attentivement, et m’a simplement dit très calmement : “Je sais que tu vas le faire”.</em></p>



<p><em>Je me disais également que jamais mon employeur n’accepterait mon congé. Barrière complètement stupide s’il en est, car un congé sabbatique ne peut pas être refusé, dès lors que l’on remplit quelques conditions très sommaires. Au-delà du côté légal, je voulais malgré tout partir dans de bonnes conditions et en bons termes avec l’entreprise dans laquelle je travaillais. <strong>Il se trouve que mon manager de l’époque est un passionné de montagne. Il m’a plus qu’encouragée à réaliser ce projet et … il est même venu marcher avec moi.&nbsp;</strong></em></p>



<p><em>Je ne vais pas toutes les citer, car il y en avait beaucoup (matérielles, logistiques, financières,…), mais <strong>la dernière barrière, et sûrement la plus importante : la peur de ne pas en être capable. Cependant la seule manière de lever celle-là … c’était d’essayer. </strong>Quelque part, cette barrière était depuis le début en constante opposition avec mon envie croissante de savoir jusqu’où je pourrais aller, si ce n’est jusqu’au bout. Alors allons-y. J’ai commencé de la meilleure façon qui soit : par un rendez-vous chez l’ostéopathe. Le samedi du départ, à 10h, je me retrouve donc dans cette petite salle d’attente, au lieu de fouler mes premiers pas sur le sentier comme je l’avais prévu. […] Cette douleur sera probablement ma camarade la plus fidèle, celle qui fera le plus de kilomètres en ma compagnie. Douleur très désagréable mais finalement non immobilisante, qui m’aura engendré plus d’anxiété qu’une quelconque envie d’abandon. Nous voilà donc partis, de Monaco, ce samedi 29 mai 2021, mon compagnon et moi, à 14h, enfin ! Quelques gouttes et une grosse averse nous salueront sur cette première journée sinon tranquille, présage de la météo qui allait m’accompagner tout au long de ce périple.</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-c96ba458 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_20210906_192258_001-1024x768-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_20210906_192258_001-1024x768-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_20210906_192258_001-1024x768-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_20210906_192258_001-1024x768-1.jpg" alt="" class="uag-image-2852" width="1024" height="768" title="IMG_20210906_192258_001-1024x768" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p><em>Le lendemain, après le déjeuner, je laisse mon compagnon à la gare de Sospel, comme convenu. Commence alors le début de la solitude. Cette première montée seule fut longue et larmoyante, me demandant ce que je faisais là et pourquoi diable j’avais décidé d’entreprendre cette aventure. Ce seront mes premières et mes dernières larmes avant l’arrivée.&nbsp;</em></p>



<p><em>N’ayant jamais bivouaqué seule, j’appréhendais la première nuit en tente. Et celle-ci ne fut pas des plus tranquilles. Extrait de mon journal de bord : “Tout à coup, j’entends un grognement, des bruits de branches. Le temps que je tourne la tête, je vois deux sangliers (un adulte et un petit) monter la montagne en courant à 150 m de moi. Je ne sais pas si mon odeur les a effrayés car j’étais tranquillement et silencieusement en train d’écrire.</em></p>



<p><em>Je finis d’écrire et rentre dans la tente. Maintenant, j’ai peur que les sangliers reviennent dans la nuit et saccagent ma tente. Je regarde sur internet, apparemment le sanglier a peur de l’homme et n’attaque que pour défendre ses petits. En cas d’attaque, il faut grimper à un arbre… (je vais mourir donc, tuée par un sanglier).</em></p>



<p><em>Je mets toute ma nourriture dans mon sac anti-odeurs rafistolé avant le départ : banane, saucisson, fromage, etc. pour ne pas les attirer. […] Je dors mal cette nuit-là. Chaque bruit est pour moi le bruit d’un sanglier aux aguets, malgré les boules quies. J’ai laissé mon couteau dans une poche latérale de la tente, au cas où. Le bruit de la pluie permet tout de même de couvrir les autres bruits, tant mieux ! Je n’en dors pas mieux pour autant.”</em></p>



<p><em>Un début d’aventure en fanfare, donc. Les quatre mois suivants ne seront pas aussi agités, heureusement. <strong>Je dirais plutôt qu’ils ont abrité une alternance subtile de moments difficiles et de moments magiques.</strong></em></p>



<p><em>Ainsi, même si je suis parfois revenue à la question qui me taraudait le premier jour, à savoir : “qu’est-ce que je fais là ?”, je n’ai jamais envisagé sérieusement d’abandonner. […] Parfois, la pépite qui m’attendait se concrétisait sous la forme d’un paysage époustouflant. D’autres fois, elle se matérialisait par des rencontres.&nbsp;</em></p>



<p><em>Un matin je me réveille dans ma tente, un peu au-dessus de Mesocco. J’entends la pluie tapoter doucement sur la toile, encore. Les deux derniers jours ont été une succession d’averses torrentielles, de pluie fine, d’orages et d’accalmies. Je regarde la météo, et aucune amélioration n’est prévue dans les six prochains jours. Coup dur. Je lis les messages que j’ai reçus pendant la nuit, et l’un d’eux me déçoit particulièrement. La pluie s’arrête et j’en profite pour plier la tente rapidement. Je commence à marcher, contente qu’il ne pleuve plus, mais le répit est de courte durée.</em></p>



<p><em>Dix minutes à peine après mon départ, voilà que la pluie reprend de plus belle. Cette journée sera l’une des plus difficiles moralement de mon voyage. Je la passe à attendre sous des porches, des ponts, ou des arbres que l’intensité des averses faiblisse. Le reste du temps, je marche. Je réussis tout de même à faire sécher ma tente au cours d’une brève éclaircie, le vent m’aidant. Je suis fatiguée, et ne pas savoir quand le soleil sera de retour est pesant. Je cogite, ce qui m’arrive rarement. Le soir, je plante ma tente près d’une cascade et d’un camp scout. Une fois mon abri monté, je m’assois à une table de pique-nique pour préparer mon dîner, que je finirai sous la tente, la pluie ayant repris à nouveau. […] J’arrive à l’auberge Stuetta en bord de route vers 15h et décide de m’y arrêter. La météo annonçait une nette amélioration qui ne fait que se décaler dans le temps. Je prends un chocolat chaud et une part de gâteau au chocolat (le chocolat sera mon fidèle réconfort tout au long du voyage, je ne l’en remercierai jamais assez). La salle principale étant comble, la serveuse me met dans une pièce à part où je suis toute seule.</em></p>



