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	<title>environnement &#8226; encordées</title>
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	<description>Là où mes montagnes nous mènent</description>
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	<title>environnement &#8226; encordées</title>
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		<title>« Une voie pour la nature » : la mini-série de Nolwen Berthier, la grimpeuse engagée</title>
		<link>https://encordees.fr/une-voie-pour-la-nature-la-mini-serie-de-nolwen-berthier-la-grimpeuse-engagee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[escalade]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nolwen Berthier est le genre de grimpeuse à appuyer sur pause pour mieux réfléchir. En témoigne son dernier projet, « Une voie pour la nature », une web-série qui nous invite à prendre un peu de recul sur notre pratique de l’escalade, en regardant autrement des falaises que l’on croit connaître par cœur, et en se demandant, simplement, comment notre pratique peut évoluer vers davantage de protection du vivant. Le tout à travers quatre épisodes mêlant grimpe et discussion avec des scientifiques, des activistes, avant tout guidés par cette envie commune : celle d’être dehors.</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">« Une voie pour la nature » : la mini-série de Nolwen Berthier, la grimpeuse engagée</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2026-01-28T17:00:00+01:00">28 Jan 2026</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">2 minutes</div>


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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong>Nolwen Berthier est le genre de grimpeuse à appuyer sur pause pour mieux réfléchir. En témoigne son dernier projet, « <em>Une voie pour la nature </em>», une <strong>web-série</strong> qui nous invite à prendre un peu de recul sur notre pratique de l’escalade, en regardant autrement des falaises que l’on croit connaître par <strong>cœur</strong>, et en se demandant, simplement, comment notre pratique peut évoluer vers davantage de protection du vivant. Le tout à travers quatre épisodes mêlant grimpe et discussion avec des scientifiques, des activistes, avant tout guidés par cette envie commune : celle d’être dehors.</strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="&quot;Une voie pour la nature&quot; @Nolwen Berthier" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2026/01/image-de-couverture-2-600x400.webp 600w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>« J’ai de plus en plus l’impression qu’on consomme la nature pour notre passion. » <a href="https://encordees.fr/nolwen-berthier-jai-de-plus-en-plus-limpression-quon-consomme-la-nature-pour-notre-passion/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">confiait Nolwen Berthier</a> début mai à <em>encordées</em>. La grimpeuse professionnelle venait tout de sortir un carnet, « <em>Le monde du sport face à l’urgence écologique</em> », regroupant des récits inspirants, profondément humains, qui montrent qu’un autre sport – plus sobre, plus juste, plus aligné avec le vivant – est possible.</p>



<p>« <em>Quand on pratique un sport outdoor, on bénéficie souvent d’une image &lsquo;écolo&rsquo; – parce qu’on associe le lieu à la manière de pratiquer </em>», confiait-elle. « <em>On se dit que, puisqu’on est en pleine nature, on est censé la respecter. Ce raisonnement paraît logique… mais dans les faits, ce n’est pas toujours le cas.</em> »</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-2280e343"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>La grimpe comme fil conducteur</strong></strong></h2></div>



<p>Ancienne membre de l’équipe de France d’escalade, Nolwen Berthier a imaginé « <em>Une voie pour la nature</em> », une série de vidéos présentées à travers une conférence du même nom mêlant projections et partages d’expérience personnelle. Un projet prenant volontairement le contre-pied des formats habituels. Exit la performance, les cotations, et même le discours militant.</p>



<p>« <em>Ces vidéos, je les ai pensées comme une invitation à s’émerveiller, se questionner et repenser notre rapport de domination aux autres vivants</em> », détaille la grimpeuse. « <em>Dans chaque épisode, une voie d’escalade emblématique devient le fil conducteur de la voix d’un.e militant.e engagé.e pour la protection du vivant.</em> » De quoi interroger notre rapport à ce qui nous entoure lorsque l’on grimpe dehors.</p>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h4 class="wp-block-heading">Épisode 1 – « Vivante parmi les vivant.e.s », avec Gilles Bœuf, biologiste et ancien directeur du Muséum national d’Histoire naturelle</h4>



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<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h4 class="wp-block-heading">Épisode 2 – « Le bruit qui coule », avec Emka de Cannart, biologiste marine et activiste</h4>



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<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h4 class="wp-block-heading">Épisode 3 – « Une idée lumineuse », avec Samuel Busson, directeur de projet biodiversité et éclairage au CEREMA</h4>



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<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h4 class="wp-block-heading">Épisode 4 – « Bogue à la racine du système », avec Lionel Minassian, fondateur de l’association Papa Ours Nature</h4>



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			</item>
		<item>
		<title>Tribune : l’ultra performance dans le sport peut-elle servir la transition écologique ?</title>
		<link>https://encordees.fr/tribune-lultra-performance-dans-le-sport-peut-elle-servir-la-transition-ecologique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 Dec 2025 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<category><![CDATA[tribune]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ancien·ne·s athlètes de haut niveau, leur carrière a été rythmée par bien autre chose que les podiums et les entraînements. Une dissonance entre une pratique sportive aux impacts écologiques conséquents et leurs convictions personnelles a poussé les signataires de cette tribune — dont Clothilde Sauvages, cofondatrice du podcast Vent Debout, Xavier Cailhol, alpiniste, Lili Sebesi, navigatrice, Mathieu Navillod, skieur, Xavier Thévenard, ultra-traileur, et Flora Artzner, championne de wingfoil — à écrire une autre histoire du sport, davantage en accord avec leurs valeurs. Comment ? « En prenant la liberté d’aller moins loin dans l’excellence de [leurs] activités et de renoncer à la quête de la performance à tout prix, afin de [s’]aligner plus largement avec les enjeux écologiques actuels ». Des mots qui résonnent fortement en cette fin d’année 2025, marquant le 10ᵉ anniversaire de l’Accord de Paris, traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques, dont les engagements apparaissent aujourd’hui impossibles à respecter.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Tribune : l’ultra performance dans le sport peut-elle servir la transition écologique ?</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1552e359 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-12-31T17:00:00+01:00">31 Déc 2025</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">8 minutes</div>


<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong>Ancien.ne.s athlètes de haut niveau, leur carrière a été rythmée par les podiums et les entraînements. Mais pas que. Une dissonance entre une pratique sportive &#8211; aux impacts écologiques conséquents &#8211; et leurs convictions personnelles a poussé les signataires de cette tribune (dont Clothilde Sauvages, cofondatrice du podcast&nbsp;<em>Vent Debout</em>, Xavier Cailhol, alpiniste, Lili Sebesi, navigatrice, Mathieu Navillod, skieur, Xavier Thévenard, ultra-traileur, et Flora Artzner, championne de wingfoil) à écrire une autre histoire du sport, davantage en accord avec leurs valeurs. Comment ? « <em>En prenant la liberté d’aller moins loin dans l’excellence de [leurs] activités et de renoncer à la quête de la performance à tout prix, afin de [s’]aligner plus largement avec les enjeux écologiques actuels </em>». Des mots qui résonnent fortement en cette fin d’année 2025, marquant le 10ᵉ anniversaire de l’Accord de Paris, traité international juridiquement contraignant sur les changements climatiques, dont les engagements apparaissent aujourd’hui impossibles à respecter.</strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Le glacier des Bossons depuis Chamonix @Coralie Havas" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture.png 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-768x512.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>« Si certain.e.s sportif.ve.s souhaitent continuer à s&rsquo;engager dans le haut niveau en utilisant leur notoriété pour sensibiliser le grand public, d’autres s’impliquent dans les institutions pour les faire évoluer. De notre côté, <strong>nous avons fait le choix d&rsquo;abandonner le haut niveau</strong> tel qu’il est défini par les instances sportives et politique, pour redéfinir les contours de nos pratiques respectives, <strong>afin de respecter les limites planétaires et de promouvoir d&rsquo;autres manières de pratiquer, plus en accord avec les valeurs et les récits que nous souhaitons incarner</strong>. Dans ce texte, nous expliquons ce choix et pourquoi il nous semble que l’obsession sportive pour la performance nous conduit vers une impasse écologique.</p>



<p>2025 marque le dixième anniversaire de l&rsquo;Accord de Paris. Or, si les engagements pris à cette occasion sont désormais <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/06/19/limiter-le-rechauffement-climatique-a-1-5-c-est-desormais-inatteignable_6614266_3244.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">impossibles à respecter</a>, nous devons d’autant plus opérer des modifications radicales dans nos modes de vie afin de passer sous la barre des deux tonnes d’émissions de CO₂ par personne et par an. </p>



<p>Pour cela, des changements individuels sont nécessaires, mais aussi collectifs, dans le fonctionnement de nos sociétés. Ces changements sont essentiels pour maintenir les conditions d&rsquo;habitabilité sur nos territoires, préserver les activités qui constituent notre <a href="https://ich.unesco.org/fr/RL/l-alpinisme-01471" target="_blank" rel="noreferrer noopener">patrimoine culturel</a>, réduire les <a href="https://www.oxfamfrance.org/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">inégalités sociales</a> qui ne font que s’accroître au fur et à mesure des crises écologiques, mais aussi préserver le vivant et l’ensemble du <a href="https://reporterre.net/Philippe-Descola-La-nature-ca-n-existe-pas" target="_blank" rel="noreferrer noopener">non-vivant</a>. Sans cet ensemble d’équilibres, les questions de « <em>transition</em> » écologique que se posent nos sociétés aujourd’hui paraîtront bien futiles. Les modélisations scientifiques réalisées et synthétisées dans les <a href="https://climat.be/changements-climatiques/changements-observes/rapports-du-giec" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapports du GIEC</a> ne laissent aucun doute quant à l’ampleur des catastrophes à venir.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><strong>Le sport, dans sa forme dominante, s&rsquo;est historiquement construit en concomitance avec l&rsquo;avènement de la société capitaliste</strong></p></blockquote></figure>



