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	<title>alpinisme &#8226; encordées</title>
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	<description>Là où mes montagnes nous mènent</description>
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		<title>Quand Miriam O&#8217;Brien parlait « d&#8217;alpinisme sans hommes » en 1934&#8230; à National Geographic</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Apr 2026 15:19:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un monde où l'alpinisme était réservé aux hommes, Miriam O'Brien a fait partie de celles qui ont redéfini les règles du jeu. En gravissant seule des sommets mythiques comme le Grépon et le Cervin, sans guide et sans l'ombre d'un homme, l'alpiniste américaine a fait tomber des barrières autant sociales que sportives. À travers son essai emblématique et ses ascensions audacieuses, elle a prouvé que les femmes étaient non seulement capables d'atteindre les sommets, mais aussi d'inventer une nouvelle forme d'aventure. Une voie que des générations d'athlètes continuent d'emprunter aujourd'hui.</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Quand Miriam O&rsquo;Brien parlait « d&rsquo;alpinisme sans hommes » en 1934&#8230; à National Geographic</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-04-22T16:19:55+01:00">22 Avr 2026</time></div></div>
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<p class="has-text-align-center">Dans un monde où l&rsquo;alpinisme était réservé aux hommes, Miriam O&rsquo;Brien a fait partie de celles qui ont redéfini les règles du jeu. En gravissant seule des sommets mythiques comme le Grépon et le Cervin, sans guide et sans l&rsquo;ombre d&rsquo;un homme, l&rsquo;alpiniste américaine a fait tomber des barrières autant sociales que sportives. À travers son essai emblématique et ses ascensions audacieuses, elle a prouvé que les femmes étaient non seulement capables d&rsquo;atteindre les sommets, mais aussi d&rsquo;inventer une nouvelle forme d&rsquo;aventure. <br>Une voie que des générations d&rsquo;athlètes continuent d&#8217;emprunter aujourd&rsquo;hui.</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Miriam O&#039;Brien @archives Miriam O&#039;Brien" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/04/image-de-couverture-1-600x400.webp 600w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



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<p><em>« L&rsquo;escalade des grands sommets rocheux et glaciaires des Alpes est un sport qui gagne en intensité, en plaisir et en intérêt lorsqu&rsquo;on le pratique en solitaire. Pourtant, ce n&rsquo;est que récemment que l&rsquo;on a commencé a considérer cette pratique comme convenable — même pour les hommes. Quant aux femmes, il reste encore rare de les voir gravir les montagnes non seulement sans guide, mais aussi sans la compagnie d&rsquo;un homme.</em></p>



<p><em>À quelques exceptions près, les femmes n&rsquo;ont presque jamais gravi seules des sommets. Or, l&rsquo;essence de l&rsquo;ascension sans guide réside dans le fait d&rsquo;assumer soi-même l&rsquo;entière responsabilité de la réussite de l&rsquo;entreprise. C&rsquo;est une expérience à la fois exigeante et exaltante, et je ne voyais aucune raison pour laquelle ce plaisir devrait nous être refusé. Pourtant, certains de mes amis alpinistes français ont tenté, avec une grande patience, de m&rsquo;expliquer pourquoi il était, selon eux, théoriquement impossible pour une femme de conduire une ascension seule — sans la présence, au minimum, d&rsquo;un &lsquo;soutien moral&rsquo; masculin. »</em></p>



<p>Ces mots, Miriam O&rsquo;Brien les a écrits en août, dans son essai <em>Manless Alpine Climbing : The First Woman to Scale the Grépon, the Matterhorn and Other Famous Peaks Without Masculine Support</em> (<em>L&rsquo;alpinisme sans homme : la première femme à gravir le Grépon, le Cervin et d&rsquo;aurres sommets célébres sans le soutien d&rsquo;un homme</em>). Un texte publié dans National Geographic durant lequel elle développe longuement le concept de <em>manless climbing</em>, l&rsquo;alpinisme sans homme, en détaillant ses différentes ascensions exclusivement feminines dans les Alpes, ainsi que les réactions qu&rsquo;elles suscitent. L&rsquo;article révèle la principale controverse qui remonte à 1929, lorsque Miriam réussit, avec son amie Alice Damesme, l&rsquo;ascension d&rsquo;une des montagnes emblématiques de Chamonix : l&rsquo;Aiguille du Grépon (3 482 mètres).</p>



<p>« <em>Bien que plus exigeant que tout ce qui avait jusque-là été tenté par des femmes seules, mais sans égaler certaines ascensions récentes, le Grépon a longtemps été considéré comme l&rsquo;une des escalades rocheuses les plus ardues des Alpes — au point que certains guides agréés de Chamonix eux-mêmes hésitaient à s&rsquo;y engager. Il fallait s&rsquo;y confronter. </em>»</p>



<p>Mummery, célèbre alpiniste anglais qui fut, en 1881, le premier à atteindre le sommet de ce pic, faisait souvent remarquer: « <em>Les montagnes semblent condamnées à passer par trois phases successives : d&rsquo;abord un pic inaccessible, puis l&rsquo;ascension la plus difficile des Alpes, enfin une simple promenade pour une dame.</em> »</p>



<p>« <em>Alice et moi avons quitté l&rsquo;hôtel du Montenvers à 2h35, le matin du 17 août. A 5h40, nous étions arrivées au lieu du petit déjeuner &#8211; le Rognon des Nantillons, un promontoire rocheux qui émerge à la base du glacier du même nom. Plusieurs &lsquo;caravanes&rsquo; y faisaient halte, car jusqu&rsquo;à ce point, les itinéraires menant au Charmoz, au Grépon et à la Blaitière sont communs</em> », raconte l&rsquo;alpiniste américaine. «<em> Lorsque les autres apprirent ce que nous comptions faire, tous demandèrent avec étonnement : Vous deux, seules ?&rsquo; Et bien qu&rsquo;ils aient tenté de rester courtois, ils n&rsquo;ont pu s&#8217;empécher de sourire — un sourire que nous avons choisi d&rsquo;interpréter comme une forme de politesse — quand nous leur avons répondu que oui, &lsquo;nous deux, seules », allions tenter l&rsquo;ascension du Grépon.</em> »</p>



<p>Un exploit qu&rsquo;elles réaliseront avec brio. De quoi amener l&rsquo;alpiniste Etienne Bruhl à se plaindre : « <em>Le Grépon a disparu. Maintenant qu&rsquo;il est grimpé par deux femmes seules, aucun homme qui se respecte ne peut l&rsquo;entreprendre. Dommage, car c&rsquo;était autrefois une très belle ascension. </em>» Tandis que de son côté, l&rsquo;Alpine Journal, bulletin annuel de l&rsquo;Alpine Club, club alpin britannique, aborda le sujet avec paternalisme, présentant l&rsquo;ascension comme une exception absolument unique à ne pas reproduire : « <em>Peu de femmes, même aujourd&rsquo;hui, parviennent à escalader seules des montagnes.</em> »</p>



<h3 class="wp-block-heading">« Très tôt, j&rsquo;ai compris qu&rsquo;une personne qui grimpe toujours derrière un bon leader risque de ne jamais vraiment apprendre l&rsquo;alpinisme. »</h3>