<p><em>Au moment de repartir, dans le sas de l’entrée, je croise un papy, qui ne parle qu’italien. Il remarque mon sac à dos, me pose des questions (du moins, j’imagine que ce sont des questions), et insiste pour me payer un café. J’accepte. Et nous voilà dans la pièce principale, pleine à craquer. Une Suisse, qui parle français et italien fait office de traductrice. Le café que m’offre le papy est agrémenté d’une “goutte” de Vecchia Romagna, un genre de cognac italien. Tout le monde me pose des questions, l’ambiance est chaleureuse. La gérante me demande où je compte dormir et s’inquiète pour moi. Elle me propose d’appeler le refuge Bertacchi, prochain refuge par lequel je dois passer, qui est à 1h30/2h de marche, pour me réserver un lit. Les gens sont tous si gentils avec moi, que sans même s’en apercevoir, ils sont en train de m’apporter le réconfort dont j’avais besoin. En partant, la gérante me laisse son numéro en me disant de l’appeler si j’ai le moindre souci.&nbsp;</em></p>



<p><em>Je repars le cœur léger. Ce simple café a littéralement dissipé tous mes soucis. A l’instar de ce café, il y a toujours une petite surprise qui m’a redonné le moral et a conforté mon envie de continuer. Ce sont des anecdotes qui peuvent paraître anodines, mais qui en réalité ont tellement d’importance. Ce sont elles qui m’ont portée à travers les difficultés et peut-être que la réponse à la question est là. <strong>Peut-être que je ne suis là que pour apprécier ces petites choses qui n’ont l’air de rien.</strong></em></p>



<p><em>Peut-être qu’il n’y a pas besoin de trouver une grande réponse philosophique. Ajoutez à cela des amis et des parents extraordinaires et d’un soutien indéfectible. Leur présence, qu’elle ait été virtuelle à travers les nombreux messages que j’ai reçus, ou réelle, lorsqu’ils m’ont rejointe pour faire un bout de chemin avec moi a été immensément stimulante et a beaucoup contribué au succès de l’entreprise.</em></p>



<p><em>Ma dernière nuit sera aussi calme que la première. Un orage a éclaté et m’a forcée à planter ma tente plus tôt que prévu. Puis, des animaux que j’ai supposé être des sangliers sont venus grogner et farfouiller dans le pierrier juste à côté duquel j’étais installée, de 3h du matin jusqu’à mon départ. Quatre mois de bivouac ne m’auront pas tranquillisée sur les sangliers. Je ne dors quasiment pas pour ma dernière nuit, et lève le camp dans la précipitation.</em></p>



<p><em>Le 27 septembre, mon dernier jour, je marche vers Muggia en ressassant cette dernière nuit et en pensant que je n’aurais donc rien appris au cours de ces 2620 km. Ce n’est pas tout à fait vrai. J’ai appris que j’étais capable de réaliser quelque chose qui me paraissait initialement insensé. J’ai redécouvert à quel point la nature était belle, majestueuse et apaisante. <strong>J’ai été confortée dans mon opinion de me dire que l’on n’a pas toujours besoin des autres pour avancer, mais que leur soutien est une aide précieuse et motivante. </strong>J’ai appris que je pouvais vivre avec moi-même, sans ruminer. J’ai appris que je pouvais me lever avec entrain tous les matins à 5h malgré la perspective de marcher entre 20 et 30 km et de faire entre 1000 et 1500 m de dénivelé chaque jour. C’était une expérience incroyable, probablement la plus forte des expériences que j’ai vécues jusqu’à présent. »&nbsp;</em></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-b1b6c562 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/HD_2-jour-2A7402660-1024x683-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/HD_2-jour-2A7402660-1024x683-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/HD_2-jour-2A7402660-1024x683-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/HD_2-jour-2A7402660-1024x683-1.jpg" alt="" class="uag-image-2853" width="1024" height="683" title="HD_2-jour-2A7402660-1024x683" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-9a73ddb6"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Performance</strong></h2></div>



<p>Notre rencontre aurait pu s’arrêter à cet enregistrement de podcast, mais il semblerait bien que la vie en ait décidé autrement. C’est ce que je me suis dit quand je suis tombée par hasard sur Éléonore dans une salle d’escalade lyonnaise. S’en est suivie une séance de grimpe toute en bienveillance. L’occasion de réaliser que nous étions alignées sur bien des sujets.&nbsp;</p>



<p>C’était deux mois avant le début de sa dernière Via Alpina (pour l’instant ?). C’est à ce moment-là que l’on a commencé à s’envoyer de très longs vocaux, de plusieurs dizaines de minutes – elle les écoutait durant les longues montées auxquelles elle faisait face, et moi, en arrosant le jardin. On n’a pas trop parlé Via Alpina, exception faite au moment où elle m’a raconté sa rencontre, guère amicale, avec un renard (récidiviste, lui aussi). À la place, on a échangé sur nos parcours de vie, sur la méritocratie et plein d’autres sujets.&nbsp;</p>



<p>J’avais une question en tête à ce moment : <strong>« Est-il possible de combiner performance et contemplation ? »</strong>. C’est ce qu’Éléonore testait cet été-là, en avançant à une moyenne de 30 kilomètres par jour. On a décidé d’en parler à Lyon à son retour, en septembre (encore dans une salle d’escalade !). Sa conclusion ? Pas si facile de se pousser vers ses objectifs sans perdre, de temps en temps, son émerveillement.&nbsp;</p>



<p>On s’est également programmé un week-end de rando, écrit dans le calendrier afin que cela ne reste pas qu’une jolie parole lancée en l’air.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-0743bb2f"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Refaire le monde</strong></h2></div>



<p>C’est ainsi que l’on s’est retrouvées deux mois plus tard à manger une fondue dans une tente sur les Hauts-Plateaux du Vercors face à un paysage « pas ouf », dixit la principale protagoniste, assez amusée par l’idée de jouer la blasée. J’ai aussi découvert son moment préféré : le lever du soleil. Alors on a mis un réveil, pour ne pas le louper. On a bien fait.&nbsp;</p>



<p>Vraiment bien fait.&nbsp;</p>



<p>Pendant que l’on marchait en refaisant le monde pendant deux jours, <strong>Éléonore m’a confiée qu’elle était allée « trop loin dans l’ascétisme » sur sa dernière Via Alpina</strong>. Cette phrase, je l’ai bien aimée. Alors je l’ai ajoutée à ma liste de jolies phrases prononcées par celles et ceux qui comptent. Mais aussi à mes idées de sujets, l’ascétisme étant l’une des valeurs véhiculées par le monde du sport, parfois à raison, parfois à tort. Parce qu’au fond, ça veut dire quoi « aller trop loin dans l’ascétisme ? »</p>



<p>Dans le Vercors, j’avais toujours mon appareil photo à la main. Je m’en suis servie aussi bien pour photographier nos souvenirs que pour les filmer. Et c’est en montant, avec une poussière dans l’œil, la vidéo de ce périple que j’ai réalisé qu’Éléonore, c’était bien plus qu’une « meuf stylée avec qui partir en montagne », mais qu’elle était en train de devenir une amie.&nbsp;</p>