<p>Dans le sport de haut niveau, les transformations sont trop lentes à advenir. Un constat, malheureusement peu surprenant, puisque <strong>le sport, dans sa forme dominante, s&rsquo;est historiquement construit en concomitance avec l&rsquo;avènement de la <a href="https://ventdeboutpodcast.fr/s01e02-plus-vite-plus-haut-plus-fort-avec-yann-borgnet-et-michael-attali/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">société capitaliste</a></strong> pendant la révolution industrielle ; sur des notions de progrès et de modernité, de mise en concurrence et de hiérarchisation. </p>



<p>Il n&rsquo;agit donc pas pour la transition écologique, mais pour la maximisation des profits. <strong>Ses « <em>champions</em> » sont celles et ceux qui n’ont pas d’autres choix que de s’insérer dans ce projet de société et d’en accepter les dissonances avec plus ou moins de confort.</strong> Ses dirigeants, sponsors et personnalités politiques, qui utilisent le sport à des fins politiques ou économiques, ne l&rsquo;envisagent que trop rarement (sinon jamais) comme un moyen d&rsquo;accélérer la transition écologique. <strong>Quant aux rêves que propose le sport de haut niveau à la masse des sportif.ves, ils mettent en avant un consumérisme exacerbé</strong> : nouveau matériel, voyages aux quatre coins du monde et <em>stars système </em>(souvent d’ailleurs bien loin de la réalité vécue par la majorité des athlètes).&nbsp;</p>



<p><strong>Les sportif.ves, qui développent une conscience écologique, et qui souhaitent poursuivre leur carrière dans les règles du système fédéral et du haut niveau, sont pour la plupart obligés d’accepter des dissonances fortes entre leur pratique sportive aux impacts écologiques conséquents et leurs convictions.</strong> La principale marge de manœuvre en leur pouvoir, et dans laquelle ils et elles trouvent un certain réconfort, tient dans l’acquisition d’une puissance médiatique permise par leur activité sportive et leur présence sur les réseaux sociaux. Cela leur permet alors de faire passer des messages écologiques et de souhait de changement de la société à la marge. Des prises de paroles, qui créent un sentiment d’imposture chez beaucoup et un inconfort à poursuivre leur pratique.</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Nous sommes alors arrivés à un tel niveau d’exigence et de performance que nous n’avions plus, ni le temps, ni la liberté d&rsquo;esprit de nous ouvrir à ce qui nous entoure et encore moins de participer largement aux projets de société.</p></blockquote></figure>



<p>Nous aussi, avons vécu cette dissonance au cours de nos carrières respectives dans le milieu du haut niveau. <strong>À nos débuts, nous nous sommes ouverts à des techniques nouvelles, aux autres et à la contemplation. </strong>Au fur et à mesure de nos progressions, nous avons découvert des collectifs, souvent fédéraux, nous amenant vers de plus en plus de connaissances. Ils nous ont permis d&rsquo;accroître notre technicité, notre niveau physique ou notre capacité à collaborer avec les autres. </p>



<p><strong>Puis un jour, pour atteindre le pallier suivant, le fameux « haut niveau », nous avons dû sacrifier quasiment tout ce qu’il y avait dans notre vie et tout ce qui relève de l’ouverture au monde.</strong> Nous sommes alors arrivés à un tel niveau d’exigence et de performance que nous n’avions plus, ni le temps, ni la liberté d&rsquo;esprit de nous ouvrir à ce qui nous entoure et encore moins de participer largement aux projets de société. En effet, combien de sportif.ves s’engagent pour des causes collectives pendant leur carrière ? Combien ont le temps de se consacrer à d’autres choses qu’à leur sport et leurs études ? C’est le prix à payer du haut niveau. </p>



<p>Nous aussi, avons dû faire fi des contraintes environnementales, faute de quoi, nous nous retrouvions dépassés par des avancées technologiques ou d’entraînement qui ne nous permettaient plus de rester « <em>compétitif.ve</em> ». <strong>Il fallait accepter de polluer, toujours plus, pour aller s’entraîner et concourir aux quatre coins du monde mais aussi, faire taire notre esprit critique qui nous chuchotait que quelque chose n’allait pas dans ce fonctionnement.</strong>&nbsp;</p>



<p>Pour beaucoup d’entre nous, le sport a été un terrain de construction personnel. Nous avons appris à connaître nos corps, à apprivoiser nos émotions, à comprendre un geste technique ou des démarches de progression. Nous avons vécu des moments extraordinaires. Mais aujourd’hui, les changements environnementaux que nous vivons, &#8211; pour certains dans nos activités sportives, pour tous dans nos vies &#8211; nous invitent à changer de cap et à apprendre le sens de la mesure. Une mesure, qui consiste à <strong>prendre la liberté d’aller moins loin dans l’excellence de nos activités, et de renoncer à la quête de la performance à tout prix, afin de nous aligner plus largement avec les enjeux écologiques actuels</strong>. </p>



<p>C’est la condition <em>sine qua non</em> de notre bien-être mental et sans doute l’une des seules voies possibles pour continuer à pratiquer ces activités sportives que nous chérissons, et pour pouvoir les léguer aux générations futures. Du moins, tant que les institutions sportives ne prendront pas suffisamment leurs responsabilités face à l’ampleur des enjeux. C&rsquo;est aussi notre manière de repenser la façon dont nous vivons nos sports, sans nous soustraire aux efforts collectifs qui doivent être menés pour bâtir cette société solidaire que nous appelons de nos vœux.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Cela nous a amené bien souvent à développer de nouvelles façons de pratiquer nos disciplines, sans les appauvrir, mais pour les enrichir. Pour renouer avec la notion du « jeu », au cœur même de l’idée du sport, pour nous ouvrir davantage au vivant qui nous entoure, qu&rsquo;il soit humain ou non humain…&nbsp;</p></blockquote></figure>



<p>Alors oui, nous avons fait des choix. Certain.es ont redéfini leur vision de la performance, d’autres redessinent les contours de leurs activités, ou encore abandonnent le « haut niveau ». <strong>Ce sont des décisions qui ne sont pas prises à la légère. Qui n’ont pas eu les mêmes conséquences pour toutes et tous, compte tenu de nos origines sociales. </strong>Des choix qui nous ont amenés à nous questionner sur ce que nous voulions apporter à ce secteur qui nous a tant donné. Que raconter ? Comment le raconter ? Comment faire pour continuer d’être écoutés ? Cela nous a amené bien souvent à nous former et à développer de nouvelles compétences, pédagogiques, vidéographiques, intellectuelles… Mais aussi et surtout, à développer de nouvelles façons de pratiquer nos disciplines, sans les appauvrir, mais pour les enrichir. Pour renouer avec la notion du « jeu », au cœur même de l’idée du sport, pour nous ouvrir davantage au vivant qui nous entoure, qu&rsquo;il soit humain ou non humain…&nbsp;</p>



<p>Nous sommes <a href="https://coveringclimatenow.org/projects/the-89-percent-project/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">89% dans le monde</a> à vouloir davantage d’actions pour le climat. Combien sommes-nous dans le sport ?</p>



<p>Cette composition d’un monde commun nous pousse à réfléchir sur ce que nous &#8211; sportif.ves et représentant·es de ce milieu &#8211; voulons apporter à la société. <strong>Quel sport voulons-nous incarner, promouvoir, faire exister ?</strong> Par cette lettre nous affirmons notre engagement. Celui de continuer dans les années à venir, à proposer des réflexions sur la part du sport dans la transformation des sociétés. Celui d’expérimenter des pratiques sportives plus mesurées et qui ne font pas de la performance sportive l’alpha et l’omega de nos décisions. Celui de porter des discours antifascistes, d’inclusion et de respect dans un monde qui peu à peu semble se déliter sous nos pieds. Celui d’être heureux dans le changement des valeurs de nos activités.&nbsp;</p>



<p><strong>Nous espérons être nombreux.ses à aller dans cette direction d’un monde sportif pluriel, au service d’une société solidaire, mesurée, alignée avec les enjeux écologiques et sociaux, et respectueuse du vivant et du non vivant.</strong>« </p>



<p><em>Signé par : Clothilde Sauvages, Xavier Cailhol, Thomas Michaud, Lili Sebesi, Mathieu Navillod, Xavier Thévenard, Flora Artzner</em></p>
</div></div>
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		<title>Caro North : l’expé’ où elle a choisi de rester seconde de cordée</title>
		<link>https://encordees.fr/caro-north-lexpe-ou-elle-a-choisi-de-rester-en-seconde-de-cordee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 16:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Exploits]]></category>
		<category><![CDATA[ecopoint]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[escalade]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Vivre ses rêves » est le mantra de Caro North. Cet été, l’alpiniste l’a pourtant décliné autrement - pour permettre à d’autres de réaliser les leurs.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Caro North : l’expé’ où elle a choisi de rester seconde de cordée</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1552e359 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-dfdfc5bc"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-d0707af9"><div style="font-style:normal;font-weight:700;" class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-12-17T17:00:00+01:00">17 Déc 2025</time></div></div>
</div></div>


<div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">9 minutes</div>


<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>« <em>Vivre ses rêves</em> » est le mantra de Caro North. Cet été, l’alpiniste l’a pourtant décliné autrement &#8211; pour permettre à d’autres de réaliser les leurs. Elle a encadré un groupe de passionnées parties ouvrir des <em>big walls</em> au Groenland, en privilégiant une approche en mobilité douce, et ce sans jamais imposer son <em>leadership</em> dans la cordée. Une évidence pour celle qui signait, en 2015, la première ascension 100 % féminine du Cerro Torre. Un équilibre de vie même, entre individualisme et dimension collective, qu’elle nous a raconté dans cet interview. </strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="Au sommet d&#039;une des grandes voies au Groenland (@Ramona Waldner)" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture.webp 1200w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-600x400.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/image-de-couverture-768x512.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Vous avez peut-être découvert Caro North grâce au documentaire « <a href="https://vimeo.com/ondemand/viasedna" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Via Sedna</a> » qui retrace son expédition 100 % féminine entre la France et les <em>big walls</em> du Groenland, via les rudes mers arctiques, aux côtés de la navigatrice Marta Guemas et de six autres femmes. C’était en 2022.</p>