<p>La première fois que Miriam O&rsquo;Brien a mis les pieds dans les Alpes, c&rsquo;était en 1914, avec ses parents. Après une licence mathématiques et en physique, et une maitrise en psychologie pendant la Première Guerre mondiale, l&rsquo;Américaine retourne dans les Alpes plusieurs étés de suite. Elle y fait ses débuts en alpinisme. Membre actif de l&rsquo;Appalachian Mountain Club, elle rejoint le Ladies&rsquo; Alpine Club en 1926, dont elle devient vice-présidente de 1931 à 1970.</p>



<p>Miriam O&rsquo;Brien a commencé à pratiquer sérieusement l&rsquo;escalade dans les Alpes en mai 1926, réalisant la première ascension de la Torre Grande dans les Dolomites par une voie aujourd&rsquo;hui connue sous le nom de Via Miriam, en son honneur. Elle réalisera par la suite la première ascension de l&rsquo;Aiguille de Roc le 6 août 1927 avec Alfred Couttet et Georges Cachat, dans le massif du Mont Blanc.</p>



<p>Un an plus tard, le 4 août 1928, accompagnée de Robert L. M. Underhill et des guides Armand Charlet et G. Cachat, elle réalise la première ascension de la traversée des Aiguilles du Diable au Mont Blanc du Tacul, dans les Alpes, un itinéraire qui consiste à « <em>gravir cinq sommets remarquables de plus de 4000 mètres dans un cadre superbe</em> ».</p>



<p>« <em>Très tôt, j&rsquo;ai compris qu&rsquo;une personne qui grimpe toujours derrière un bon leader — qu&rsquo;il soit guide ou amateur expérimenté — risque de ne jamais vraiment apprendre l&rsquo;alpinisme. Elle n&rsquo;en goûte, au fond, qu&rsquo;une part limitée des plaisirs et des récompenses variées qu&rsquo;offre la montagne. Certes, elle profite de la beauté saisissante des paysages, de l&rsquo;élan physique grisant, du plaisir de l&rsquo;effort et de l&rsquo;agilité — qui, souvent, exigent un réel niveau de compétence. Mais après tout, elle ne fait que suivre</em> », écrira-t-elle plus tard. « <em>Celui qui grimpe en téte, en revanche, y trouve bien davantage : il ou elle doit résoudre, à chaque instant, les questions concrètes de technique, de tactique et de stratégie, au fil de leur apparition. Je ne voyais aucune raison pour laquelle les femmes seraient, par principe, incapables d&rsquo;assumer ce róle. D&rsquo;ailleurs, certaines l&rsquo;avaient déjà fait, à quelques occasions. Mais pourquoi cela ne deviendrait-il pas une pratique courante, même pour des ascensions d&rsquo;un jour ? J&rsquo;ai donc décidé de tenter l&rsquo;expérience — non seulement sans guide, mais aussi sans homme.</em> »</p>



<p>S&rsquo;ensuivent de notables ascensions féminines : l&rsquo;Aiguille du Grépon avec l&rsquo;alpiniste française Alice Damesme en 1929, le Mönch et la Jungfrau dans les Alpes bernoises avec Micheline Morin en 1931, mais aussi, un an plus tard, le Cervin, l&rsquo;un des sommets les plus emblématiques des Alpes, réputé pour son exigence. Elle entreprit cette ascension avec Alice, ainsi qu&rsquo;avec Jessic Whitehead. Leur ami Kronig, gardien du refuge et sympathisant de leurs aspirations, s&rsquo;arrangera pour leur accorder de l&rsquo;avance sur les autres cordées afin qu&rsquo;on ne puisse pas les accuser d&rsquo;avoir bénéficié d&rsquo;une aide masculine. Après quelques tentatives infructueuses, elles atteignirent le sommet le 13 août 1932, à 8h30.</p>



<p>Des amis à Chamonix ont, à leur retour, organisé une réception, avec des fleurs et quelques discours, pour célébrer l&rsquo;accomplissement de Miriam O&rsquo;Brien. Une fête à laquelle l&rsquo;alpiniste américaine n&rsquo;assista pas, préférant aller en montagne avec Robert Underhill, son futur mari, avec qui elle aura deux fils, nés en 1936 et 1939.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un héritage qui a inspiré des générations d&rsquo;athlètes</h3>



<p>Miriam O&rsquo;Brien et son mari ont par la suite réalisé de nombreuses premières ascensions ensemble, de l&rsquo;autre côté de l&rsquo;Atlantique. À noter que l&rsquo;alpiniste américaine gravit une troisième et dernière fois le Cervin en 1952, à 6o ans.</p>



<p>Les mémoires de Miriam O&rsquo;Brien, Give Me the Hills, ont inspiré des générations d&rsquo;athlètes outdoor, repoussant sans cesse les limites de leurs disciplines, qu&rsquo;ils soient hommes ou femmes. Car bien qu&rsquo;elle ait démontré que les hommes ne sont ni indispensables ni particulièrement nécessaires à l&rsquo;aventure, son héritage dans le monde de l&rsquo;outdoor dépasse largement la simple remise en question des normes culturelles dominantes.</p>
</div></div>



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<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-4f51d457"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>Vous aimez lire encordées ? Commandez le dernier magazine papier !</strong></h3><p class="uagb-desc-text">Pour ce sixième opus, je vous invite à prendre une «&nbsp;Impulsion&nbsp;» avant de plongez dans la frénésie du printemps. Au fil de ces pages, vous retrouverez des portraits, des enquêtes, des témoignages intimes et des réflexions sociales sur la place des femmes dans l’outdoor (mais pas que).</p></div>



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		<title>« K2 mon amour » : le film d’une première à deux, par Liv Sansoz et Bertrand Roche</title>
		<link>https://encordees.fr/k2-mon-amour-le-film-dune-premiere-a-deux-par-liv-sansoz-et-bertrand-roche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 15:23:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exploits]]></category>
		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
		<category><![CDATA[cordée]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« S’il n’y avait qu’un seul 8000 à faire, ce serait le K2 » résument Liv Sansoz et Bertrand Roche, deux personnalités emblématiques du monde de la montagne, dans « K2 mon amour », leur dernier film, où la passion du couple pour les hautes altitudes transperce l’écran. Ensemble, ils réalisent une première : voler ensemble, en parapente biplace, depuis le 2e sommet le plus haut du monde (8611 m) après l’avoir gravi sans oxygène. Un exploit, réalisé en toute humilité, dans lequel Liv et Zeb nous embarquent pendant 42 minutes. </p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">« K2 mon amour » : le film d’une première à deux, par Liv Sansoz et Bertrand Roche</h1></div></div>



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<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">2 minutes</div>


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<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>«&nbsp;S’il n’y avait qu’un seul 8000 à faire, ce serait le K2&nbsp;» résument Liv Sansoz et Bertrand Roche, deux personnalités emblématiques du monde de la montagne, dans «&nbsp;K2 mon amour&nbsp;», leur dernier film, où la passion du couple pour les hautes altitudes transperce l’écran. Ensemble, ils réalisent une première : voler ensemble, en parapente biplace, depuis le 2<sup>e</sup>&nbsp;sommet le plus haut du monde (8611 m) après l’avoir gravi sans oxygène. Un exploit, réalisé en toute humilité, dans lequel Liv et Zeb nous embarquent pendant 42 minutes.&nbsp;</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
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<p>Liv&nbsp;Sansoz et Bertrand Roche, alias Zébulon, c’était d’abord une histoire d’enfants prodiges : l’escalade pour Liv (deux fois championne du monde d’escalade), l’alpinisme pour Zeb (la Directe américaine aux Drus à 13 ans, l’Everest à 17 ans).&nbsp;</p>