<p>Le genre d’amie qui n’hésite pas à sortir les pompons dès qu’il faut soutenir une copine. Elle joue le jeu à fond – mieux que quiconque (elle n’aimera pas ce paragraphe, je le sais). <strong>Manon et Caro vous ont raconté à quel point leur rencontre avec Éléonore avait été déterminante pour elle. Quand j’ai dit ça à la principale intéressée, elle m’a répondu : « Elles ont sûrement exagéré ». Moi, je sais bien que non. </strong>Parce qu’Éléonore, elle sait prendre le temps d’écouter, de questionner. Rien de tel pour nous inviter à réfléchir, sans juger. Sans donner de leçons non plus. Et ça, c’est extrêmement précieux.&nbsp;</p>
</div></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Elles ont traversé les Alpes à pied : « Si l’on fait ça, c’est avant tout pour fuir le réel » (Léa, GR5)</title>
		<link>https://encordees.fr/elles-ont-traverse-les-alpes-a-pied-si-lon-fait-ca-cest-avant-tout-pour-fuir-le-reel-lea-gr5/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Aug 2025 14:33:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[Via Alpina]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des rencontres qui inspirent. J’aimerais vous parler de celles qui marquent, qui bouleversent – de par leur profondeur, leur intensité, leur simplicité aussi. Cela n’arrive pas tous les jours. Pourtant, la vie a mis sur mon chemin quatre « drôles de dames » : Manon, Caro, Léa et Éléonore. Des femmes qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Elles ont traversé les Alpes à pied : « Si l’on fait ça, c’est avant tout pour fuir le réel » (Léa, GR5)</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-08-20T15:33:53+01:00">20 Août 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">6 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong>Il y a des rencontres qui inspirent. J’aimerais vous parler de celles qui marquent, qui bouleversent – de par leur profondeur, leur intensité, leur simplicité aussi. Cela n’arrive pas tous les jours. Pourtant, la vie a mis sur mon chemin quatre « drôles de dames » : Manon, Caro, Léa et Éléonore. Des femmes qui m’ont apporté de la joie, des apprentissages, une meilleure connaissance de moi-même… et parfois des réponses. Je vais tenter de vous les raconter au mieux, en espérant que la richesse de nos échanges vous parle autant qu’à moi.&nbsp;</strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-2048x1365-1.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-2048x1365-1.png 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-2048x1365-1-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-2048x1365-1-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-2048x1365-1-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-2048x1365-1-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-2048x1365-1-1536x1024.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Léa, ce sont, comme bien des rencontres, les hasards de la vie qui l’ont mise sur mon chemin. On s’est croisées à la librairie de Briançon, à l’occasion d’une rencontre avec Stéphanie Bodet. C’est elle qui est venue me voir, avec une question : « T’es pas à Grimpeuses ? ».&nbsp;</p>



<p>Grimpeuses, c’est un événement visant à promouvoir l’escalade au féminin que je co-organisais. Et une fois n’est pas coutume, j’oublie les visages de la plupart des participantes, ce qui a le don de m’agacer. Léa, elle suit mes aventures sur les réseaux sociaux depuis l’événement Grimpeuses. Elle connaissait donc les grandes lignes de ma vie – c’est ce que j’ai compris au cours de notre discussion. Mais moi, je ne connaissais pas grand-chose à la sienne. Si ce n’est qu’elle habite à Briançon, qu’elle grimpe et qu’elle lit Stéphanie Bodet. Une bonne base qui m’a motivée à aller jeter un coup d’œil à ce qu’elle partageait sur les réseaux sociaux.&nbsp;</p>



<p>C’est alors que je me suis dit qu’il n’avait pas que des défauts, notre monde virtuel. <strong>Je suis tombée sur son compte de dessins, où elle partage notamment quelques planches de bandes dessinées qu’elle confectionne avec beaucoup de passion (et de talent).</strong> Étant du genre fascinée par celles et ceux sachant manier le crayon, j’ai écumé son compte, je le confesse. Bien mal m’en a pris, puisque j’ai trouvé des pépites : une partie de son récit sur le GR5, un itinéraire qui traverse les Alpes françaises, du Lac Léman à la Méditerranée. <strong>Une jolie balade d’environ 600 kilomètres qu’elle a effectuée durant l’été 2022.&nbsp;</strong></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-91cf5ad3 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-07-11-at-17.40.23-1024x768-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-07-11-at-17.40.23-1024x768-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-07-11-at-17.40.23-1024x768-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-07-11-at-17.40.23-1024x768-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2859" width="1024" height="768" title="WhatsApp-Image-2025-07-11-at-17.40.23-1024x768" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<p>« Léa fait donc de la randonnée itinérante, encore un point commun », je me suis dit. Alors j’ai cliqué sur le bouton « suivre », avant de lui envoyer un message : « Je suis très fan de ton compte de dessins. Notamment de tes petits carnets de voyage. Tu pourrais me les envoyer en plus grand ? ».&nbsp;</p>



<p>Deux semaines plus tard, Léa postait quelques photos d’elle en Ardèche, en itinérance à vélo cette fois-ci. Un point commun de plus. « Il faudra que l’on se capte sur Briançon parce que moi aussi, le vélo, j’aime bien ça ». Voilà ce que je lui ai écrit.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-04fc4ce4"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Escalades dans les Écrins</strong></h2></div>



<p>On s’est retrouvées, comme de bonnes grimpeuses qui se respectent, à la salle d’escalade. Notre conversation, contrairement à celle avec Manon et Caro, je ne l’ai pas enregistrée. Déjà parce que je n’avais pas encore imaginé cette série de portraits, mais aussi parce qu’elle a bien duré quatre heures !&nbsp;</p>



<p><strong>Avec Léa, on n’a pas tout de suite parlé dessin. On a d’abord parlé grimpe, alpinisme plus précisément, de sa course du lendemain, « Le Doigt de Dieu ».</strong> Un sommet non loin de la grande Meije qui allait clôturer son initiation à l’alpinisme. Je l’ai grandement questionnée sur ce projet, parce que l’alpinisme, ça fait bien longtemps que ça me met des étoiles dans les yeux. Elle m’a dit qu’elle était partie de zéro, et que là, elle se sentait autonome.&nbsp;</p>



<p>Léa, quand je l’ai vu grimper, j’ai su qu’elle ne partait pas vraiment de zéro. Et j’étais bien contente d’avoir trouvé une copine de grimpe avec laquelle me challenger.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-a22c4cae"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Garder les souvenirs</strong></h2></div>



<p>Léa, elle m’a ensuite parlé de son boulot, psychologue à l’hôpital de Briançon, de son besoin de vacances (parce qu’aller en montagne le week-end, ça ne repose pas tant que ça) mais aussi de sa prochaine itinérance à vélo, en Suède.&nbsp;</p>