<p>Trois ans plus tard, l’alpiniste, également guide de haute montagne remet ça. Autrement. En prenant la tête de la formation de l’équipe féminine du Club alpin suisse, elle s’est engagée, avec la guide Ramona Volki, à accompagner les six grimpeuses sélectionnées vers l’expédition de leurs rêves. Leur choix s’est tourné vers <strong>le Groenland, rejoint en mobilité douce, avec l’ambition d’ouvrir plusieurs <em>big walls</em> dans deux fjords différents</strong>. « <em>Ne pas prendre l’avion, c’est accepter de prendre plus de temps… pour vivre beaucoup plus d’aventures ! </em>», explique Caro North. « <em>Parce que, clairement, dix jours de voyage avec tous nos gros sacs, c’est bien plus d’aventures que si on avait pris un avion pour arriver directement au Groenland avec toutes nos affaires. </em>»</p>



<p>Résultat : sept semaines entre grimpe et voyage &#8211; train, bus, ferry, voilier -, six nouvelles voies ouvertes, et surtout une aventure humaine inoubliable. « <strong><em>L’humain, c’est vraiment ce qui reste. Bien plus que les longueurs gravies ou les voies ouvertes</em></strong> », résume l’alpiniste. Le fruit d’une longue préparation, autant physique que mentale, qu’elle raconte dans l’interview ci-dessous.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5.webp" alt="Caro North sur le voilier (@Ramona Waldner)" class="wp-image-3131" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/5-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">Caro North sur le voilier (@Ramona Waldner)</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-b51def74"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Qu’est-ce qui t’a poussée à t’engager dans ce projet ?</strong></strong></h2></div>



<p>Cela fait des années que le Club alpin suisse me demande de former leur équipe féminine. J’ai une solide expérience en expédition et, en tant que guide, je suis capable d’encadrer une équipe comme celle-ci. Mais j’ai longtemps refusé : je trouvais que cela représentait trop de responsabilités.</p>



<p>Dans ce type d’équipe, il y a des filles très fortes, qui aiment repousser les limites. Et ça me mettait un peu mal à l’aise. Puis, à un moment, je me suis dit : «<em> Allez, je suis prête. Je vais au moins essayer. </em>»</p>



<p>J’adore partager ma passion. C’est d’ailleurs pour ça que je ne suis pas seulement athlète. <strong>Je ne peux pas me contenter de mener mes propres projets et de suivre uniquement mes rêves. J’ai besoin de faire quelque chose pour les autres pour être heureuse. </strong>C’est aussi pour cela que je guide autant.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/3.webp" alt="Rêves de montagne (@Ramona Waldner)" class="wp-image-3135" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/3.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/3-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/3-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/3-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">Rêves de montagne (@Ramona Waldner)</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-06d749d7"><h2 class="uagb-heading-text"><strong><strong>Comment s’est déroulée la préparation de l’équipe féminine pour ce projet au Groenland ?</strong></strong></h2></div>



<p>L’essentiel de la préparation s’est fait lors de stages couvrant toutes les disciplines de l’alpinisme : montagne, escalade, grandes voies, cascade de glace, et même un peu de mixte en conditions hivernales. L’objectif était d’offrir aux filles une formation complète. Cela m’a vraiment rassurée de savoir que nous étions toutes au même niveau en matière de sécurité et de progression dans ces terrains-là.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-cc038db2"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Dans l’un de tes derniers </strong><a href="https://www.instagram.com/p/DRQKPcZiNEz/?img_index=1" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>posts Instagram</strong></a><strong>, tu expliques avoir endossé un rôle totalement nouveau : tu n’as jamais été première de cordée lors de cette expédition. Comment as-tu vécu le fait d’être davantage dans la transmission ?</strong></h2></div>



<p><strong>Mon objectif, c’était vraiment que ce soit </strong><strong><em>leur</em></strong><strong> expédition.</strong> Je voulais qu’elles fassent leurs propres choix, tout en pouvant s’appuyer sur mon expérience. Et honnêtement, je ne savais pas exactement comment les choses allaient se dérouler. Mais je tenais à ce que mon ego n’entre pas en jeu. Je voulais simplement les soutenir. Et finalement, ça a super bien fonctionné.</p>



<p>Je ne savais pas non plus si elles seraient capables de grimper toutes les longueurs en tête. On a donc fait beaucoup de préparation mentale avec des professionnels. L’idée était aussi de clarifier mon rôle : que ferait-on si, à un moment, les filles n’arrivaient pas à franchir une longueur ? Est-ce que je pouvais être une sorte de joker, en prenant la tête ? Ou fallait-il renoncer ? Après réflexion, les filles ont dit : « <em>Oui, ça paraît logique. Si on n’y arrive pas, c’est toi qui y vas.</em> »</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/6.webp" alt="Escalade au Groenland (@Ramona Waldner)" class="wp-image-3132" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/6.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/6-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/6-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/6-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">Escalade au Groenland (@Ramona Waldner)</figcaption></figure>



<p>Mais ce cas de figure ne s’est jamais présenté. Parce qu’elles sont vraiment très fortes. J’ai été tellement fière d’elles ! <strong>Pour la plupart, c’était la première fois qu’elles ouvraient des grandes voies aussi longues, à une telle distance de la maison.</strong> C’était génial de les voir tout faire elles-mêmes. Moi, j’étais juste là pour les soutenir en faisant beaucoup de hissage par exemple &#8211; pour qu’elles puissent garder toute leur énergie et grimper les longueurs en tête.</p>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-2a539932">
<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-c4808bdb"><h4 class="uagb-heading-text"><strong>5 raisons qui ont fait de cette expédition l’une des plus marquantes que j’aie vécues (par Caro North)</strong></h4></div>



<p><strong>#01. Adopter un rôle complètement nouveau</strong><br>Apprendre à lâcher prise, à soutenir plutôt qu’à prendre le leadership. Pas simple… mais infiniment enrichissant.<br><br><strong>#02. Voir les filles prendre le <em>leadership</em></strong><br>Assister à leurs choix, les voir tracer leurs propres voies, décider, grimper en autonomie… Une vraie leçon d’inspiration.<br><br><strong>#03. Vivre le travail d’équipe dans sa forme la plus pure</strong><br>Nous avons grimpé, cherché, résolu, avancé comme une seule équipe, sans <em>ego</em> : uniquement avec confiance, écoute et respect.<br><br><strong>#04. Partager le rôle de guide</strong><br>Travailler avec Ramona Volki a tout rendu plus fluide. On s’est soutenues, complétées, et on a créé un espace où les filles pouvaient vraiment s’épanouir.<br><br><strong>#05. Éprouver la joie de les voir réussir</strong><br>Porter, conseiller, transmettre… et observer leurs réussites. Une belle piqûre de rappel : parfois, prendre du recul a autant de valeur que de prendre le <em>leadership</em>.</p>
</div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-a2d6d38e"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>La préparation mentale était-elle spécifique à ce projet ou l’avez-vous intégrée tout au long de la formation ?</strong></h2></div>



<p><strong>Je voulais créer une base solide pour une équipe qui fonctionne bien, et pour moi, cela passait par la préparation mentale.</strong> Au début, on en a fait très peu, mais ce qui a vraiment fonctionné, c’est que nous avons rapidement identifié les attentes de chacune. À partir de là, nous avons commencé un vrai travail avec des psychologues du sport, seulement trois mois avant l’expédition.</p>



<p>Je pense que cette préparation mentale a été l’une des clés du succès. Nous ne nous sommes jamais disputées, même lors des voyages où nous étions constamment les unes sur les autres. Sur le voilier, contrairement à un camp de base, il n’y a pas moyen de s’isoler pour souffler : on est toutes à bord. <strong>Tout s’est superbement bien passé, car nous avions pris l’habitude de parler dès qu’un problème apparaissait. </strong>C’était vraiment incroyable et cela a rendu l’équipe incroyablement solide.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/4.webp" alt="Au coeur d'un fjord, au Groenland (@Ramona Waldner)" class="wp-image-3136" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/4.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/4-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/4-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/4-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">Au coeur d&rsquo;un fjord, au Groenland (@Ramona Waldner)</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-c2c2307d"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Qu’avez-vous travaillé exactement lors de vos séances de préparation mentale ?</strong></h2></div>



<p>Nous avons beaucoup travaillé sur les attentes et les peurs de chacune, ce qui nous a énormément aidées. <strong>Nous avons aussi appris à communiquer &#8211; vraiment bien, et de manière non-violente. Cela a permis de créer une base de confiance si solide que nous pouvions parler de tout, sans retenue. </strong>C’était incroyable de construire une équipe ainsi. Nous avons également beaucoup échangé sur les stratégies à adopter pour prendre des décisions, surtout en cas de désaccord.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-aebd7513"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>C&rsquo;était la première fois que tu vivais ces émotions partagées ?</strong></h2></div>



<p>Peut-être pas la première fois, mais c’était la première fois que tout était vraiment préparé de cette manière, et c’est ce qui était génial. Il y a trois ans, j’ai fait un long voyage avec huit copines au Groenland : nous sommes parties de France en voilier, avons ouvert une voie, puis sommes rentrées. Cette expédition m’a permis de comprendre toute la logistique pour se rendre au Groenland sans prendre l’avion. Là aussi, ça avait très bien fonctionné : huit filles à bord pendant trois mois, dans des conditions de mer difficiles.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="450" height="800" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/corps-du-texte-_portrait_.webp" alt="Regard vers l'horizon, sur le glacier (@Ramona Waldner)" class="wp-image-3137" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/corps-du-texte-_portrait_.webp 450w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/corps-du-texte-_portrait_-169x300.webp 169w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /><figcaption class="wp-element-caption">Regard vers l&rsquo;horizon, sur le glacier (@Ramona Waldner)</figcaption></figure>