<p>Le couple est aujourd’hui l’un des plus emblématiques du monde de la montagne. Toujours autant passionnés, désormais à travers leur métier de guide, ils ont eu ce rêve fou : gravir le K2, un sommet engagé, peu importe la face par laquelle il est abordé.&nbsp;«&nbsp;S’il n’y avait qu’un seul 8000 à faire, ce serait le K2&nbsp;» résument-ils. «&nbsp;Le challenge, c’est vraiment d’être ensemble, de voler en bi-place, et de monter sans oxygène.&nbsp;»</p>



<p>Une fenêtre météo inespérée leur permet d’atteindre leur objectif, le dimanche 28 juillet 2024. «&nbsp;La vraie folie du K2 c’était de décoller de son sommet&nbsp;» a écrit Liv sur <a href="https://www.instagram.com/reel/C-lHTJHN7S8/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA==" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Instagram</a> peu après leur retour en France. «&nbsp;Un vol magique. Un vol que l’on n’est pas prêts d’oublier ! Un vol avec tellement de hauteur et de beauté ! Encore aujourd’hui, rien qu’en y pensant on en a des frissons ! 30 minutes de temps suspendu, au milieu des géants… Ce n’est qu’une fois posés que l’on a réalisé… on l’a fait ! On vient vraiment de faire le premier biplace de l’histoire et le sommet du K2 sans oxygène ! Que d’émotions !&nbsp;»</p>



<p>Une première où amour, authenticité et humilité s’entremêlent, à retrouver dans un film émouvant «&nbsp;K2 mon amour&nbsp;», disponible sur France.tv.&nbsp;</p>



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<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-4f51d457"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>Vous aimez lire encordées ? Commandez le dernier magazine papier !</strong></h3><p class="uagb-desc-text">Pour ce sixième opus, je vous invite à prendre une «&nbsp;Impulsion&nbsp;» avant de plongez dans la frénésie du printemps. Au fil de ces pages, vous retrouverez des portraits, des enquêtes, des témoignages intimes et des réflexions sociales sur la place des femmes dans l’outdoor (mais pas que).</p></div>



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<p></p>
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		<item>
		<title>Fay Manners, un hiver d’ouvertures au féminin</title>
		<link>https://encordees.fr/fay-manners-un-hiver-douvertures-au-feminin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exploits]]></category>
		<category><![CDATA[Alpes]]></category>
		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ouvrir une voie n’a rien d’anodin. Cela veut dire partir sans certitude, accepter de ne pas savoir si la ligne passera, nettoyer les blocs instables. En résumé : essayer de faire sa place dans un environnement hostile… quitte à parfois renoncer. Un jeu auquel Fay Manners, alpiniste et grimpeuse professionnelle britannique installée en Valais, excelle. Cet hiver, entre le massif des Diablerets et le secteur d’Arolla, elle a signé deux nouvelles voies mixtes majeures dans les Alpes suisses. Deux ouvertures différentes, mais un même fil conducteur : le goût de l’engagement, de la création, et une manière très nette de prendre sa place dans un terrain où les femmes restent encore trop peu nombreuses à laisser leur nom.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Fay Manners, un hiver d’ouvertures au féminin</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-03-25T17:00:00+01:00">25 Mar 2026</time></div></div>
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<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">4 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Ouvrir une voie n’a rien d’anodin. Cela veut dire partir sans certitude, accepter de ne pas savoir si la ligne passera, nettoyer les blocs instables. En résumé : essayer de faire sa place dans un environnement hostile… quitte à parfois renoncer. Un jeu auquel Fay Manners, alpiniste et grimpeuse professionnelle britannique installée en Valais, excelle. Cet hiver, entre le massif des Diablerets et le secteur d’Arolla, elle a signé deux nouvelles voies mixtes majeures dans les Alpes suisses. Deux ouvertures différentes, mais un même fil conducteur : le goût de l’engagement, de la création, et une manière très nette de prendre sa place dans un terrain où les femmes restent encore trop peu nombreuses à laisser leur nom.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="@Collection Fay Manners" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture.png 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/03/image-de-couverture-600x400.png 600w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>En janvier, Fay Manners ouvre « <em>Elles Aussi</em> » avec l’Autrichienne Mélanie Grünwald sur la Tête aux Chamois, au-dessus de Glacier 3000. La voie, cotée M7+ A0, remonte une face nord raide, froide, sèche, où le rocher n’a rien de rassurant. Il faut avancer dans un terrain parfois instable, purger ce qui menace de partir, réfléchir à l’équipement, trouver comment rendre la ligne répétable sans lui retirer son caractère.</p>



<p>« <em>C’était très raide, avec des blocs instables qu’on a dû nettoyer en grimpant. Et de manière générale, équiper la voie pour qu’elle soit répétable par d’autres a été très exigeant mentalement </em>», raconte Fay Manners.</p>



<p>La difficulté est là, bien sûr. Mais « <em>Elles Aussi </em>» porte aussi autre chose. À leur connaissance, il s’agit de la première voie mixte ouverte dans ce secteur par une cordée exclusivement féminine. Fay Manners le dit simplement : pour elle, grimper entre femmes n’a rien d’exceptionnel. Mais puisque cela reste rare, il faut que cela se voie. Il faut que les jeunes filles puissent tomber sur des noms de femmes dans les guides, dans les récits, dans les histoires de montagne, et se dire que cet espace-là leur appartient aussi.</p>



<p>C’est peut-être cela, au fond, qu’ouvre « <em>Elles Aussi </em>» : une voie dans la face, oui, mais aussi une brèche dans le récit.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>L’ouverture comme espace de liberté</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></h2></div>



<p>Chez Fay Manners, l’ouverture est une manière d’habiter la montagne. Ce qu’elle aime, dit-elle, c’est le côté créatif du processus. Ouvrir une voie, c’est plus que réussir une ascension. C’est imaginer un passage, lire une paroi, accepter de ne pas savoir exactement ce qu’on va trouver. C’est aussi, souvent, passer des heures à nettoyer du rocher, à chercher où protéger, à revenir, à douter, à ajuster. Le résultat final &#8211; une cotation, un tracé, un nom &#8211; masque souvent la densité réelle de ce travail.</p>



<p>Cette attirance pour les itinéraires vierges structure son parcours depuis plusieurs années. Plus de vingt premières ascensions à travers le monde, du Pakistan à la Patagonie, du Groenland aux Alpes. Des voies mixtes, du big wall, des descentes à ski sur des faces raides et exposées. Une pratique complète, moderne, mobile, qui refuse de se laisser enfermer dans une seule case.</p>



<p>Son hiver suisse s’inscrit dans cette continuité. Il ne marque pas une rupture mais une confirmation : Fay Manners ne se contente pas de répéter des voies. Elle construit, elle explore, elle propose.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Arolla, la confirmation </strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></h2>



<p>Début mars, elle ouvre ensuite « <em>Nostalgie Alpine</em> » sur le pilier central du Roc Noir, au-dessus du glacier d’Arolla, avec l’Italien Marco Malcangi et l’Américain Max Kilcoyne. La voie, annoncée à M8 A0 pour 325 mètres, déroule neuf longueurs dans une face particulièrement sèche pour la saison. Peu de glace, beaucoup de terrain mixte austère : herbe gelée, protections délicates, rocher compact, passages à défricher.</p>