<p>Puis on s’est attablées. Elle m’a donné quelques feuilles, en me disant : « Tiens, je t’ai imprimé ça ». C’est le récit de son aventure à vélo en Ardèche – j’aurais bien aimé qu’elle dure des pages et des pages. Puis elle m’a montré son journal rédigé sur le GR5. <strong>Ça m’a rappelé à quel point il était important de garder ce genre de souvenirs. Les lieux traversés, les personnes rencontrées, les émotions éprouvées. </strong>Voici quelques extraits de son aventure.&nbsp;</p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-f8d8c2aa alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-702f2b67 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1024x724-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1024x724-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1024x724-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1024x724-1.png" alt="" class="uag-image-2860" width="1024" height="724" title="1-1024x724" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-1a786a3b wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/2-1024x724-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/2-1024x724-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/2-1024x724-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/2-1024x724-1.png" alt="" class="uag-image-2862" width="1024" height="724" title="2-1024x724" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-a30cc0b5 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/3-1024x724-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/3-1024x724-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/3-1024x724-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/3-1024x724-1.png" alt="" class="uag-image-2863" width="1024" height="724" title="3-1024x724" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-ad9bf32f wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/4-1024x724.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/4.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/4.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/4-1024x724.png" alt="" class="uag-image-2864" width="2000" height="1414" title="4" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-3f50c3a6 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/5-1024x724-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/5-1024x724-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/5-1024x724-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/5-1024x724-1.png" alt="" class="uag-image-2865" width="1024" height="724" title="5-1024x724" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-08cb5b9d wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/6-1024x724-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/6-1024x724-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/6-1024x724-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/08/6-1024x724-1.png" alt="" class="uag-image-2867" width="1024" height="724" title="6-1024x724" loading="lazy" role="img"/></figure></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1b30e861 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p>Au moment où je finis d’écrire cet article, cela fait plusieurs semaines que j’ai rencontré Léa. Plusieurs semaines qu’une des phrases qu’elle m’a dite tourne en boucle dans ma tête : <strong>« Si l’on fait ça, c’est pour fuir le réel, tu ne trouves pas ? ».&nbsp;</strong></p>



<p>Je suis tout à fait d’accord avec elle. Même si je trouve ça extrêmement paradoxal, parce qu’en randonnée itinérante, on est, je le sais d’expérience, plus que jamais plongé.e.s dans le réel. Je crois tout de même que c’est une fuite, celle du monde que l’on nous impose.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-9e0004b6"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Les recommandations lecture de Léa&nbsp;</strong></h2></div>



<p><strong>Sarah Marquis, « Sauvage par nature »</strong></p>



<p>« Durant les trois premiers mois, le corps et l’esprit se nettoient. Passé ce cap, le corps ne fait plus mal, l’esprit est libéré. La marche : une pratique ancestrale reconnue chez les moines comme une forme de méditation que Sarah Marquis a fait sienne. Dans ce témoignage extraordinaire, elle nous raconte son voyage à pied de 2010 à 2013 (mai), avec pour seul bagage un sac à dos de 30 kilos. Des paysages somptueux du lac Baïkal à la jungle luxuriante du Laos ; une faune splendide avec les loups de Sibérie, les léopards des neiges du désert de Gobi ; des échanges étonnants avec les hommes, comme la fois où elle fut menacée par des narcotrafiquants après avoir foulé un champ d’opium… »</p>



<p><strong>Stéphanie Bodet, « À la verticale de soi »</strong></p>



<p>« C’est l’histoire d’une enfant asthmatique qui serre très fort un caillou dans sa main pendant le supplice du cours de gym. D’une petite fille sensible qui aime se perdre hors des sentiers. Qui d’aussi loin qu’elle se souvienne, a choisi de regarder sa vie de haut, à la verticale de soi. Surtout depuis cette fêlure, celle d’une petite sœur disparue trop tôt et qui lui a donné ses ailes : « Vivre. Vivre intensément », écrit-elle. Perdue pour le sport, Stéphanie Bodet s’est pourtant donnée à l’escalade. Elle raconte l’entraînement intensif, les podiums en compétition, puis les années de vagabondages verticaux sur des parois égarées dans des jungles, les bivouacs glacials sous les étoiles. Et cet amour fertile qui l’unit à Arnaud Petit »</p>



<p><strong>Denis Infante, « Rousse »</strong></p>



<p>« Sur une terre que l’homme semble avoir désertée, où l’eau est devenue rarissime, tous les vivants – mobiles autant qu’immobiles – souffrent de la soif. Les végétaux dépérissent. Les animaux aquatiques aussi, pris au piège de l’évaporation de leurs demeures. Au retour de leurs longs périples, les oiseaux migrateurs n’apportent pas de bonnes nouvelles : partout la sécheresse sévit. ‘Quelques-uns pourtant avaient osé, s’étaient décidés pour une des quatre directions, par choix ou guidés par pur hasard, et s’étaient mis en marche, droit devant. Rousse était de ceux-là’ »</p>
</div></div>
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			</item>
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		<title>Elles ont traversé les Alpes à pied : « Si tu attends d’être prête pour partir, tu ne le feras jamais » (Caro, Via Alpina) </title>
		<link>https://encordees.fr/elles-ont-traverse-les-alpes-a-pied-si-tu-attends-detre-prete-pour-partir-tu-ne-le-feras-jamais-caro-via-alpina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Aug 2025 14:51:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[Via Alpina]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des rencontres qui inspirent. J’aimerais vous parler de celles qui marquent, qui bouleversent – de par leur profondeur, leur intensité, leur simplicité aussi. Cela n’arrive pas tous les jours. Pourtant, la vie a mis sur mon chemin quatre « drôles de dames » : Manon, Caro, Léa et Éléonore. Des femmes qui [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Elles ont traversé les Alpes à pied : « Si tu attends d’être prête pour partir, tu ne le feras jamais » (Caro, Via Alpina) </h1>


<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-08-13T15:51:04+01:00">13 Août 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">10 minutes</div></div></div>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong>Il y a des rencontres qui inspirent. J’aimerais vous parler de celles qui marquent, qui bouleversent – de par leur profondeur, leur intensité, leur simplicité aussi. Cela n’arrive pas tous les jours. Pourtant, la vie a mis sur mon chemin quatre « drôles de dames » : Manon, Caro, Léa et Éléonore. Des femmes qui m’ont apporté de la joie, des apprentissages, une meilleure connaissance de moi-même… et parfois des réponses. Je vais tenter de vous les raconter au mieux, en espérant que la richesse de nos échanges vous parle autant qu’à moi.&nbsp;</strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2048x1365-1.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2048x1365-1.png 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2048x1365-1-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2048x1365-1-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2048x1365-1-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2048x1365-1-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-2048x1365-1-1536x1024.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>J’ai su que je devais écrire sur Caro en assistant à la conférence, intitulée « Un itinéraire, trois aventurières » qu’elle a donné avec Manon (je vous ai parlé d’elle la semaine dernière) et Éléonore (rendez-vous fin août pour découvrir son portrait).&nbsp;</p>