<p>Nous avions parlé de tout, et c’était extrêmement bénéfique. <strong>Selon mon expérience, c’est souvent le cas lorsqu’on va en montagne entre femmes : on parle plus ouvertement de ce qui nous touche.</strong> L’alpiniste est souvent perçu comme un héros &#8211; « on n’a pas peur », « on est les plus forts » &#8211; alors qu’en réalité, la préparation mentale et la gestion des peurs sont essentielles.</p>



<p>Nous ne sommes pas des héros. Je n’aime pas du tout l’idée qu’on dise « <em>on est les meilleurs</em> » ou « <em>on n’a pas peur</em> ». Car, comme dans tous les sports, le mental est crucial en montagne, et il est indispensable de le travailler.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-8e8030b7"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>La fin de l’expédition a marqué la conclusion de trois années de stages et de sorties en montagne. Comment vivez-vous l’après ?</strong></h2></div>



<p>Le plus difficile, ça a été le retour en Suisse. Après sept semaines passées ensemble dans une expédition magique, on a réalisé à quel point tout s’était parfaitement déroulé : nous nous entendions à merveille, avons ouvert de nombreuses voies, bénéficié d’une météo idéale et d’un <em>skipper</em> incroyable. <strong>C’était presque comme vivre dans une bulle, un rêve. Revenir en Suisse et se séparer, c’était brutal.</strong> Retrouver la réalité, ne plus être ensemble et quitter ce rêve a été très difficile pour nous toutes.</p>



<p>Nous sommes restées en contact &#8211; nous nous sommes déjà retrouvées plusieurs fois pour grimper ou pour faire des présentations. Nous avons également fait un débriefing avec les psychologues qui nous avaient accompagnées, pour analyser ce qui s’était passé pendant l’expédition. Cela nous a aidées à revenir doucement à la réalité, en quelque sorte.</p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="450" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1.webp" alt="Au sommet (@Ramona Waldner)" class="wp-image-3133" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1.webp 800w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-600x338.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-300x169.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/1-768x432.webp 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">Au sommet (@Ramona Waldner)</figcaption></figure>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-0f684f09"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Tu aimerais refaire ce genre de projet à l’avenir ?</strong></h2></div>



<p>Oui, absolument. Ce projet m’a vraiment rendue heureuse. J’ai adoré soutenir les autres tout en les laissant faire leurs propres choix. Comme je le disais, je n’ai pas fait de longueur en tête, et pourtant, c’a été l’une de mes meilleures expéditions. Voir ce qu’elles réussissaient à accomplir, et constater que mon rôle consistait simplement à leur ouvrir des portes et les aider sans laisser mon <em>ego</em> prendre le dessus, a été incroyablement gratifiant.</p>
</div></div>



<p></p>
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		<item>
		<title>L’odyssée d’Aurélie Martin sur les traces des plus grands glaciers français : étape 1, le massif du Mont-Blanc</title>
		<link>https://encordees.fr/lodyssee-daurelie-martin-sur-les-traces-des-plus-grands-glaciers-francais-etape-1-le-massif-du-mont-blanc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 16:54:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[glaciers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://encordees.fr/?p=2903</guid>

					<description><![CDATA[<p>Aurélie Martin est une athlète qui s’engage. Mais pas question pour elle de mettre en avant ses performances individuelles : ce qu’elle veut, c’est utiliser sa passion pour des causes qu’elle estime justes. C’est pourquoi l’Annécienne, qui fait aujourd’hui partie des Climatosportifs, un collectif de sportif.ves engagé.es pour l’environnement, s’est lancée dans une traversée des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">L’odyssée d’Aurélie Martin sur les traces des plus grands glaciers français : étape 1, le massif du Mont-Blanc</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-07-23T17:54:35+01:00">23 Juil 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">6 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong>Aurélie Martin est une athlète qui s’engage. Mais pas question pour elle de mettre en avant ses performances individuelles : ce qu’elle veut, c’est utiliser sa passion pour des causes qu’elle estime justes. C’est pourquoi l’Annécienne, qui fait aujourd’hui partie des Climatosportifs, un collectif de sportif.ves engagé.es pour l’environnement, s’est lancée dans une traversée des plus grands glaciers de France, mêlant natation en lac alpin ainsi que des approches en vélo et randonnée. Le tout avec un objectif : sensibiliser à l’importance de la protection de ces géants. Un projet divisé en trois étapes, chacune se déroulant dans l’un des plus grands massifs alpins français, qu’elle mène actuellement. encordées a échangé avec Aurélie à l’issue de son aventure dans le massif du Mont-Blanc.</strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-3-2048x1365-1.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-3-2048x1365-1.png 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-3-2048x1365-1-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-3-2048x1365-1-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-3-2048x1365-1-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-3-2048x1365-1-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-3-2048x1365-1-1536x1024.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>Amoureuse des montagnes, voilà comment se définit Aurélie Martin, une triathlète partie à l’aventure à travers les Alpes cet été. <strong>Un projet où la performance est laissée au second plan. </strong>Puisque cette odyssée est avant tout un moyen de sensibiliser à l’importance de la protection des glaciers. Ces géants de glace, présentés comme de véritables réservoirs d’eau douce, n’ont de cesse de dépérir. Ils devraient d’ailleurs perdre entre 20 % et 52 % de leur masse d’ici 2100, tandis que ceux des Alpes pourraient avoir presque disparu. Face à cette situation alarmante, l’ONU a déclaré 2025 comme l’« année internationale de la préservation des glaciers ».</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-aaa14411 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/©-Aurelie-Martin-2-768x1024-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/©-Aurelie-Martin-2-768x1024-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/©-Aurelie-Martin-2-768x1024-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/©-Aurelie-Martin-2-768x1024-1.jpg" alt="" class="uag-image-2905" width="768" height="1024" title="©-Aurelie-Martin-2-768x1024" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Le regard tourné vers les glaciers<br>(@Aurélie Martin)</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-b97a1e9c"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>La sensibilisation environnementale, une vocation</strong></h2></div>



<p>Originaire de Nantes, Aurélie Martin a grandi loin des montagnes. « Je viens d’un sport un peu original, le hockey sur gazon », raconte-t-elle. « Comme c’était un peu niche, j’ai évolué assez vite. J’ai fait sport-études hockey pendant tout mon collège-lycée. J’ai ensuite voulu évoluer à plus haut niveau. Je suis donc allée à Paris pour pouvoir évoluer au plus haut niveau français, l’équivalent de la Ligue 1 en foot en quelque sorte ».</p>



<p>En parallèle, Aurélie se lance dans des études en droit et sciences politiques, jusqu’à obtenir un master en développement durable. « <strong>La préservation de l’environnement, c’était avant tout un engagement personnel</strong> », explique-t-elle. « Je n’ai jamais pensé en faire vraiment mon métier. Et par le fruit du hasard, mais surtout par une révolte personnelle sur le fait que mon sport avait un énorme impact environnemental, <strong>j’ai décidé de postuler auprès de la Fédération française de hockey pour en être responsable du développement durable. Un moyen d’aider mon sport à être plus vertueux </strong>».</p>



<p>Un premier pas l’ayant menée à se tourner vers la sensibilisation, au sein d’une ressourcerie sportive d’abord, puis au Climate Workout, un atelier ludique créé par l’éco aventurier Matthieu Witvoet à Annecy. C’est à ce moment-là que le triathlon est entré dans sa vie : « Même si j’ai toujours fait beaucoup de sport, je me suis vraiment mise au vélo il y a un an. Après avoir fait 15 ans d’un même sport, pouvoir faire trois sports différents en un, je trouve ça trop cool ».</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-afb3e296 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_7718-1024x751-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_7718-1024x751-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_7718-1024x751-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_7718-1024x751-1.jpg" alt="" class="uag-image-2906" width="1024" height="751" title="IMG_7718-1024x751" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Une enfance jamais trop loin des montagnes<br>(@Aurélie Martin)</figcaption></figure></div>



<p>Est ensuite né son projet autour des glaciers alpins. « J’ai répondu à un appel à projets du mouvement Maïf Sport Planet qui soutient chaque année celles et ceux souhaitant mêler aventure et préservation de l’environnement », détaille Aurélie. « Je suis assez sensible aux glaciers. Ça me touche beaucoup de les voir s’effacer. J’avais donc envie de faire un projet cette année dédié à la préservation des glaciers en utilisant ma passion, le triathlon ».</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-719050ad"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Une aventure sous le signe du partage</strong></h2></div>



<p>Une grande traversée des plus grands glaciers de France qu’elle a divisée en trois aventures, chacune se déroulant au sein d’un massif alpin : le Mont-Blanc, les Écrins et la Vanoise. « <strong>L’idée, c’est de faire un triathlon pendant 15 jours dans chaque massif en partant d’un lac alpin, en parcourant les massifs à vélo, puis en allant faire de la randonnée glaciaire sur les plus grands glaciers de chaque massif</strong> », nous a expliqué Aurélie. « Le tout avec un objectif : embarquer un maximum de gens avec moi dans l’aventure, sensibiliser à la préservation des glaciers, faire des vidéos de vulgarisation scientifique sur l’importance des glaciers et l’impact de leur fonte, mais aussi aller à la rencontre des acteurs locaux, des associations qui œuvrent au quotidien sur ces sujets-là. »</p>



<p>Le 25 mai, Aurélie est partie à la nage du lac Léman, le plus grand lac d’eau douce d’Europe, d’origine glaciaire. « J’avais fait un appel à tous les clubs de natation et les personnes qui faisaient de la nage en eau libre via des groupes Facebook. <strong>Ça me tenait à cœur de partager le début de cette aventure </strong>», détaille-t-elle.</p>