<p>Le trio passera six jours dans la voie. Six jours à monter, nettoyer, serrer, réfléchir, revenir. Six jours dans ce que l’ouverture a de moins spectaculaire et de plus vrai : un travail de patience, de précision, de ténacité.</p>



<p>Là encore, Fay Manners insiste moins sur la performance brute que sur l’expérience elle-même. Le mixte fait peur, dit-elle, mais elle s’y est sentie prête. Elle a passé l’hiver à s’y préparer. Cette phrase dit beaucoup de son rapport à la montagne : rien d’héroïque dans la posture, rien d’emphatique non plus. Juste une lucidité, un engagement, une confiance patiemment construite.</p>
</div></div>
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		<title>Coline Béal, réalisatrice de « La Cordée de l’Après » : « J’ai compris qu’affronter la maladie, c’était comme gravir un sommet »</title>
		<link>https://encordees.fr/coline-beal-realisatrice-de-la-cordee-de-lapres-jai-compris-quaffronter-la-maladie-cetait-comme-gravir-un-sommet/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Dec 2025 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
		<category><![CDATA[cancer]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Une pour toutes, toutes pour une, je connaissais bien cet adage, mais je ne l’avais jamais incarné », annonce avec émotion l’une des protagonistes de « La Cordée de l’Après », un film retraçant l’ascension du mont Blanc par huit femmes, âgées de 36 à 60 ans, en rémission d’un cancer, réalisé par Coline Béal, revenue pour encordées sur ce projet, sorti cet automne, et qui s’est très vite imposé à elle comme « une évidence ».</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Coline Béal, réalisatrice de « La Cordée de l’Après » : « J’ai compris qu’affronter la maladie, c’était comme gravir un sommet »</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1552e359 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-12-24T17:00:00+01:00">24 Déc 2025</time></div></div>
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<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">6 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>« <em>Une pour toutes, toutes pour une, je connaissais bien cet adage, mais je ne l’avais jamais incarné</em> », annonce avec émotion l’une des protagonistes de <strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>«</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong> <strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><em>La Cordée de l’Après</em> <strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>»</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong>, un film retraçant l’ascension du mont Blanc par huit femmes, âgées de 36 à 60 ans, en rémission d’un cancer, réalisé par Coline Béal, revenue pour <em>encordées</em> sur ce projet, sorti cet automne, et qui s’est très vite imposé à elle comme « <em>une évidence</em> ».</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="&quot;La cordée de l&#039;après&quot; @ Coline Béal" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1-600x400.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>«<strong><em> On ne maîtrise pas ce qui nous arrive dans la vie ; pourtant, on a le choix de décider ce que l’on en fait</em></strong> », lance l’une des huit femmes de&nbsp;<em>« <em>La Cordée de l’Après</em> »</em>. Le ton est donné : dans ce film, l’ascension du mont Blanc, sommet maintes fois foulé, va prendre une tout autre tournure.</p>



<center><iframe loading="lazy" width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/gGI_Icj-Ekw?si=9-x4oxY1gUvc6edy" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></center>



<p>C’est d’ailleurs ce qui a motivé Coline Béal, réalisatrice passionnée de montagne, à s’engager dans ce projet. « <em>Julien Viroulaud</em> [guide de haute montagne à l’origine du projet aux côtés d’Isabelle Deschamps, l’une des huit femmes en rémission d’un cancer en route pour le sommet du mont Blanc, ndlr] <em>est venu me chercher. J’ai adoré l’idée d’aller tourner en montagne, parce que ce genre d’occasion ne se présente pas souvent </em>», raconte-t-elle. « <em>Mais <strong>je n’avais pas envie de faire un film uniquement sur l’ascension : rencontrer des gens qui grimpent une montagne sans trop de sens, ça ne me parlait pas vraiment. </strong>Ce qui m’intéressait, c’était de parler de la maladie. Il y avait un beau parallèle à faire. Car très vite, en côtoyant ces femmes, j’ai compris qu’affronter la maladie, c’était comme gravir un sommet. »</em></p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>«<em> L’ascension, on l’a toutes faite. Pas forcément le sommet.</em> »</p><cite>L’une des protagonistes de « <em>La Cordée de l’Après</em> »</cite></blockquote></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1.webp" alt="En route pour le mont Blanc @ Coline Béal" class="wp-image-3204" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-1-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">En route pour le mont Blanc @ Coline Béal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-b51def74"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Le pouvoir de la montagne au pluriel</strong></strong></h2></div>



<p>Cette obsession du sens, Coline Béal la doit sans doute à son parcours dans le monde du cinéma. Comédienne pendant dix ans, elle est ensuite devenue réalisatrice de fiction. Un déménagement en Bretagne l’a conduite à se tourner vers le monde du documentaire.</p>



<p>« <em>L’une des huit femmes suivies pour le film ne connaissait pas la montagne</em> », raconte Coline Béal. « <em>C’est pourquoi, lors de notre premier week-end de préparation pour ce projet, on a fait un tout petit sommet dans les Pyrénées. Quand les filles sont arrivées en haut, leur regard émerveillé était beau à voir ; elles ont appelé toute leur famille par la suite. <strong>J’ai compris à ce moment-là que la montagne, l’océan et la nature en général pouvaient apporter énormément de choses.</strong> Ce projet m’a permis de découvrir une autre manière de vivre la montagne, plus tournée vers le partage que vers l’intérêt personnel. </em>»</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>«<em> C’était raide. Et là, je me suis dit : “</em>Eh ben, tu peux faire encore plein de belles choses.<em>”</em> »</p><cite>L’une des protagonistes de « <em>La Cordée de l’Après</em> »</cite></blockquote></figure>



<p>À la suite de ce premier week-end, les filles s’entraînent, prennent goût à la marche et commencent l’escalade. «<em> Tout ça, c’est resté en elles</em> », poursuit la réalisatrice. « <em><strong>Elles ont pris énormément de confiance. Grâce à la montagne.</strong></em> <em>[…] Cette tranche de vie partagée ensemble nous a unies. Il est certain qu’elle restera à vie pour elles, comme pour moi. </em>»</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-06d749d7"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Faire sa place dans la cordée, une caméra au poing</strong></strong></h2></div>



<p>La première fois que Coline Béal a rencontré ces huit femmes, c’était en voiture. « <em>On avait huit heures de trajet pour aller dans les Pyrénées. Je croyais qu’elles se connaissaient très bien toutes, alors que ce n’était absolument pas le cas. Ça a assez vite été une évidence. </em>»</p>



<p>Pas question, pour autant, de dégainer sa caméra : « <em><strong>Je pense que j’ai loupé plein de moments, c’est vrai. Mais c’est le jeu du documentaire : prendre le temps de créer du lien pour parvenir, avec le temps, à faire oublier aux personnes qu’elles sont filmées.</strong></em> <em>Si j’avais sorti ma caméra dès notre rencontre, elles n’auraient pas vécu cet instant de la même façon, c’est certain. Elles se seraient peut-être fermées — il y a toujours un temps d’adaptation aussi. </em>»</p>



<p>Un temps indispensable, lui ayant permis de créer une confiance mutuelle avec les huit femmes. « <em>Parce que oui, j’ai filmé l’ascension, mais aussi des moments plus difficiles, notamment lorsqu’Isabelle allait passer des examens compliqués… Ça n’a pas été des moments faciles.</em> » note la réalisatrice. </p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1.webp" alt="En route pour le mont Blanc @ Coline Béal" class="wp-image-3208" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-1-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">En route pour le mont Blanc @ Coline Béal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-cc038db2"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>L’après-cancer, entre vulnérabilité et renaissance</strong></h2></div>