<p>Je crois que ce qui m’a tout de suite plu chez elle, c’est sa spontanéité. « <strong>À partir du moment où je me suis dit que je voulais faire la Via Alpina [<em>un itinéraire qui traverse les Alpes, de la Slovénie à la France, sur plus de 2000 kilomètres, ndlr</em>], j’ai décidé de ne pas attendre, de foncer et d’y aller </strong>» se souvient-elle. Une forme d’insouciance que l’on a souvent pu me reprocher, la confondant avec de l’inconscience. « T’es sûre d’être prête ? » me demande-t-on souvent. Non, je ne suis pas sûre. Mais le cœur me dit d’y aller, maintenant. Alors pourquoi devrais-je refuser de l’écouter ?&nbsp;</p>



<p>Caro, je me suis tout de suite dit qu’elle était du genre à suivre son coeur. Et surtout à parler avec ses tripes. Moi, ça me plaît.&nbsp;</p>



<p>J’ai finalement échangé avec elle deux jours avant son départ pour son premier long trip à vélo, de l’Italie à la Croatie. « Je suis un peu à l’arrache », m’a confié Caro. « J’essaie de savoir si je peux transporter mon vélo dans un Flixbus – ce n’est pas du tout clair. Niveau matos, je suis aussi clairement à l’arrache. Mais bon, ça va. Je me dis que ça va très bien se passer. Je sais être très organisée, mais là, le fait d’être déjà partie sur la Via Alpina me fait relativiser les choses. »&nbsp;</p>



<p>J’ai très vite compris qu’avec Caro, on aurait pu parler vélo très longtemps. Mais comme j’avais cet article à écrire, on s’est concentrées sur la Via Alpina. Il y avait déjà beaucoup de choses à dire.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-1fbab9c3"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Une volonté plus forte que tout</strong></h2></div>



<p>« <strong>Je me suis posée pas mal de questions avant de partir </strong>» se souvient Caro. « Éléonore m’a pas mal aidée à y répondre – elle a joué un rôle clé pour Manon et moi. Sa rencontre nous a vraiment incitées à nous lancer. Je me souviens lui avoir demandé : ‘Est-ce que tu n’avais pas peur seule ?’ J’essayais de savoir si ce que je ressentais était normal et comment elle avait géré ce genre de peurs».&nbsp;</p>



<p>« Je crois que c’est pour ça que j’ai voulu faire cette conférence » poursuit-elle. « Car c’était un moyen pour moi d’essayer de faire passer un message, en disant : ‘Mais allez-y. Vous pouvez y aller. C’est normal d’avoir peur, c’est normal de se poser plein de questions’ ».</p>



<p>Les questions venaient aussi de son entourage. « <strong>Quand j’ai fait la demande de congé sabbatique à mon boss, il m’a dit : ‘Toute seule ? Quatre mois ? Oui, tu peux y aller.’</strong> Je suis sortie de cette discussion en me demandant ce que je faisais. J’ai douté. Mais à aucun moment ça a remis en question ma capacité à le faire, ma volonté à le faire » raconte-t-elle.</p>



<p>Mais le plus important pour Caro, c’était la réaction de ses parents, surtout de son père, dont elle dit être assez proche… et qui s’est avéré être très enthousiaste vis-à-vis de son projet ! « Il s’est même mis à m’aider dans la recherche d’un matériel le plus léger possible, afin d’alléger le poids de mon sac », se souvient-elle. « C’était clairement une force, et je sais très bien que tout le monde n’a pas cette chance-là. Je crois qu’au fond, mes proches n’étaient pas surpris par ce genre de projet. Même côté boulot [<em>Caro travaille dans le domaine du conseil en développement durable, ndlr</em>], certaines personnes comprenaient moins le projet. Mais personne ne m’a dissuadée. […] Mais ça peut dissuader à la longue, à force d’entendre : ‘mais t’as pas peur de ça ?’. Même si c’est dit avec beaucoup de bienveillance. Personnellement, ces remarques ont consolidé ma volonté de partir. <strong>La Via Alpina était une évidence. Je savais que j’allais la faire d’une manière ou d’autre.</strong> C’était un sentiment tellement fort qu’il m’a presque paru facile de partir – et c’est peut-être pour ça aussi que les choses sont allées aussi vite. »&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-2c46878b wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.42.25-768x1024-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.42.25-768x1024-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.42.25-768x1024-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.42.25-768x1024-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2876" width="768" height="1024" title="WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.42.25-768x1024" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-14e71165"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Une confiance à toute épreuve</strong></h2></div>



<p>Sa motivation principale, Caro la tire d’une intuition : celle qui la poussait à aller chercher « quelque chose ». <strong>Une envie de liberté, un goût de l’aventure à assouvir davantage, </strong>m’a-t-elle expliqué.&nbsp;</p>



<p>« D’un point de vue perso, les planètes se sont alignées. À la base, je rêvais plutôt de partir à vélo » détaille Caro. « Mais finalement partir à pied m’a semblé un peu plus facile, notamment en étant une femme seule. Ça m’a aussi semblé un peu plus accessible, avec peut-être moins la question de la barrière du matériel. »</p>



<p>Un trek de deux semaines en montagne lui a donné envie de s’élancer sur la Via Alpina. « À la base, j’avais prévu de partir deux semaines solo. Mais un peu avant le départ, j’avais proposé à mon copain de l’époque de venir. Parce que je m’étais dit : ‘mais en fait je ne le sens pas du tout de faire ça seule’ » confie Caro. « Et finalement, je me suis sentie super bien, dans mon élément. Car même si je ne connaissais pas bien la montagne, <strong>le fait d’avoir été scout, et donc de savoir camper, ça m’a donné l’impression que ce genre d’aventure est un peu en moi.</strong> Je me suis dit : ‘Finalement, ce n’est pas très compliqué, on marche, on campe, et c’est trop cool’ ». Une itinérance qui lui a donné une sacrée confiance : « Je savais quoi faire, et je n’avais besoin de personne pour y arriver », résume-t-elle.</p>



<p>« Ce n’est peut-être pas très humble, mais je n’ai jamais douté sur ma capacité à arriver au bout » m’a confié Caro. « Disons que l’aspect physique a été nettement moins problématique que l’aspect mental. Tu vois, quand je dis aux gens que j’ai fait la Via Alpina, on me demande souvent le nombre de kilomètres… Mais moi, j’en ai rien à faire du nombre de kilomètres que j’ai fait. Le plus difficile, c’est plus le chemin que tu parcours, les incertitudes, la météo, les petites blessures, etc. »</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-1a54deeb"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Le poids de la solitude</strong></h2></div>



<p>Une phrase, prononcée par Caro, a retenu mon attention lors de la conférence : « <strong>Je suis revenue, mais pas tout à fait pareille</strong> ». Et quand je lui ai demandé ce que la Via Alpina avait changé chez elle, sa réponse ne se fit pas attendre : « mon rapport à la solitude ».&nbsp;</p>