<p>Les quatre nageur.ses ont rejoint Évian-les-Bains, la première ville exportatrice d’eau douce mondiale. S’en sont suivis trois jours de vélo jusqu’à Chamonix par la route des Grandes Alpes. Un total de 200 kilomètres et 3 700 mètres de dénivelé positif.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-6c531013 wp-block-group-is-layout-flex">
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<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-52514877 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/©-Aurelie-Martin-3-768x1024-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/©-Aurelie-Martin-3-768x1024-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/©-Aurelie-Martin-3-768x1024-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/©-Aurelie-Martin-3-768x1024-1.jpg" alt="" class="uag-image-2907" width="768" height="1024" title="©-Aurelie-Martin-3-768x1024" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Sur le départ (@Aurélie Martin)</figcaption></figure></div>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-0ac2f49d">
<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-84836192 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/80fcea5b-93ba-45ff-9ded-26a52c8b3a8f-768x1024-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/80fcea5b-93ba-45ff-9ded-26a52c8b3a8f-768x1024-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/80fcea5b-93ba-45ff-9ded-26a52c8b3a8f-768x1024-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/80fcea5b-93ba-45ff-9ded-26a52c8b3a8f-768x1024-1.jpg" alt="" class="uag-image-2908" width="768" height="1024" title="80fcea5b-93ba-45ff-9ded-26a52c8b3a8f-768x1024" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">En montagne (@Aurélie Martin)</figcaption></figure></div>
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</div>



<p>Une fois arrivée à la capitale mondiale de l’alpinisme, Aurélie s’est lancée dans une traversée des plus grands glaciers du massif, en commençant donc par <strong>deux jours sur la Mer de Glace, sans doute l’un des lieux les plus symboliques quand on parle de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers</strong>. Avant d’enchaîner sur une journée sur le glacier d’Argentière et une journée sur le glacier des Bossons, sous lequel se forme un lac proglaciaire qui constitue une menace d’inondation soudaine pour les populations et infrastructures en aval, si bien que des travaux de vidange sont régulièrement entrepris.</p>



<p>« J’ai été accompagnée d’un guide et médiateur scientifique local qui travaille pour la réserve naturelle des Aiguilles Rouges », raconte Aurélie. « On a fait de la randonnée glaciaire ». L’équivalent d’environ 60 kilomètres de marche, entrecoupée de rencontres avec des locaux.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-fbd7e805"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Direction les Écrins</strong></h2></div>



<p>De Chamonix, Aurélie a ensuite rejoint Annecy à vélo. « L’idée, c’était d’arriver sur le triathlon de l’Alpsman », raconte-t-elle. « Un triathlon partenaire de la Maïf, avec qui je collabore. Ça m’a permis de finir cette première étape sur un événement ».</p>



<p>Elle a ensuite prévu de prendre la direction du massif des Écrins. « J’aimerais avoir de l’impact en termes de sensibilisation », conclut-elle. « À terme, j’aimerais arriver à amener des cordées avec moi sur les glaciers. <strong>Dans les Écrins, j’aimerais vraiment beaucoup travailler avec les refuges, mais aussi une population plus touristique et plus jeune qui n’a pas forcément conscience des enjeux environnementaux</strong> ». Avec toujours le même objectif en tête : mettre l’accent sur l’impact que peut avoir son aventure plutôt que sur sa performance individuelle.</p>
</div></div>
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		<title>Nolwen Berthier « J’ai de plus en plus l’impression qu’on consomme la nature pour notre passion »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 May 2025 17:10:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réinventer ses rêves, voilà ce que propose Nolwen Berthier, grimpeuse de haut niveau, la 6e femme au monde à réussir une voie en 9a+, qui a décidé d’utiliser son image pour porter avec radicalité les enjeux écologiques. Elle a dressé dans le carnet Le monde du sport face à l’urgence écologique une série de portraits [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Nolwen Berthier « J’ai de plus en plus l’impression qu’on consomme la nature pour notre passion »</h1></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-81fe04b2 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-05-20T18:10:44+01:00">20 Mai 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">14 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong>Réinventer ses rêves, voilà ce que propose Nolwen Berthier, grimpeuse de haut niveau, la 6e femme au monde à réussir une voie en 9a+, qui a décidé d’utiliser son image pour porter avec radicalité les enjeux écologiques. Elle a dressé dans le carnet <em>Le monde du sport face à l’urgence écologique</em> une série de portraits de celles et ceux ayant fait le choix de tracer d’autres chemins, avec courage, créativité et espoir. Des récits inspirants, profondément humains, qui montrent qu’un autre sport est possible&nbsp;: plus sobre, plus juste, plus aligné avec le vivant. Un livre pour nourrir ses rêves, et en faire naître de nouveaux. À glisser sans aucune hésitation dans son sac de grimpe ou de rando cet été.&nbsp;</strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Nolwen-Berthier-@Christoph-Muster-2048x1365-1.webp" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Nolwen-Berthier-@Christoph-Muster-2048x1365-1.webp 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Nolwen-Berthier-@Christoph-Muster-2048x1365-1-600x400.webp 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Nolwen-Berthier-@Christoph-Muster-2048x1365-1-300x200.webp 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Nolwen-Berthier-@Christoph-Muster-2048x1365-1-1024x683.webp 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Nolwen-Berthier-@Christoph-Muster-2048x1365-1-768x512.webp 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Nolwen-Berthier-@Christoph-Muster-2048x1365-1-1536x1024.webp 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
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<p>C’est depuis Stockholm, entre deux trains, que Nolwen a répondu à encordées. Elle revenait d’un voyage à Flatanger, spot de grimpe norvégien qu’elle a rejoint à la voile. Un projet qui s’inscrit dans la pratique de l’escalade qu’elle défend dans <em>Le monde du sport face à l’urgence écologique</em>. <strong>Sa vision est claire :&nbsp;construire des rêves où le dépassement de soi est sain, à la fois vis-à-vis des autres, de la planète et de soi.</strong></p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-0652f211 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Collection-22Le-monde-du-.-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Collection-22Le-monde-du-.-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Collection-22Le-monde-du-.-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/Collection-22Le-monde-du-.-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024-1.jpg" alt="" class="uag-image-2914" width="819" height="1024" title="Collection-22Le-monde-du-.-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Collection Le monde du […] face à l’urgence écologique @ Editions La Plage</figcaption></figure></div>



<p>Ce carnet, qui s’inscrit dans la collection <em>Urgence écologique</em>, est une véritable source d’inspiration. Et d’espoir ! Il met en avant des personnalités issues du monde des sports outdoor qui ont décidé, après avoir pris conscience des enjeux environnementaux auxquels nous sommes confronté.e.s, de s’engager, chacun à sa manière, avec sa propre sensibilité :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Isabelle Autissier</strong>, navigatrice première femme à réaliser un tour du monde en solitaire, ancienne présidente de la branche française du WWF</li>



<li><strong>Bénédicte Desreux</strong>, responsable RSE chez Millet Mountain Group</li>



<li><strong>Olivier Erard</strong>, ingénieur des mines de Saint-Étienne spécialisé en glaciologie qui piloté l’adaptation du territoire de Métabief (Jura)</li>



<li><strong>Younès Nezar</strong>, athlète de 100 mètres, co-fondateur et président de l’association Les Climatosportifs</li>



<li><strong>Stéphane Passeron</strong>, membre de l’équipe de France de ski de fond pendant plus de 20 ans, porte parole du collectif NO JO !</li>



<li><strong>Gérard Rougier</strong>, snowboarder, directeur territoires et environnement de la Fédération française de golf</li>



<li><strong>Clothilde Sauvages</strong>, co-fondatrice de «&nbsp;Vent Debout&nbsp;», le podcast qui prône la place politique du sport</li>



<li><strong>Xavier Thénevard</strong>, traileur vainqueur de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) en 2013, 2015 et 2018</li>



<li><strong>Stan Thuret</strong>, cinéaste-navigateur ayant décidé de renoncer à la compétition&nbsp;</li>
</ul>



<p><strong>Des profils éclectiques qui donnent matière à penser, à questionner nos pratiques. Le tout présenté de manière synthétique et didactique.&nbsp;</strong></p>



<p>«&nbsp;L’objectif est de donner de l’espoir, de donner envie d’agir&nbsp;» précise Nolwen. «&nbsp;Un des sujets majeurs liés à l’écologie dans la pratique de l’escalade est celui des déplacements. Les destinations qui font rêver sont celles qu’on voit sur Instagram : les États-Unis, Rockland en Afrique du Sud. <strong>On prenait finalement l’avion pour aller en Grèce alors que les meilleur.e.s grimpeur.se.s du monde viennent pour le caillou du sud de la France. </strong>On aurait pu simplement rester près de la maison. C’est finalement assez paradoxal car on va dans des endroits inaccessibles, on cherche à être seul.e et tranquille. Mais cela trouble toutes les autres espèces. <strong>Nous sommes privilégié.e.s, et avons un impact important sur la biodiversité, d’autant que notre activité connaît un boom du nombre de pratiquant.e.s. </strong>Finalement, j’ai de plus en plus l’impression qu’on consomme la nature pour notre passion et qu’il faut repenser cette manière de cohabiter, d’être moins dans la domination des humains sur la nature de manière générale.&nbsp;»&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-45689250"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Pourquoi avoir choisi d’écrire ce livre ?</strong></h3></div>



<p>Ce livre s’inscrit dans la collection <em>Urgence écologique</em>, lancée par Ingrid Kandelman – qui accompagne la transformation des organisations, en particulier sur les questions écologiques. Quatre premiers carnets sont sortis au mois de septembre. Ils portent sur quatre secteurs : la mode, l’influence, la gastronomie et le journalisme. Chacun donne la parole à une dizaine d’acteurs, qui racontent leurs parcours et leur engagement écologique.</p>



<p>Ingrid a ensuite pensé au monde du sport. Elle m’a appelée pour me proposer de prendre en charge ce carnet-là. En résumé, je devais choisir les profils, interviewer les personnes, et retranscrire leur récit.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-f37882a4"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Avant de parler plus en détail du contenu du carnet, peux-tu rappeler en quoi l’impact environnemental du sport est problématique ?</strong></h3></div>