<p>«<em> Le terme de rémission est assez complexe </em>», souligne Coline Béal. «<em> Quand les filles disent qu’elles sont en rémission, elles ne sont pas guéries. Ce qui veut dire que leur cancer peut revenir. C’est juste qu’à ce moment-là, la maladie ne progresse pas. <strong>Elles vivent donc avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. </strong>Et si elles sont très suivies quand elles sont malades, c’est nettement moins le cas en rémission. D’autant qu’elles ne s’autorisent pas forcément à dire “je ne vais pas bien”, parce que, justement, la maladie leur laisse un peu de répit. </em>»</p>



<p>Une période que la plupart des huit femmes mises en lumière dans « <em><em>La Cordée de l’Après</em> </em>», comme de nombreuses personnes en rémission d’un cancer, n’ont pas bien vécue. C’est pourquoi Isabelle Deschamps [<em>qui a eu un cinquième cancer lors du tournage du film, ndlr</em>] a créé une association, « Les PrinSEINSes ». « <em>Elle voulait montrer aux malades qu’après, il y a de la vie, et même une vie encore plus forte</em> », raconte Coline Béal. « <em>Les filles sont sorties de cette maladie beaucoup plus fortes, avec davantage de confiance. Elles ont encore plus envie de vivre. Elles pleurent, elles rient. <strong>Elles sont deux fois plus vivantes que tout le monde. C’est leur élan vital que j’ai eu envie de montrer dans le film.</strong></em> »</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>« <em>On va se surpasser pour celles qui ne vont pas le faire. Peur, pas peur, on s’en fout. Là, tu ne le fais plus pour toi. Juste pour elles : tu vas te dépasser, tu vas aller jusqu’au bout. </em>»</p><cite>L’une des protagonistes de « <em>La Cordée de l’Après</em> »</cite></blockquote></figure>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1.webp" alt="&quot;La cordée de l'après&quot; @ Coline Béal" class="wp-image-3205" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">« La cordée de l&rsquo;après » @ Coline Béal</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-a2d6d38e"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Au sommet, ensemble</strong></h2></div>



<p>Rien ne s’est passé comme prévu lors du tournage, puisque les filles ont appris, une semaine avant leur ascension du mont Blanc, la rechute d’Isabelle, leur compagne de cordée à l’origine du projet. Une annonce qui a d’abord démotivé la plupart des protagonistes… « <em>S’en est suivie une transmission de flambeau. L’idée : aller le plus loin possible</em> », détaille la réalisatrice. « <em>Celles qui étaient contraintes de renoncer donnaient de la force aux autres, et celles qui continuaient mettaient toute leur énergie pour elles. C’était si beau à voir.</em> »</p>



<p>« <em>C’est un immense message d’espoir adressé à celles et ceux qui se battent, qui luttent et qui trébuchent […], parce que le combat vaut toujours la peine d’être livré</em> », conclut leur guide, Julien Viroulaud, dans le film.</p>
</div></div>



<p></p>
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		<title>Ilona Serrar, des piolets de compétition à la liberté des sommets</title>
		<link>https://encordees.fr/ilona-serrar-des-piolets-de-competition-a-la-liberte-des-sommets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Dec 2025 16:27:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
		<category><![CDATA[cascade de glace]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Conquérante de l’inutile » : c’est ainsi qu’Ilona Serrar aime se définir, un clin d’œil, au féminin, à Lionel Terray, figure légendaire de l’alpinisme français. À 20 ans, la Pyrénéenne, troisième du classement général de la Coupe d’Europe la saison passée, avance sans certitudes figées, à l’équilibre entre performance, doutes et besoin d’évasion. Une [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Ilona Serrar, des piolets de compétition à la liberté des sommets</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1552e359 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-12-10T17:27:48+01:00">10 Déc 2025</time></div></div>
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<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">9 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>« <em>Conquérante de l’inutile</em> » : c’est ainsi qu’Ilona Serrar aime se définir, un clin d’œil, au féminin, à Lionel Terray, figure légendaire de l’alpinisme français. À 20 ans, la Pyrénéenne, troisième du classement général de la Coupe d’Europe la saison passée, avance sans certitudes figées, à l’équilibre entre performance, doutes et besoin d’évasion. Une chose demeure intacte : sa passion viscérale pour la montagne. Rencontre avec cette jeune compétitrice aux multiples facettes, à moins d’un mois de la première Coupe du monde de la saison – qui aura lieu le 9 janvier, à Cheongsong, en Corée du Sud.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke-2048x1365-1.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke-2048x1365-1.png 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke-2048x1365-1-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke-2048x1365-1-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke-2048x1365-1-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke-2048x1365-1-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke-2048x1365-1-1536x1024.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>Ilona Serrar le dit elle-même : elle fait « <em>tellement de plans qu’ils ne rentrent pas sur la même comète</em> ». Rien de tel qu’un petit détour par <a href="http://www.apple.com/fr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">son blog</a> – où s’entremêlent récits de Coupes d’Europe et trips de grimpe aussi bien à l’étranger, en Grèce ou en Écosse, que dans ses Pyrénées natales – pour s’en rendre compte.</p>



<p>Vous l’aurez compris, le truc d’Ilona, c’est la montagne. Sous toutes ses formes. Elle a d’ailleurs baigné dedans très tôt, d’abord grâce à ses parents, eux aussi grimpeurs. «<em> J’ai assez vite su que je voulais bosser dans le milieu de la montagne</em> », se souvient-elle. « <em>C’est pourquoi je suis partie au lycée à Moûtiers, en Savoie. Parce qu’il y avait une section qui nous permettait de faire beaucoup de montagne. On y était tous les jours, c’était incroyable.</em> »</p>



<p>À une vingtaine de kilomètres de son lycée se trouvait également la structure d’entraînement de l’équipe de France d’escalade sur glace, à Champagny-le-Haut, juste au-dessus de Moûtiers. «<em> À ce moment-là, des moyens étaient mis en place pour développer l’équipe jeune </em>», raconte la grimpeuse. « <em>Et comme je faisais déjà de l’escalade et de la montagne, j’ai atterri dedans.</em> »</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-05f982bc wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-competition-@Simon-Gerard-1024x576-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-competition-@Simon-Gerard-1024x576-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-competition-@Simon-Gerard-1024x576-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-competition-@Simon-Gerard-1024x576-1.png" alt="" class="uag-image-3098" width="1024" height="576" title="Ilona-Serrar-en-competition-@Simon-Gerard-1024x576" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Ilona Serrar en compétition @Simon Gerard</figcaption></figure></div>



<p>L’escalade sur glace n’est toutefois pas une fin en soi pour Ilona. <strong>Son objectif numéro un ? « <em>Retranscrire tout ce que j’apprends en compétition en montagne </em>»</strong>, confie-t-elle. « <em>J’adore ce sport, sa gestuelle, les gainages que cela demande. Mais j’adore aussi l’escalade. Disons que je découpe un peu mon année. D’abord, il y a toute la saison de compétition où je fais surtout du piolet. Ensuite, du printemps jusqu’à août, je ne fais plus que de la montagne et de l’escalade. Et après, je reprends les piolets. </em>»</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-b51def74"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Champ des possibles</strong></h2></div>