<p>Être seule. Voilà ce qui lui faisait le plus peur avant son départ. « Éléonore m’avait dit : ‘Non mais t’inquiète, tu peux rencontrer du monde, si tu fais des efforts, tu peux trouver du monde à qui parler’. Ça s’est confirmé dès le premier jour » raconte Caro. « Je me suis retrouvée à papoter pendant deux heures, avec un Slovène, dans un refuge, parce qu’il pleuvait. J’en suis repartie avec le méga smile. <strong>J’ai tout de suite su qu’il fallait que je vive mon aventure ainsi, en allant à la rencontre des autres</strong> ». Par la suite, elle m’a expliqué que l’expérience lui avait fait comprendre que si être seule pouvait être difficile au début, c’est quelque chose que l’on pouvait parvenir à gérer. « Ce que je ne pensais pas savoir faire », souligne-t-elle.</p>



<p>Au début de son aventure, Caro partageait de nombreuses vidéos sur Instagram. Un moyen pour elle de maintenir un lien avec ses ami.e.s proches.&nbsp; « Je pense que j’avais besoin de garder contact » confie-t-elle. « Et puis, c’était le début de l’aventure, j’étais assez excitée, donc je pense que j’avais plein de trucs à partager. Mais à un moment, j’ai arrêté de le faire. J’ai juste réalisé que je n’en ressentais plus le besoin. Disons que j’ai trouvé un équilibre interne ».&nbsp;</p>



<p>Elle m’a raconté avoir beaucoup écrit, pour « garder des souvenirs, des réflexions » mais aussi « tous les doutes qui sont arrivés ». « À vrai dire, j’ai même commencé à écrire avant de partir » explique Caro. « À propos des premières remarques que j’ai eues, des questionnements aussi, les miens et ceux des autres, du pourquoi je voulais partir… Ensuite, j’ai essayé d’écrire chaque jour, pour un peu avoir une trace. Et ça, franchement, ça a beaucoup de valeur. C’est trop ouf d’avoir des écrits de ce qu’on a vécu, parce qu’en fait on oublie vite, même nos peurs. Garder une trace de tout ça m’a permis de pouvoir mieux partager mon aventure – j’ai pu dresser l’historique de mes questionnements, de mes peurs aussi. À quels moments sont-elles arrivées ? À partir de quand ai-je été rassurée ? ».&nbsp;</p>



<p>« <strong>Quand je marchais, je me disais : ‘C’est ouf, la solitude, c’est fort, ça fait du bien’ </strong>», se souvient Caro. Un sentiment qu’elle m’a affirmé n’avoir jamais éprouvé avant.&nbsp;</p>



<p>Si bien qu’à l’issue de sa randonnée, elle s’est dit : « Il faut que tu te donnes ces moments de solitude pour toi, parce qu’en fait, c’est hyper bénéfique ». « Mais en réalité, quand je suis arrivée, j’ai tout de suite repris la course aux mille trucs » détaille-t-elle. « Car après tout, c’est aussi mon caractère de faire plein de choses. Mais je garde quand même en tête à quel point c’est bien d’être seule. Je crois même que c’est devenu un besoin. Il y a même des moments où je me dis : ‘Il faut que je me fasse un week-end solo’. Ça, avant, je ne suis pas sûre que ça me serait arrivé. »</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-d3105eb8 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.39.58-768x1024-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.39.58-768x1024-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.39.58-768x1024-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.39.58-768x1024-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2877" width="768" height="1024" title="WhatsApp-Image-2025-02-10-at-00.39.58-768x1024" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-85a49e79"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Oser</strong></h2></div>



<p>« <strong>Je crois qu’il ne faut pas se mettre de freins </strong>», conclut Caro. « Quand je voulais partir à vélo, les freins, je m’en mettais beaucoup. J’en avais discuté avec mon père. Je lui ai dit qu’il faudrait que j’apprenne à gérer la mécanique avant et tout. Il m’avait dit : ‘Si tu attends d’être prête pour partir, tu ne le feras jamais’. Je raconte souvent ma méconnaissance de la montagne avant de me lancer sur la Via Alpina. J’ai tout appris sur le terrain. Moi, je ne me suis jamais vraiment sentie prête avant de partir. Parce qu’il est vraiment difficile de tout connaître. Je m’étais notée de me renseigner sur les risques de loups, d’ours, etc. Et je ne l’ai pas fait. Ce genre de choses, c’est en parlant aux locaux, sur place, que tu te rends compte du risque. <strong>Avec du recul, je pense que je ne me serais jamais vraiment sentie prête. Donc, il faut accepter cela. Se dire que l’on va prendre de l’expérience en chemin.</strong> »</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-c4ae17f4"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Les recommandations de Caro</strong></h2></div>



<p><strong>Marion Poitevin, « Briser le plafond de glace »</strong></p>



<p>« C’est un classique. Dès le début, j’ai trouvé très fort. Il est à mettre entre toutes les mains ! »</p>



<p><strong>Michel Dessagne, « Tirer un trail sur le passé: 4260 km à pied du Mexique au Canada sur le Pacific Crest Trail »</strong></p>



<p>« Un gars parti sur la PCT qui raconte son histoire et en parallèle le quotidien d’un marcheur ‘longue distance’. Ça avait fait beaucoup écho chez moi quand je l’avais lu à mon retour de la Via Alpina »</p>
</div></div>
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		<title>Elles ont traversé les Alpes à pied : « J’ai arrêté de vivre par procuration, et je suis partie » (Manon, Via Alpina)</title>
		<link>https://encordees.fr/elles-ont-traverse-les-alpes-a-pied-jai-arrete-de-vivre-par-procuration-et-je-suis-partie-manon-via-alpina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Aug 2025 15:53:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[Via Alpina]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a des rencontres qui inspirent. J’aimerais vous parler de celles qui marquent, qui bouleversent – de par leur profondeur, leur intensité, leur simplicité aussi. Cela n’arrive pas tous les jours. Pourtant, la vie a mis sur mon chemin quatre « drôles de dames » : Manon, Caro, Léa et Éléonore. Des femmes qui [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Elles ont traversé les Alpes à pied : « J’ai arrêté de vivre par procuration, et je suis partie » (Manon, Via Alpina)</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-08-06T16:53:53+01:00">6 Août 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">10 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong>Il y a des rencontres qui inspirent. J’aimerais vous parler de celles qui marquent, qui bouleversent – de par leur profondeur, leur intensité, leur simplicité aussi. Cela n’arrive pas tous les jours. Pourtant, la vie a mis sur mon chemin quatre « drôles de dames » : Manon, Caro, Léa et Éléonore. Des femmes qui m’ont apporté de la joie, des apprentissages, une meilleure connaissance de moi-même… et parfois des réponses. Je vais tenter de vous les raconter au mieux, en espérant que la richesse de nos échanges vous parle autant qu’à moi.&nbsp;</strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1086" height="725" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/06510F7C-E175-4F77-BFDF-10613904DC6A_1_105_c.jpeg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/06510F7C-E175-4F77-BFDF-10613904DC6A_1_105_c.jpeg 1086w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/06510F7C-E175-4F77-BFDF-10613904DC6A_1_105_c-600x401.jpeg 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/06510F7C-E175-4F77-BFDF-10613904DC6A_1_105_c-300x200.jpeg 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/06510F7C-E175-4F77-BFDF-10613904DC6A_1_105_c-1024x684.jpeg 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/06510F7C-E175-4F77-BFDF-10613904DC6A_1_105_c-768x513.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1086px) 100vw, 1086px" /></figure></div></div>