<p>Le secteur du sport est assez complexe, justement parce qu’il recouvre de nombreuses dimensions : le sport loisir, le sport événementiel, le sport business, sans oublier toutes les marques impliquées dans ce milieu. Cette diversité rend l’empreinte environnementale difficile à cerner, car elle s’étend de la pratique individuelle, quotidienne, jusqu’à un système économique global, avec ses événements, ses marques, ses associations, ses fédérations et l’ensemble des institutions qui l’encadrent.</p>



<p>«&nbsp;Concrètement on peut identifier 9 grands volets d’impact, que l’on appelle les limites planétaires : on y retrouve notamment le dérèglement climatique, et l’érosion de la biodiversité, l’acidification de l’océan ou encore les pollutions chimiques. Ce sont les seuils à ne pas dépasser pour que la planète reste habitable.&nbsp;Si l’on regarde ce qu’il se passe dans le sport sous ce prisme, cela concerne aussi bien les déplacements – qu’il s’agisse de spectateurs ou de pratiquants – que l’énergie nécessaire pour chauffer, climatiser ou éclairer les infrastructures sportives.</p>



<p>À cela s’ajoute la question de l’artificialisation des sols, avec la construction de gymnases, de stades ou de piscines. Sans parler de tout l’aspect matériel : la fabrication d’équipements, qui mobilise des ressources non renouvelables, et les déchets ou pollutions que cela peut engendrer. Ce n’est évidemment pas exhaustif, mais ce sont quelques exemples pour illustrer les enjeux environnementaux liés au sport.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-a5cae596"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>L’impact des sports outdoor est parfois sous-estimé. Pourquoi est-il important d’en parler aussi ?</strong></h3></div>



<p><strong>Quand on pratique un sport outdoor, on bénéficie souvent d’une image «&nbsp;écolo&nbsp;» </strong>– parce qu’on associe le lieu à la manière de pratiquer. On se dit que, puisqu’on est en pleine nature, on est censé la respecter. Ce raisonnement paraît logique… mais dans les faits, ce n’est pas toujours le cas. Par exemple, les déplacements représentent un vrai point noir. On devient très dépendants des conditions météo et on cherche sans cesse de nouveaux spots. Résultat : on brûle du pétrole pour traverser la région, voire la France entière, juste pour aller pratiquer dans la nature.</p>



<p>Il y a une vraie ambivalence à ce niveau-là. Et on sous-estime aussi beaucoup notre impact sur la biodiversité. C’est un sujet encore trop absent du débat public. La biodiversité, c’est un peu la grande oubliée de la cause écologique aujourd’hui. Le dérèglement climatique, lui, a pris beaucoup de place dans les médias ces cinq ou six dernières années — mais la biodiversité, on en parle très peu. Pourtant, dans les sports outdoor, on est en contact direct avec la nature. On cherche des endroits isolés, là où il n’y a personne. Mais justement, ce sont souvent des lieux riches en espèces — animaux, plantes, etc. Et on a un impact énorme, même sans le vouloir : on dérange, on piétine… même quand on essaie de bien faire.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-9d222bab"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Une phrase m’a particulièrement frappée dans ton ouvrage : « J’ai dû réinventer mes rêves ». Tu peux nous en dire plus ?</strong></h3></div>



<p>Je fais partie d’une génération pour qui avoir une démarche écolo, c’était simplement faire le tri. Mes rêves se sont construits dans cet environnement-là. Sauf que, quand on prend réellement conscience de l’urgence écologique, il y a des choses qui ne sont plus possibles — indépendamment des rêves qu’on avait construits.</p>



<p>Par exemple, prendre l’avion pour aller passer un mois à Rocklands [<em>secteur d’escalade situé en Afrique du Sud, ndlr</em>], c’était totalement envisageable à une époque. De la même manière, <strong>quand j’étais jeune, je rêvais de faire une finale de Coupe du monde. Mais aujourd’hui, ce que ça demande en termes d’impact — déplacements, entraînement, rythme de vie — ce n’est plus compatible avec mes convictions.</strong></p>



<p>Alors parfois, on peut réinventer le «&nbsp;comment&nbsp;». Si je reprends l’exemple de Rocklands, ce serait imaginer une expé à la voile pour y aller autrement. Mais il y a aussi des cas où il faut carrément inventer de nouveaux rêves — des rêves qui soient en accord avec ses valeurs, pour rester aligné, et que ça continue à rendre heureux.</p>



<p>Et ça, ce n’est pas évident, parce qu’<strong>on évolue dans une société qui continue de valoriser ces anciens rêves.</strong> Si je reprends encore une fois Rocklands : chaque été, on est matraqués d’images du site [<em>dans les médias de grimpe, sur les réseaux sociaux, ndlr</em>], parce que la majorité des gens y vont encore. Donc même si tu veux t’en détacher, la norme te le remet constamment sous les yeux.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-0a2b1198"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>J’imagine que toi, en tant que grimpeuse, tu dois être frustrée de ne pas pouvoir aller partout.</strong></h3></div>



<p>Non, pas vraiment. Parce que j’arrive quand même à construire des projets qui sont en accord avec qui je suis. Par exemple, je suis allée à Flatanger [<em>en Norvège, ndlr</em>], et je suis vraiment contente de la manière dont je l’ai fait. J’arrive à nourrir une partie de mes rêves simplement en changeant la manière de les atteindre. Donc non, il n’y a pas de frustration à avoir. C’est d’ailleurs pour ça que je parle de réinventer ses rêves. <strong>L’enjeu, c’est de réussir à construire des choses qui nous font vibrer, qui nous donnent envie de mettre de l’énergie, mais en dehors de la norme dominante de la société.</strong></p>



<p>Et je pense que si on parvient à nourrir des rêves qui vont dans ce sens-là, alors, au fond, il n’y a plus de frustration — parce qu’on est alignés avec soi-même.</p>



<p>Après, il faut rester lucide. L’écologie, ce n’est jamais tout noir ou tout blanc. C’est une histoire de compromis, de nuances de gris. Il y a toujours quelque chose à redire. Même le fait d’aller en Norvège à la voile, ça peut être critiquable. Rien n’est parfait. La vraie question, c’est : quelles sont les limites qu’on se fixe ? Qu’est-ce qu’on considère comme acceptable ? Qu’est-ce qu’on juge suffisant ?</p>



<p>Ce que je trouve difficile dans le combat écologique, en revanche, c’est qu’on a souvent l’impression de ne jamais en faire assez. Et ça, pour le coup, oui, c’est une vraie source de frustration.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-7f4d54ff"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Le sport est souvent associé à des valeurs positives – dépassement de soi, solidarité. Comment les concilier avec les changements profonds que demande l’écologie ?</strong></h3></div>



<p>Je pense qu’il faut réussir à construire une forme de dépassement de soi qui ne dépasse pas les limites planétaires, et qui rassemble les humains au lieu de les diviser. <strong>Le dépassement de soi, en soi, ce n’est pas un problème. Ce qui l’est davantage, c’est la quête systématique de dépassement de l’autre.</strong> L’enjeu, c’est d’imaginer une pratique sportive qui soit plus collective, plus joyeuse. Et qui nous rassemble.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-43cd9963"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Est-ce que ça veut dire, potentiellement, renoncer aux compétitions telles qu’elles existent aujourd’hui ?</strong></h3></div>



<p>La compétition, c’est un cadre où le dépassement de soi est poussé à son paroxysme. Et ça peut être très fort. Je l’ai vécu : dans certaines compétitions, je me suis vraiment dépassée, mais pas forcément pour battre l’autre — c’était un dépassement personnel. Après, je pense que ça dépend de l’état d’esprit dans lequel on entre dans la compétition. Ce n’est pas vécu de la même manière par tout le monde. En revanche, le modèle actuel des compétitions, où on s’entraîne toute l’année pour prendre l’avion tous les week-ends et faire le tour du monde, ça, oui, c’est clairement à repenser.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-eb17dcb9"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Tout le monde n’a pas envie de revoir ce modèle, non ?</strong></h3></div>



<p>J’ai l’impression que tout le monde est à peu près conscient des enjeux. Mais ça demande de renoncer, de réinventer ses rêves — et ce n’est pas facile, surtout quand la société te répète : <em>« Tu seras heureux.se quand tu monteras sur le podium des Jeux olympiques. »</em></p>



<p>Ce n’est pas simple. Et c’est pour ça que ce ne peut pas être uniquement un changement individuel. Il doit aussi être institutionnel. Tant que les fédérations ne s’empareront pas du sujet, rien ne pourra vraiment bouger. On ne peut pas faire reposer toute la responsabilité sur les épaules des compétiteurs. C’est un changement systémique qui doit avoir lieu.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-b9efd7f5"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Le sport est souvent perçu comme apolitique. Est-ce que ton livre cherche à bousculer cette idée ?</strong></h3></div>



<p>Je pense que c’est un mythe, cette idée-là. On aime se dire que le sport est apolitique – on le répète souvent. Mais en réalité, il ne l’est pas du tout. Les sportifs ont une influence énorme aujourd’hui, et le sport, dans son ensemble, a une place centrale dans notre société.</p>



<p>Clothilde Sauvages [à l’origine du podcast <em>Vent Debout</em>, <em>ndlr</em>] le dit très bien dans le carnet : le sport est partout. Il y a une étude du MIT qui montre que, depuis les années 1950, les sportifs ont plus d’influence sur nos sociétés que les politiques. Je trouve que ça résume bien la situation. On aimerait que le sport soit apolitique… mais il suffit de regarder l’argent qui y circule, notamment via les marques, pour comprendre qu’il ne l’est pas du tout.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-a0232e43"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Penses-tu que les sportifs de haut niveau doivent être exemplaires avant de prendre la parole sur l’environnement ? Ou, au contraire, assumer leurs contradictions ?</strong></h3></div>