<p>L’avenir, Ilona l’imagine en tant que guide de haute montagne. « <em>Un projet lointain</em> », nuance-t-elle. « <em>Je me laisse aussi le droit de me dire que, dans quelques années, ça aura peut-être changé. Même si c’est une envie que j’ai depuis longtemps. Mais pour l’instant, je ne me mets pas la pression. J’ai vraiment envie de faire mon expérience en montagne et de vivre tout ce que j’ai à vivre avant de me professionnaliser. </em>»</p>



<p>Car lorsqu’elle n’est ni en compétition ni en montagne, Ilona passe le reste de son temps sur les bancs de l’université. Actuellement en troisième année de licence de sciences de l’entraînement (STAPS), elle envisage de poursuivre en master dans la même spécialité, ou peut-être en ergonomie des matériaux, dans l’idée de développer du matériel de montagne, par exemple. « <em>Disons que je ne souhaite pas me fermer de portes. Mais plutôt prendre les opportunités telles qu’elles viennent. </em>» résume-t-elle.</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-d9d7c541 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-competition-@Julia-Roger-Veyer-768x1024-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-competition-@Julia-Roger-Veyer-768x1024-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-competition-@Julia-Roger-Veyer-768x1024-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-competition-@Julia-Roger-Veyer-768x1024-1.png" alt="" class="uag-image-3099" width="768" height="1024" title="Ilona-Serrar-en-competition-@Julia-Roger-Veyer-768x1024" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Ilona Serrar en compétition @Julia Roger-Veyer</figcaption></figure></div>



<p>Et lorsqu’on lui souffle l’idée de se professionnaliser en tant qu’athlète, Ilona annonce clairement que ce n’est pas dans ses plans du moment. « <em>Je ne suis pas du tout prête à gérer cette pression supplémentaire, celle qui fait que toute ta vie, tout ton équilibre financier, repose sur ça </em>», explique-t-elle. « <em>C’est quand même difficile de vivre en tant qu’athlète, même s’il y en a qui y arrivent. Et je ne suis pas sûre d’en avoir pleinement envie. <strong>Faire des études en parallèle m’a permis de réaliser que j’adore aussi faire autre chose, d’être un peu en dehors de ce microcosme et de discuter d’autre chose que de montagne. </strong>Disons que je me rends compte que je suis capable de m’investir énormément dans mon sport parce que j’ai aussi d’autres choses à côté. </em>»</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-06d749d7"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Lâcher prise… tout en tenant bon</strong></h2></div>



<p>La saison 2024-2025 fut riche en apprentissages pour Ilona. Principalement sur le plan de la compétition, puisqu’elle a fait ses premiers pas en Coupe du monde. « <em><strong>La compétition est un art que je ne maîtrise pas encore,</strong> celui d’être présente à l’instant T et de faire taire ces milliards de pensées</em> », concède-t-elle sur son blog. « <em>C’est un cheminement compliqué. […] Il faut accepter de lâcher prise sans tout lâcher, d’avancer sans se précipiter et de prendre des risques sans tomber. Autant de curseurs difficiles à placer, surtout quand l’expérience manque à l’appel. C’est parfois compliqué d’accepter que le poids des années ne peut pas s’acheter, qu’il faut rivaliser sans les mêmes armes et se battre sans les bienfaits du temps. Tenter de rattraper un wagon parti trop vite.</em> »</p>



<p>Dans cette « <em>course contre la montre</em> », la grimpeuse est épaulée par ses camarades d’entraînement, mais aussi par son entraîneur, avec qui elle a dressé un bilan à la fin de la saison. Conclusion : « <em>Physiquement, tout allait bien</em> », détaille Ilona. « <em>Mais il me fallait débloquer la tête. Car j’étais vraiment bridée en compétition.</em> »</p>



<p>« <em>Je parle au passé, mais c’est quand même toujours un peu le cas</em> », se reprend-elle. « <em>Je n’arrive pas encore à libérer ma grimpe en compétition. Je suis toujours moins forte qu’à l’entraînement. </em>»</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><strong>« <em>Et si cette quête semble utopiste, que les efforts déployés sont disproportionnés pour les fruits récoltés, on ne pourra au moins se reprocher, de ne pas avoir tout donné.</em> »</strong></p></blockquote></figure>



<p>Ilona s’est alors tournée vers Claire Theil, préparatrice mentale spécialisée dans l’accompagnement des sportif.ves de haut niveau. De quoi l’aider, dans un premier temps, à déterminer ses points de blocage en compétition pour mieux les travailler. « <em><strong>Je pense qu’à la base, je ne suis pas du tout compétitrice</strong></em> », confie la grimpeuse. « <em>J’imagine que plein de gens sont faits pour la compétition. Ça doit les galvaniser de grimper devant beaucoup de spectateurs, etc. Ce n’est pas vraiment mon cas – même dans la vie de tous les jours, dans d’autres domaines, je ne suis pas du tout compétitrice. Déjà, grimper devant du monde, ça me met la pression. </em>»</p>



<p>S’ajoute à cela la peur de l’échec, « <em>de tomber très bas en compétition</em> », souligne Ilona. « <em>C’est le seul endroit dans ma vie où je peux être en échec, finalement, parce qu’il y a une part d’aléa qui est, pour moi, assez difficile à accepter. Là où, par exemple, les études, si t’as envie de valider ton année, tu bosses et tu y arriveras.</em> »</p>



<p>« <strong><em>Parfois, je me demande pourquoi je me mets autant dans l’inconfort</em> </strong>», confie-t-elle. « <em>Et puis, quand il y a des moments qui se passent bien, comme ce week-end</em> [lorsqu’Ilona est montée sur le podium de la Coupe d’Europe de Žilina, en Slovaquie, ndlr], <em>je sais exactement pourquoi je continue. Je sais que j’ai un gros travail à faire sur moi et qu’il n’y a qu’avec la compétition que je peux progresser sur ces aspects-là. Je trouve ça hyper intéressant de travailler sur soi grâce à la compète. Et je sais très bien que ce que je mets en place là, ça me servira pour plein d’autres aspects de ma vie, notamment le jour où j’aurai envie d’aller passer le diplôme de guide, par exemple. </em>»</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-7795a4e3 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-a-la-maison-@Lara-Amoros-1024x576-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-a-la-maison-@Lara-Amoros-1024x576-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-a-la-maison-@Lara-Amoros-1024x576-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-a-la-maison-@Lara-Amoros-1024x576-1.png" alt="" class="uag-image-3100" width="1024" height="576" title="Ilona-Serrar-en-montagne-a-la-maison-@Lara-Amoros-1024x576" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Ilona Serrar en montagne, dans ses Pyrénées natales @Lara Amoros</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-fe17c597"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>À l’équilibre, dehors</strong></h2></div>



<p>À en lire son blog, on en oublierait presque que la compétition prend autant de place dans la vie d’Ilona. Sa saison 2024-2025 a d’ailleurs été résumée en un post relativement condensé. À l’inverse, la grimpeuse semble prendre un immense plaisir à raconter ses aventures en extérieur, aussi bien chez elle, dans les Pyrénées, qu’à l’étranger – en Écosse, par exemple – ou encore dans les grandes classiques des Alpes, comme la voie Livanos, située aux intimistes aiguilles de Sialouze, dans le massif des Écrins.</p>