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<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Les mots de Manon m’ont percutée de plein fouet. Sans doute parce qu’ils ont profondément résonné en moi. À l’issue de notre conversation, alors qu’elle filait donner sa conférence, intitulée « Un itinéraire, trois aventurières ordinaires » en compagnie de Caro et d’Éléonore (dont je vous reparlerai très bientôt), Manon m’a remercié pour « la séance de psy gratuite ». Quand on me dit ça, c’est que j’ai bien fait mon boulot. Sauf que là, pendant cette heure d’échange sur la place de Décines, à quelques kilomètres de Lyon, je n’ai pas eu l’impression de « travailler ». J’ai vécu une tranche de vie qui m’a marquée à jamais, c’est différent.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2b25b647"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Retour à la réalité</strong></h2></div>



<p>« Moi, je ne voulais pas rentrer »</p>



<p>C’est ainsi qu’a commencé notre échange avec Manon, par la fin, le moment où elle est revenue de son voyage sur la Via Alpina, un itinéraire qui traverse les Alpes, de la Slovénie à la France, sur plus de 2000 kilomètres. C’était à l’issue de l’été 2023. Mais j’ai eu l’impression que c’était hier, tant ses mots étaient chargés d’émotion. « J’avais vraiment pensé à continuer le voyage, mais pas forcément en marchant », m’a-t-elle expliqué. « J’avais plein d’idées. Ça m’a ouvert des portes – j’ai réalisé que je pouvais faire plein de choses. Mais voilà, j’ai dû rentrer et travailler. »&nbsp;</p>



<p>Manon est ingénieure ferroviaire, « un travail très terre-à-terre où la créativité, le rêve, l’aventure sont absents », détaille-t-elle. « Il faut même que la part d’aléatoire soit la plus faible possible. On fait des réunions d’une heure pour te dire de faire attention à comment tu vas ouvrir les portes. Alors que moi, j’étais au fond de la montagne seule avec des ours et des chamois pendant 4 mois ».</p>



<p>« Il faut se réadapter, finalement. Moi, je ne me suis pas ré-adaptée », conclut-elle. À la place, Manon s’est jetée à corps perdu dans le boulot, pour « ressentir des trucs forts ». « Mes collègues me disaient : ‘Mais pourquoi t’en fais autant ?’. Et moi, j’étais là : ‘Mais enfin, vous n’avez pas envie de vivre ? », raconte-t-elle. « Et un jour, je me suis arrêtée. Je me suis dit qu’il fallait que je change, parce que j’étais en train de me ruiner la santé ».&nbsp;</p>



<p>Ce qui lui manque alors dans son travail, c’est le sens. À quoi bon « mettre de l’énergie pour aller gagner des affaires à des centaines de milliers d’euros ? Pour engraisser des actionnaires sur des études complètement abstraites et théoriques ? », interroge Manon. « Tandis que sur la Via Alpina, j’étais parfaitement à ma place pour la première fois de ma vie. Avoir trouvé sa place et devoir la quitter, c’est hyper violent. Mais on ne peut pas être au milieu des chamois H24. Alors il faut trouver un compromis. Entre un confort moderne, un travail qui, malgré tout, me fait vivre, qui me permet de partir en voyage, mais dans lequel je ne dois pas me donner, puisque de toute façon, on ne me donnera jamais autant en retour ».</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-72185d23 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC_0091-1024x683-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC_0091-1024x683-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC_0091-1024x683-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/DSC_0091-1024x683-1.jpg" alt="" class="uag-image-2885" width="1024" height="683" title="DSC_0091-1024x683" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2da5ed74"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Écrire sa propre aventure</strong></h2></div>



<p>Manon sait depuis longtemps que sa place est en montagne. « Quand j’étais petite, j’allais dans les Écrins avec mon père et ma famille, dans un petit village, au-dessus de Saint-Christophe-en-Oisans, dans la vallée de La Bérarde », se souvient-elle. « Pour y accéder, il fallait monter en voiture, s’arrêter au niveau d’une cascade, et poursuivre à pied, avec des sacs de 25 kilos remplis de nourriture. Ces instants-là nous ont bercées, ma sœur et moi ».&nbsp;</p>



<p>La culture de la montagne, Manon dit se l’être vraiment appropriée autour de ses 18 ans, période où elle commence à se plonger dans la littérature de montagne, via la collection Guérin notamment. En parallèle, elle découvre la grimpe, un moyen pour elle d’aller vivre ce qu’elle lisait au quotidien. « Je serai toute ma vie reconnaissante envers mon copain qui m’a emmenée pour la première fois vers ce sport. Ça m’a complètement donné une incroyable confiance en moi », raconte-t-elle. « Le simple fait de grimper en tête, de ressentir de l’adrénaline, ça m’a fait prendre de la distance avec le stress du boulot, des présentations à faire, des réunions avec des clients ».</p>



<p>Naissent alors des envies d’itinérance, portées par une volonté : « arrêter de vivre par procuration ».&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-49795b6e"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>La sororité comme déclencheur</strong></h2></div>



<p>Manon se demande alors quels itinéraires seraient accessibles selon son niveau. « J’avais aussi envie de sortir de France, mais sans aller trop loin », explique-t-elle. « Disons que je n’avais pas envie de prendre trop de risques. Je voulais être dépaysée, mais pas trop ». Elle découvre alors la Via Alpina. À partir de là, tout s’enchaîne.&nbsp;</p>



<p>Premier déclic : quand elle tombe sur la trace GPX de cet itinéraire traversant l’intégralité des Alpes. « Je me suis dit : ‘Ok, c’est faisable, parce que je vois le sentier. Je vois exactement par où je dois passer. Je sais que ça existe, qu’il y a une trace, que quelqu’un a fait cette trace, donc c’est possible » détaille-t-elle.</p>



<p>S’en suit la rencontre avec Éléonore. Un échange durant lequel elle se rend compte qu’elle n’est pas « la seule femme à se lancer là-dedans ». « J’avais, en bonne perfectionniste, préparé une liste de questions que je voulais lui poser », se souvient-elle. « Quelque chose d’hyper précis, du genre : ‘Alors, sur l’étape 54, t’as trouvé comment cette section ?’. En fait, j’avais repéré, en analysant les cartes et les profils altimétriques, trois étapes où je savais que j’allais vraiment en baver ».&nbsp;</p>



<p>« Éléonore m’a confirmée que j’étais très bien préparée », poursuit Manon. « Mais aussi que c’était faisable. Elle m’a fait comprendre qu’elle m’apporterait tout le soutien dont j’avais besoin pour aller au bout. Et ça, ça m’a aidé, c’était le déclencheur. Ce jour-là, j’ai su que j’allais partir. »</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-0c85b8c9"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>L’art de l’adaptation</strong></h2></div>