<p><strong>Je pense que ça pose une vraie question : est-ce qu’on doit assumer l’empreinte environnementale de son métier ?</strong> Et souvent, on a du mal à voir le fait d’être sportif de haut niveau comme un métier. Pourtant, c’en est un. Et ce qui est frappant, c’est qu’on pose beaucoup plus facilement cette question-là à un.e sportif.ve qu’à d’autres professionnels. On va rarement demander à un ingénieur chez Airbus : <em>« Est-ce que tu te sens légitime pour parler d’écologie, vu ce que tu fais ? »</em> Pourtant, c’est la même problématique. Simplement, le sport est plus exposé, plus visible.</p>



<p>Mais aujourd’hui, on ne peut plus faire semblant. On ne peut plus ignorer les contradictions. Donc oui, être sportif de haut niveau, comme être ingénieur chez Airbus, ça pose des questions. Et je sais que beaucoup de gens, même sans forcément prendre la parole publiquement, vivent des contradictions personnelles très fortes, parce que leur conscience écologique grandit. Et ça entre en tension avec leur métier, avec leur rôle dans la société.</p>



<p><strong>Comme on réinvente nos rêves, il faut aussi apprendre à réinventer nos métiers. Et c’est complexe, parce qu’il y a aussi la réalité de devoir gagner sa vie.</strong> Rien n’est simple. Mais il faut pouvoir avoir ces discussions-là.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-89afd9ba"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Est-ce que tu envisages de prolonger ce travail par d’autres projets autour du sport et de l’écologie ?</strong></h3></div>



<p>Oui, tout à fait. Il y a par exemple <em>Ordinary Project</em>, un programme de formation pour les athlètes et leurs sponsors, mis en place par Protect Our Winters. J’ai participé à la conception de ce programme. Ce projet combine exactement ces enjeux : comment former les athlètes pour qu’ils avancent dans leur relation professionnelle avec les marques, et en même temps faire évoluer ces marques sur les questions écologiques. L’objectif, c’est que tout le monde soit à la fois plus à l’aise sur ces sujets-là et puisse mieux y contribuer.</p>



<p>C’est un exemple parmi d’autres. Par exemple, sur un autre projet en Norvège, on a tourné un film, une fiction un peu dystopique. Il raconte l’histoire de deux petits personnages qui s’échappent d’une société de contrôle pour aller grimper dehors en Norvège. À travers ce voyage, ils s’émancipent de toutes les valeurs imposées par la société, et redécouvrent l’émerveillement.</p>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-745f3c9e">
<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-7c882ea6"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>Lire <em>Le monde du sport face à l’urgence écologique</em></strong></h3></div>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-428e8db4 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/22Le-monde-du-sport-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/22Le-monde-du-sport-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/22Le-monde-du-sport-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/22Le-monde-du-sport-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024-1.jpg" alt="" class="uag-image-2915" width="819" height="1024" title="22Le-monde-du-sport-face-a-lurgence-ecologique22-@-Editions-La-Plage-819x1024" loading="lazy" role="img"/><figcaption class="uagb-image-caption">Le monde du sport face à l’urgence écologique @ Editions La Plage</figcaption></figure></div>



<p><strong>Résumé</strong> : Le sport est aujourd’hui au coeur d’une industrie dont les empreintes carbone et biodiversité sont très fortes. La quête de dépassement de soi et d’exploits sportifs peut éclipser les considérations environnementales. Pourtant, dans ce secteur, des personnalités inspirantes, talentueuses et pionnières sont en train de changer en profondeur leurs pratiques. «&nbsp;Le Monde du sport face à l’urgence écologique&nbsp;» permet de découvrir leur histoire et leur engagement.</p>



<p><strong>Editeur</strong> : La Plage<br><strong>Publication</strong> : 16 avril 2025<br><strong>Prix</strong> : 6,95 €<br><em><strong>À découvrir <a href="https://www.laplage.fr/produit/23537/9782383385684/le-monde-du-sport-face-a-l-urgence-ecologique" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a></strong></em></p>
</div>
</div></div>



<p></p>
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		<item>
		<title>Clara Arnaud : « Il me tient à coeur de créer des personnages féminins qui ne soient pas des clichés de ce qu’on attend de la féminité »</title>
		<link>https://encordees.fr/clara-arnaud-il-me-tient-a-coeur-de-creer-des-personnages-feminins-qui-ne-soient-pas-des-cliches-de-ce-quon-attend-de-la-feminite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 18:10:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>
		<category><![CDATA[livre]]></category>
		<category><![CDATA[pyrénées]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec&#160;Et vous&#160;passerez comme des vents fous, Clara Arnaud signe un roman puissant, mêlant poésie et biologie, qui nous emporte au cœur des Pyrénées. Récompensé par le Prix du roman d’écologie 2024, l’ouvrage aborde la question sensible de la cohabitation entre humains et ours, sans jamais céder au manichéisme. Présente fin mars au festival&#160;Agir pour les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Clara Arnaud : « Il me tient à coeur de créer des personnages féminins qui ne soient pas des clichés de ce qu’on attend de la féminité »</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-04-30T19:10:41+01:00">30 Avr 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">9 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Avec&nbsp;<em>Et vous&nbsp;passerez comme des vents fous</em>, Clara Arnaud signe un roman puissant, mêlant poésie et biologie, qui nous emporte au cœur des Pyrénées. Récompensé par le Prix du roman d’écologie 2024, l’ouvrage aborde la question sensible de la cohabitation entre humains et ours, sans jamais céder au manichéisme. Présente fin mars au festival&nbsp;<em>Agir pour les glaciers</em>&nbsp;à Bourg-Saint-Maurice, l’autrice, installée en Ariège, y a partagé sa vision d’un monde vivant à écouter autant qu’à raconter.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8630-2048x1365-1.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8630-2048x1365-1.jpg 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8630-2048x1365-1-600x400.jpg 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8630-2048x1365-1-300x200.jpg 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8630-2048x1365-1-1024x683.jpg 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8630-2048x1365-1-768x512.jpg 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8630-2048x1365-1-1536x1024.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Un constat se lit entre les lignes du dernier roman de Clara Arnaud : émerveillons-nous tant qu’il est encore temps, levons le pied, écoutons la nature, inspirons-nous d’elle. Vous n’y trouverez cependant aucun jugement moralisateur. Un équilibre délicat, étant donné le sujet abordé : la question de l’ours dans les Pyrénées.</p>



<p>Dans&nbsp;<em>Et vous passerez comme des vents fous</em>, on suit alternativement trois personnages. Gaspard, un berger pyrénéen, s’apprête à remonter en estive avec ses brebis, hanté par un accident tragique survenu la saison précédente. Alma, une jeune éthologue, vient d’intégrer le Centre national pour la biodiversité, dans le but d’étudier le comportement des ours et de proposer des réponses adaptées à la prédation du plantigrade. Le tout est ponctué par l’histoire de Jules, jeune saltimbanque parti, à l’orée du XXe siècle, tenter sa chance à New York avec son animal.</p>



<p>«&nbsp;<strong>J’ai besoin d’avoir une relation intime avec le territoire sur lequel j’écris</strong>&nbsp;», explique Clara Arnaud. « Je n’écris jamais sur les Pyrénées ou sur l’Asie centrale. Mais j’écris à partir de. Parce que j’y vis, je les traverse. J’y consacre du temps. » Géographe de formation, l’autrice utilise aussi la cartographie — ce qui est directement avec lien avec sa pratique de la marche.</p>



<p>Au-delà de cette immersion, à la fois active et contemplative, l’hyperactive Clara Arnaud prend aussi le temps d’échanger avec les natifs de ces lieux. « Je suis toujours plus ou moins de passage. À mon âge, je ne serai jamais ‘de quelque part’. Avoir une vie ancrée sur une, voire plusieurs générations, ce n’est pas mon histoire, ni celle de ma famille », confie-t-elle. « C’est pourquoi j’aime me raccrocher à leurs récits, ainsi qu’aux représentations artistiques qui sont faites de ce territoire. »</p>



<p>« J’ai écrit ce livre en glissant mes pas dans ceux des gens de l’OFB [<em>Office Français de la Biodiversité, ndlr</em>], ainsi que d’un réseau de bénévoles qui s’occupent du suivi de la population d’ours », poursuit l’autrice. « Ils notent les traces, les poils, les empreintes, et répertorient les individus. Ceux qui sont encore là, ceux dont on ne retrouve plus la trace, que l’on considère comme morts ou probablement partis. »</p>



<p>Pour les personnages issus du monde pastoral, Clara Arnaud a accompagné des bergers, véritables médiateurs entre elle et la montagne. « C’était un réservoir de connaissances explique-t-elle. « Certains avaient un savoir scientifique, des connaissances naturalistes bien plus développées que les miennes. Ils m’ont appris à reconnaître les traces de l’ours, à anticiper la pluie, à savoir quand se mettre à l’abri. Et évidemment, quand on fait ces suivis, on est hors sentiers. Et les bergers aussi le sont, avec un rapport au territoire profondément différent. Ils en ont une connaissance extrêmement fine, liée à leur pratique quotidienne. »</p>



<p>L’autrice a été particulièrement marquée par&nbsp;<strong>Francis, un berger qu’elle décrit comme une sorte de passeur</strong>, féru à la fois d’orientologie et de botanique, sans oublier l’histoire locale. « Il ne&nbsp;<em>fait</em>&nbsp;pas le métier de berger : il&nbsp;<em>est</em>&nbsp;berger », souligne-t-elle. Fait rarissime : Francis réalise ses estivales sur la même montagne depuis quarante ans. Il en est donc devenu le témoin privilégié, observant ses moindres évolutions.</p>



<p>Ce qui a le plus frappé Clara Arnaud, c’est le rapport presque sacré que Francis entretient avec son environnement. «&nbsp;<strong>Il est vraiment dans le prendre soin. Non seulement des brebis, mais de toute la montagne</strong>&nbsp;» détaille-t-elle. « Il m’a même confié ses carnets de berger. Il en écrivait des tartines. On y retrouve ce souci constant des autres. C’est un grand lecteur, un grand poète. […] Je lui dois même le titre du roman, qui est le dernier vers d’un poème arménien qu’il m’a fait découvrir. »</p>