<p>« <em>Les longueurs s’enchaînaient rapidement. Le granite, bien que croustillant sous nos chaussons, était d’une qualité remarquable</em> », <a href="https://ilona-serrar-montagne.blogspot.com/2023/08/voie-livanos-aiguille-de-sialouze.html">écrit-elle</a> au sujet de cette ascension. « <em>Parfois, un frisson me parcourait le corps en imaginant les anciens, sans friends ni chaussons, parcourir ces longueurs sans protections dignes de ce nom. L’une d’entre elles me donna particulièrement du fil à retordre : une cheminée bien trop lisse où chaque partie de mon corps avait, à un moment ou à un autre, joué le rôle de coinceur. </em>»</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><strong>«&nbsp;Le sourire jusqu’aux oreilles, nous n’avions pas été déçus du voyage. Cette immersion dans les entrailles du siècle dernier donnait alors du sens à toutes les heures de grimpe passées en salle cet hiver. L’objectif était simple : devenir juste assez fort pour passer lâchement dans les pas des héros – dont Livanos fait partie – qui nous ont ouvert la voie et constater le courage qu’ils ont eu de s’aventurer dans des faces que nous n’aurions même pas osé regarder.&nbsp;»</strong></p></blockquote></figure>



<p>« <em>C’est vraiment le fait qu’il y ait la montagne à côté qui donne du sens au fait que je fasse de la compète</em> », rappelle Ilona. «<em> Ce n’est pas uniquement ça, mais ça en fait vraiment partie. Dès que la saison se termine, j’ai besoin d’être dehors. <strong>J’ai besoin de retourner faire des voies en montagne. C’est vraiment un équilibre.</strong> […] Je ne pourrais pas faire que de la compète, c’est certain. Je n’y arriverais pas, il me manquerait un truc. Et en comparaison à la compète, dehors, c’est vraiment un endroit où je me sens à ma place. Il n’y a pas de stress, de pression, ni quoi que ce soit d’autre. Je suis hyper concentrée dans l’instant présent, et ça, c’est trop cool. Je fais ce que je veux. </em>»</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-cee997e5 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke_2-1024x576-1.png ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke_2-1024x576-1.png 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke_2-1024x576-1.png 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke_2-1024x576-1.png" alt="" class="uag-image-3101" width="1024" height="576" title="Ilona-Serrar-en-montagne-@Timothee-Nitschke_2-1024x576" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Ilona Serrar en montagne @Timothée Nitschke</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-05a0dd90"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>L’amour des mots</strong></h2></div>



<p>Ilona est également pleinement elle-même en compagnie des mots. «<em> J’adore lire. Et surtout écrire</em> », raconte-t-elle. « <em>J’aime bien l’idée de pouvoir garder une trace. Et contrairement aux réseaux sociaux, où j’éprouve tout de même la nécessité de tenir les gens au courant de ce que je fais, notamment vis-à-vis des sponsors, le blog, je le fais vraiment pour moi. S’il n’y avait personne pour le lire, en fait, je le ferais quand même.</em> »</p>



<p>Écrire ses aventures en montagne comme sur les structures artificielles de Coupe du monde, c’est pour elle un moyen d’inscrire ses souvenirs de vie dans le marbre. « <em>J’aime bien aussi relire, d’une année sur l’autre, ce que j’écris</em> », confie Ilona. «<em> Ces derniers temps, je mets même des photos des voies, avec le topo. Pas forcément toutes, mais celles que j’ai bien aimées. […] Finalement, ce blog, c’est un petit carnet de route qui me fait du bien. </em>»</p>
</div></div>



<p></p>
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		<title>Quand Miriam O’ Brien parlait « d’alpinisme sans hommes » en 1934… à National Geographic</title>
		<link>https://encordees.fr/quand-miriam-o-brien-parlait-dalpinisme-sans-hommes-en-1934-a-national-geographic/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 18:16:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[alpinisme]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un monde&#160;où l’alpinisme était réservé aux hommes, Miriam O’Brien a fait partie de celles qui ont redéfini les règles du jeu. En gravissant seule des sommets mythiques comme le Grépon et le Cervin, sans guide et sans l’ombre d’un homme, l’alpiniste américaine a fait tomber des barrières autant sociales que sportives. À travers son [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Quand Miriam O’ Brien parlait « d’alpinisme sans hommes » en 1934… à National Geographic</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-04-30T19:16:52+01:00">30 Avr 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">7 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Dans un monde&nbsp;où l’alpinisme était réservé aux hommes, Miriam O’Brien a fait partie de celles qui ont redéfini les règles du jeu. En gravissant seule des sommets mythiques comme le Grépon et le Cervin, sans guide et sans l’ombre d’un homme, l’alpiniste américaine a fait tomber des barrières autant sociales que sportives. À travers son essai emblématique et ses ascensions audacieuses, elle a prouvé que les femmes étaient non seulement capables d’atteindre les sommets, mais aussi d’inventer une nouvelle forme d’aventure. Une voie que des générations d’athlètes, hommes et femmes, continuent d’emprunter aujourd’hui.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1707" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-scaled.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-scaled.png 2560w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-scaled-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-1536x1024.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>« L’escalade des grands sommets rocheux et glaciaires des Alpes est un sport qui gagne en intensité, en plaisir et en intérêt lorsqu’on le pratique en solitaire. Pourtant, ce n’est que récemment que l’on a commencé à considérer cette pratique comme convenable — même pour les hommes. Quant aux femmes, il reste encore rare de les voir gravir les montagnes non seulement sans guide, mais aussi sans la compagnie d’un homme.</em></p>



<p><em>À quelques exceptions près, les femmes n’ont presque jamais gravi seules des sommets. Or, l’essence de l’ascension sans guide réside dans le fait d’assumer soi-même l’entière responsabilité de la réussite de l’entreprise. C’est une expérience à la fois exigeante et exaltante, et je ne voyais aucune raison pour laquelle ce plaisir devrait nous être refusé. Pourtant, certains de mes amis alpinistes français ont tenté, avec une grande patience, de m’expliquer pourquoi il était, selon eux, théoriquement impossible pour une femme de c</em><em>onduire une ascension seule — sans la présence, au minimum, d’un ‘soutien moral’ masculin. »</em></p>



<p>Ces mots, Miriam O’Brien les a écrits en août, dans son essai&nbsp;<em>Manless Alpine Climbing : The First Woman to Scale the Grépon, the Matterhorn and Other Famous Peaks Without Masculine Support&nbsp;</em>(<em>&nbsp;L’alpinisme sans homme : la première femme à gravir le Grépon, le Cervin et d’autres sommets célèbres sans le soutien d’un homme</em>). Un texte publié dans National Geographic durant lequel elle développe longuement le concept de&nbsp;<em>manless climbing</em>, l’alpinisme sans homme, en détaillant ses différentes ascensions exclusivement féminines dans les Alpes, ainsi que les réactions qu’elles suscitent. L’article révèle la principale controverse qui remonte à 1929, lorsque Miriam réussit, avec son amie Alice Damesme, l’ascension d’une des montagnes emblématiques de Chamonix : l’Aiguille du Grépon (3 482 mètres).</p>



<p><em>« Bien que plus exigeant que tout ce qui avait jusque-là été tenté par des femmes seules, mais sans égaler certaines ascensions récentes, le Grépon a longtemps été considéré comme l’une des escalades rocheuses les plus ardues des Alpes — au point que certains guides agréés de Chamonix eux-mêmes hésitaient à s’y engager. Il fallait s’y confronter. »</em></p>