<p>Éléonore, je la connais bien. Elle m’avait déjà raconté sa rencontre avec Manon. Je me souviens qu’elle avait insisté sur quelque chose qui l’avait vraiment marquée : Manon avait réservé tous les hébergements de son voyage avant son départ, soit plus d’une centaine.&nbsp;</p>



<p>Un moyen de « partir l’esprit libre » m’a-t-elle expliquée. « Parce que je savais que chaque jour j’avais un objectif : je devais atteindre tel point. Ne plus avoir ça en rentrant, ça a été dur. Parce que c’était hyper stimulant. Car si au quotidien, quand j’ai mal au ventre, je ne vais pas aller faire ma séance de <em>running</em>, là, on va dire je n’avais pas le choix, il fallait que j’aille marcher ».Mais parfois, ça n’a pas fonctionné. À trois reprises exactement, précise Manon. « Ce qui était génial, c’est que j’ai toujours trouvé une solution ! » détaille-t-elle. « Il y a des fois où j’ai vraiment été bloquée, notamment une fois à Samoëns [<em>en Haute-Savoie, ndlr</em>], je me suis pris un orage de grêle – qui a par la suite été déclaré catastrophe naturelle. On voyait des voitures avec des pare-brises pétés. La rivière s’est évidemment mise à déborder – le sentier qu’on aurait dû prendre était inondé. Je me suis retrouvée avec deux touristes. On s’est serrés tous les trois sous un sapin pour ne pas se faire taper par des grêlons. À ce moment-là, il était 16 heures. J’étais encore à 10 kilomètres du refuge où je devais aller dormir et il me restait 800 mètres de dénivelé à faire. […] Alors j’ai trouvé un hôtel qui était à 2 kilomètres. Le lendemain, j’étais éclatée. Je suis tombée malade, un petit rhume qui m’a mis à terre. Le contre-coup du stress. Ça m’arrive toujours après des moments hyper intenses. »&nbsp;</p>



<p>Manon a donc fait le choix de louper une étape. « Je dois retourner la faire d’ailleurs » précise-t-elle. « Mais je pense que c’était la bonne décision. Je ne l’ai pas regretté. À ce moment-là j’en avais besoin. »</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-768ed986 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1B1647F9-06A9-4592-967D-3E803917154E_1_105_c-1024x684-1.jpeg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1B1647F9-06A9-4592-967D-3E803917154E_1_105_c-1024x684-1.jpeg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1B1647F9-06A9-4592-967D-3E803917154E_1_105_c-1024x684-1.jpeg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1B1647F9-06A9-4592-967D-3E803917154E_1_105_c-1024x684-1.jpeg" alt="" class="uag-image-2886" width="1024" height="684" title="1B1647F9-06A9-4592-967D-3E803917154E_1_105_c-1024x684" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-1233e121"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Précieuse bienveillance</strong></h2></div>



<p>Quand j’ai demandé à Manon quels enseignements elle avait tiré de son voyage, elle m’a tout de suite arrêtée : « Je n’aime pas ce terme, ça fait trop donneur de leçon, moraliste. Dans le sens : ‘Moi je sais, mais pas vous parce que vous n’avez pas l’expérience’ ».&nbsp;</p>



<p>Il est pourtant indéniable qu’elle a appris beaucoup.&nbsp;</p>



<p>« J’ai adoré la simplicité des contacts avec les gens pendant le voyage » raconte-t-elle. « C’est un truc qui m’a vraiment fait du bien. La bienveillance, la compréhension aussi. Parce que parfois, il suffit d’expliquer le contexte, de se présenter pour qu’en face, l’interlocuteur percute, que l’on arrive à communiquer. C’était chouette de voir que tout le monde était aussi gentil ». Une chose qu’elle a encore du mal à retrouver dans son quotidien.&nbsp;</p>



<p>« Cette absence d’agressivité, elle m’a fait un bien fou ! C’était hyper précieux » note Manon, sans filtre. « C’est aussi pour ça que le retour a été aussi dur… Se retrouver à nouveau confrontée à l’agressivité de mes chefs, de mes clients et de mes collègues, franchement, c’était pas un cadeau. »</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-aba59edd"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Partir… sans vraiment revenir</strong></h2></div>



<p>« Psychologiquement, je ne suis clairement pas revenue » m’a avoué Manon qui, deux ans après, continue à digérer sa Via Alpina. « Je continue à l’analyser, à me poser beaucoup de questions sur ce que j’ai envie de faire, sur comment j’ai envie de vivre, où j’ai envie de vivre. »</p>



<p>On dit souvent, à raison, que ce genre d’itinérance change une vie. Et quand on échange avec Manon, on se rend bien compte que cette affirmation n’a rien de grandiloquent. « Je suis contente de ne pas être revenue » conclut-elle. « Quand je revois la moi qui est partie, je me dis… que c’est la meilleure chose que j’ai faite de toute ma vie. C’était salvateur. Je ne sais pas comment j’aurais évolué si je n’avais pas fait ça. J’étais extrêmement stressée, angoissée de tout. La perfectionniste essaie aujourd’hui de mettre son énergie dans des choses qui ont du sens. Elle sait où elle va. Elle est moins perdue. Elle a quelque chose pour la guider. Peu importe ce que je ferai dans ma vie par la suite, je sais que ça, ça va être ma lumière. Ce moment où dans ma vie, j’ai été parfaitement bien. »</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-fb0c0f35"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Les recommandations lecture de Manon</strong></h2></div>



<p><strong>Jean-Christophe Lafaille – « Prisonnier de l’Annapurna »</strong></p>



<p>« Je trouve que ses ascensions sont novatrices mais pas pimpantes. J’adore sa façon de vivre la montagne, de la raconter. C’est quelqu’un qui m’a donné envie de partir voyager. »</p>



<p><strong>Les ouvrages de Walter Bonatti – « À mes montagnes » ; « Montagnes d’une vie »</strong></p>



<p>« C’est pas très original mais Bonatti, je trouve qu’il raconte extrêmement bien la montagne. De manière très humble. Il a été guide toute sa vie. Rien que de repenser à sa mort, ça me fait un nœud dans la gorge. Je suis très touchée par le massif du Mont Blanc – c’est un rêve que Bonatti a créé en moi. Il a construit quelque chose autour de ces aiguilles, de ces pics qui m’a fascinée. C’est pour ça d’ailleurs que j’ai casé le TMB [<em>Tour du Mont-Blanc, ndlr</em>] dans ma Via Alpina, alors que normalement, elle ne passe pas par là. Je voulais absolument aller voir le Mont Blanc, et voir longtemps. C’est triste parce qu’au final c’est un itinéraire extrêmement touristique… Mais par contre j’étais tellement aux anges. D’ailleurs, j’ai fait une pause de trois jours à Chamonix. Parce que je voulais marquer le coup de manière symbolique – je suis hyper contente de l’avoir fait ».</p>
</div></div>
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