<p>Mummery, célèbre alpiniste anglais qui fut, en 1881, le premier à atteindre le sommet de ce pic, faisait souvent remarquer : « Les montagnes semblent condamnées à passer par trois phases successives : d’abord un pic inaccessible, puis l’ascension la plus difficile des Alpes, enfin une simple promenade pour une dame. »</p>



<p>« Alice et moi avons quitté l’hôtel du Montenvers à 2h35, le matin du 17 août. À 5h40, nous étions arrivées au ‘lieu du petit déjeuner’ — le Rognon des Nantillons, un promontoire rocheux qui émerge à la base du glacier du même nom. Plusieurs ‘caravanes’ y faisaient halte, car jusqu’à ce point, les itinéraires menant au Charmoz, au Grépon et à la Blaitière sont communs », raconte l’alpiniste américaine.</p>



<p>« Lorsque les autres apprirent ce que nous comptions faire, tous demandèrent avec étonnement : &lsquo;Vous deux, seules ?&rsquo; Et bien qu&rsquo;ils aient tenté de rester courtois, ils n&rsquo;ont pu s&#8217;empêcher de sourire &#8211; un sourire que nous avons choisi d&rsquo;interpréter comme une forme de politesse &#8211; quand <strong>nous leur avons répondu que oui, &lsquo;nous deux, seules&rsquo;, allions tenter l&rsquo;ascension du Grépon</strong>. »</p>



<p>Un exploit qu’elles réaliseront avec brio. De quoi amener l’alpiniste Étienne Bruhl à se plaindre : « Le Grépon a disparu. Maintenant qu’il est grimpé par deux femmes seules, aucun homme qui se respecte ne peut l’entreprendre. Dommage, car c’était autrefois une très belle ascension. » Tandis que de son côté, l’Alpine Journal, bulletin annuel de l’Alpine Club, club alpin britannique, aborda le sujet avec paternalisme, présentant l’ascension comme une exception absolument unique à ne pas reproduire : « Peu de femmes, même aujourd’hui, parviennent à escalader seules des montagnes. »</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-26f224f3 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/debc96979cd458c2f954da41ef88ca43-2.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/debc96979cd458c2f954da41ef88ca43-2.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/debc96979cd458c2f954da41ef88ca43-2.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/debc96979cd458c2f954da41ef88ca43-2.jpg" alt="" class="uag-image-2959" width="576" height="801" title="debc96979cd458c2f954da41ef88ca43-2" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-blockquote uagb-block-f0edf015 uagb-blockquote__skin-border uagb-blockquote__stack-img-none"><blockquote class="uagb-blockquote"><div class="uagb-blockquote__content"><strong>« Très tôt, j’ai compris qu’une personne qui grimpe toujours derrière un bon leader risque de ne jamais vraiment apprendre l’alpinisme. »</strong></div><footer><div class="uagb-blockquote__author-wrap uagb-blockquote__author-at-left"><cite class="uagb-blockquote__author">Author Name</cite></div></footer></blockquote></div>



<p>La première fois que Miriam O’Brien a mis les pieds dans les Alpes, c’était en 1914, avec ses parents. Après une licence en mathématiques et en physique, et une maîtrise en psychologie pendant la Première Guerre mondiale, l’Américaine retourne dans les Alpes plusieurs étés de suite. Elle y fait ses débuts en alpinisme. Membre actif de l’Appalachian Mountain Club, elle rejoint le Ladies’ Alpine Club en 1926, dont elle devient vice-présidente de 1931 à 1970.</p>



<p>Miriam O’Brien a commencé à pratiquer sérieusement l’escalade dans les Alpes en mai 1926, réalisant la première ascension de la Torre Grande dans les Dolomites par une voie aujourd’hui connue sous le nom de<em>&nbsp;Via Miriam</em>, en son honneur. Elle réalisera par la suite la première ascension de l’Aiguille de Roc le 6 août 1927 avec Alfred Couttet et Georges Cachat, dans le massif du Mont Blanc.</p>



<p>Un an plus tard, le 4 août 1928, accompagnée de Robert L. M. Underhill et des guides Armand Charlet et G. Cachat, elle réalise la première ascension de la traversée des Aiguilles du Diable au Mont Blanc du Tacul, dans les Alpes, un itinéraire qui consiste à « gravir cinq sommets remarquables de plus de 4000 mètres dans un cadre superbe ».</p>



<p><em>« Très tôt, j’ai compris qu’une personne qui grimpe toujours derrière un bon leader — qu’il soit guide ou amateur expérimenté — risque de ne jamais vraiment apprendre l’alpinisme. Elle n’en goûte, au fond, qu’une part limitée des plaisirs et des récompenses variées qu’offre la montagne. Certes, elle profite de la beauté saisissante des paysages, de l’élan physique grisant, du plaisir de l’effort et de l’agilité — qui, souvent, exigent un réel niveau de compétence. Mais après tout, elle ne fait que suivre », écrira-t-elle plus tard. « Celui qui grimpe en tête, en revanche, y trouve bien davantage : il ou elle doit résoudre, à chaque instant, les questions concrètes de technique, de tactique et de stratégie, au fil de leur apparition. Je ne voyais aucune raison pour laquelle les femmes seraient, par principe, incapables d’assumer ce rôle. D’ailleurs, certaines l’avaient déjà fait, à quelques occasions. Mais pourquoi cela ne deviendrait-il pas une pratique courante, même pour des ascensions d’un jour ? J’ai donc décidé de tenter l’expérience — non seulement sans guide, mais aussi sans homme. »</em></p>



<p>S’ensuivent de notables ascensions féminines : l’Aiguille du Grépon avec l’alpiniste française Alice Damesme en 1929, le Mönch et la Jungfrau dans les Alpes bernoises avec Micheline Morin en 1931, mais aussi, un an plus tard, le Cervin, l’un des sommets les plus emblématiques des Alpes, réputé pour son exigence. Elle entreprit cette ascension avec Alice, ainsi qu’avec Jessie Whitehead. Leur ami Kronig, gardien du refuge et sympathisant de leurs aspirations, s’arrangera pour leur accorder de l’avance sur les autres cordées afin qu’on ne puisse pas les accuser d’avoir bénéficié d’une aide masculine. Après quelques tentatives infructueuses, elles atteignirent le sommet le 13 août 1932, à 8h30.</p>



<p>Des amis à Chamonix ont, à leur retour, organisé une réception, avec des fleurs et quelques discours, pour célébrer l’accomplissement de Miriam O’Brien. Une fête à laquelle l’alpiniste américaine n’assista pas, préférant aller en montagne avec Robert Underhill, son futur mari, avec qui elle aura deux fils, nés en 1936 et 1939.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-165676fc"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Un héritage qui a inspiré des générations d’athlètes</strong></h2></div>



<p>Miriam O’Brien et son mari ont par la suite réalisé de nombreuses premières ascensions ensemble, de l’autre côté de l’Atlantique. À noter que l’alpiniste américaine gravit une troisième et dernière fois le Cervin en 1952, à 60 ans.</p>



<p>Les mémoires de Miriam O’Brien,&nbsp;<em>Give Me the Hills</em>, ont inspiré des générations d’athlètes outdoor, repoussant sans cesse les limites de leurs disciplines, qu’ils soient hommes ou femmes. Car bien qu’elle ait démontré que les hommes ne sont ni indispensables ni particulièrement nécessaires à l’aventure, son héritage dans le monde de l’outdoor dépasse largement la simple remise en question des normes culturelles dominantes.</p>
</div></div>
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