<div class="wp-block-uagb-image uagb-block-9cae37e4 wp-block-uagb-image--layout-default wp-block-uagb-image--effect-static wp-block-uagb-image--align-none"><figure class="wp-block-uagb-image__figure"><img decoding="async" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8664-683x1024-1.jpg ,https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8664-683x1024-1.jpg 780w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8664-683x1024-1.jpg 360w" sizes="auto, (max-width: 480px) 150px" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/IMG_8664-683x1024-1.jpg" alt="" class="uag-image-2955" width="683" height="1024" title="IMG_8664-683x1024" loading="lazy" role="img"/></figure></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-25af5bef"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Comment Clara Arnaud raconte la montagne</strong></h2></div>



<p>«&nbsp;<strong>J’ai eu la chance de grandir dans une famille où il n’y avait pas de hiérarchie entre les êtres vivants.</strong>&nbsp;Ce n’était pas formulé ainsi, mais c’était vécu comme ça avec mes parents », confie l’autrice. Une enfance qui, sans aucun doute, a nourri son écriture. « J’observais le paysage alentour comme un écosystème peuplé d’êtres vivants. Et la manière dont j’écris le monde vivant est très influencée par ces représentations. »</p>



<p>« Je pense qu’il est nécessaire d’aller plus loin dans nos perceptions », poursuit Clara Arnaud. « Aussi bien olfactives que visuelles, etc. Et ce n’est pas du tout quelque chose que l’on nous enseigne à l’école. »</p>



<p>Pas question, pour autant, de raconter une montagne sauvage, vierge de toute présence humaine. Ce qu’elle dépeint, c’est plutôt un lieu habité, partagé entre humains et autres organismes vivants, où la cohabitation est parfois complexe. « Je veux aussi bien raconter les tensions, les frictions que les interdépendances », précise-t-elle. « Car le roman, c’est un art d’‘aller vers’. C’est faire le pari de&nbsp;ne&nbsp;pas&nbsp;raconter&nbsp;le&nbsp;monde uniquement par le prisme de son propre regard, mais de se dire : ‘Je vais essayer d’adopter le regard, la sensibilité de quelqu’un d’autre. Et je vais m’y essayer au plus près de ce que je peux faire.’</p>



<p>« Même si, quand je me mets dans la peau de quelqu’un dont la pensée est diamétralement opposée à la mienne, je ne finis pas forcément par être d’accord avec lui » nuance-t-elle. « Mais ce chemin me permet de ne pas en faire une caricature. C’est ce que j’ai essayé de faire avec ce livre. Et je pense que c’est pour cela qu’il a été bien reçu en Ariège, y compris par des personnes qui ne partagent pas mes idées sur ces sujets dans la vie de tous les jours. »</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-ae5a858d"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>La littérature de voyage au féminin</strong></h2></div>



<p>Quand on l’interroge sur l’écoféminisme — courant philosophique, éthique et politique né de la conjonction des pensées féministes et écologistes — la réponse de Clara Arnaud est claire : « Il est évident pour moi qu’aujourd’hui, quand on parle d’écologie, on doit forcément inclure une pensée décoloniale et une pensée féministe. Il y a quand même un rapport au monde conquérant, extractiviste, etc., qui s’est construit au détriment d’une autre partie du monde. »</p>



<p>« J’ai grandi dans une famille où ça ne faisait aucune différence d’être un garçon ou une fille », raconte-t-elle. « Et d’ailleurs, j’ai pris conscience de ça assez violemment quand j’ai commencé à voyager seule. Pour moi, c’était un non-sujet. Sauf qu’<strong>un corps de femme, seule, très jeune, lâché comme ça dans la nature, ce n’est absolument pas anodin.</strong>&nbsp;Par exemple, au Honduras, je courais avec mon chien dans la montagne. Je n’ai jamais croisé une femme qui faisait ça seule. Ça n’existait pas. »</p>



<p>« Donc, malgré soi, cela devient un acte militant. Et ça induit un rapport au mouvement un peu différent. Parce que, si je schématise, c’est être une proie. […] Mais pour avoir discuté avec des hommes ayant voyagé dans des pays dangereux, je sais que ce sentiment n’est pas propre aux femmes. Simplement, nous, on en a plus conscience, et on nous le rappelle davantage. Mon premier livre,&nbsp;<em>Sur les chemins de Chine</em>, est sorti quand j’avais 23 ans. La question de la peur, du risque, de l’agression revenait tout le temps. Si j’avais été un jeune homme, on ne me l’aurait pas autant posée. »</p>



<p>« Je me suis toujours identifiée à des figures masculines en littérature. À ces hommes dans la nature. Je lisais souvent des récits portés par des héros masculins, avec parfois des personnages féminins secondaires. Il y a des exceptions, bien sûr, mais elles restent minoritaires », poursuit-elle. « C’est pourquoi il me tient à cœur de créer des personnages féminins qui ne soient pas des clichés de ce qu’on attend de la féminité. Et, en contrepoint, des personnages masculins qui ne soient pas non plus des stéréotypes de la masculinité. »</p>



<p>« Gaspard, le berger dans mon dernier roman, est une figure paternelle. Il n’y a pas de figure maternelle dans le livre. C’est lui qui prend soin des enfants. Je n’ai pas donné ce rôle à une femme. Ça passe aussi par l’idée de réinvestir une force physique, une physicalité.<strong>&nbsp;J’ai voulu un roman où les femmes ne sont pas juste passives.</strong>&nbsp;»</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-14d43edf"><h2 class="uagb-heading-text"><strong>Voyager moins, mais mieux</strong></h2></div>



<p>Avec le temps, le rapport de Clara Arnaud au voyage lointain a évolué. « Même si je n’ai jamais pris l’avion pour partir en vacances quinze jours », précise-t-elle. « Mais c’est certain que je me pose davantage la question qu’à mes vingt ans. À l’époque, l’avion était surtout très cher. Aujourd’hui, ça l’est toujours, mais ce n’est plus mon problème principal. Et, malheureusement, il est souvent moins coûteux que le train. Ce dernier implique un autre rapport au temps, moins tourné vers la consommation rapide d’une destination. »</p>



<p>Et si, aujourd’hui, l’autrice voyage beaucoup moins, elle tient à nuancer cette évolution. « Je n’ai pas du tout l’intention d’arrêter de voyager. Parce que je constate un repli sur soi assez phénoménal », explique-t-elle. « En littérature, par exemple, de moins en moins de gens lisent de la littérature étrangère. Aux États-Unis, ils n’en lisent plus que 3 %. Ce n’est pas sans lien avec ce qui se passe aujourd’hui.&nbsp;<strong>Je pense qu’il est essentiel qu’il y ait encore des passeurs, des gens qui circulent.</strong>&nbsp;»</p>



<p>Un repli que Clara Arnaud, qui vit en Ariège, un territoire très militant, remarque au quotidien. « Il y a ici des personnes d’une grande radicalité, dont j’admire profondément la cohérence. Mais parfois je me demande : pourquoi vivre uniquement dans des micro-constellations territoriales où plus personne ne sort de la vallée ? Ce qu’ils font est très beau, et leur existence est fondamentale. Mais je crois que, malgré tout, on a besoin que les histoires circulent, que les idées circulent. »</p>
</div></div>
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		<title>Juliette Becquet, hydroécologue à la tête du projet « Downstream »</title>
		<link>https://encordees.fr/juliette-becquet-hydroecologue-a-la-tete-du-projet-downstream/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 17:40:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[glaciers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>2025 a été désignée&#160;« année internationale de la préservation des glaciers » par l’ONU, un moyen de souligner l’urgence à laquelle ces géants font face. Puisque les glaciers du monde entier devraient perdre entre 20 % et 52 % de leur masse d’ici 2100, et ceux des Alpes pourraient avoir presque disparu. Un phénomène qui [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Juliette Becquet, hydroécologue à la tête du projet « Downstream »</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-04-30T18:40:26+01:00">30 Avr 2025</time></div></div>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">9 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong><strong>2025 a été désignée&nbsp;« année internationale de la préservation des glaciers » par l’ONU, un moyen de souligner l’urgence à laquelle ces géants font face. Puisque les glaciers du monde entier devraient perdre entre 20 % et 52 % de leur masse d’ici 2100, et ceux des Alpes pourraient avoir presque disparu. Un phénomène qui affecterait profondément les ressources en eau douce et la biodiversité. C’est ce que met en lumière le projet&nbsp;<em>Downstream</em>, porté par Juliette Becquet. L’objectif ? Mettre en évidence l’impact du recul des glaciers sur trois grands fleuves alimentés par ces derniers : le Rhône en Europe, le Columbia en Amérique du Nord et le Waitaki en Nouvelle-Zélande. Bien que géographiquement éloignés, ces cours d’eau partagent des défis communs liés à la fonte des glaciers, à la gestion des ressources en eau et à la perte de biodiversité.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="1350" height="1080" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1.png 1350w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-600x480.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-300x240.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-1024x819.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/2-1-768x614.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1350px) 100vw, 1350px" /></figure></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-a694053d alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<div style="height:30px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-85b478cc"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>Quel a été ton rôle dans le projet&nbsp;<em>Downstream</em>&nbsp;?&nbsp;</strong></h3></div>



<p>À l’origine, le projet&nbsp;<em>Downstream</em>&nbsp;n’était pas destiné à être un film, mais un projet de recherche. Protect Our Winters (POW) m’a contactée pour savoir si j’étais intéressée à prendre le lead sur la partie scientifique du projet, ce que j’ai accepté. Ce n’est que quelques mois plus tard, lorsqu’il a fallu réfléchir à la manière de médiatiser le projet, qu’ils ont décidé de créer un film. Huw James, le réalisateur, a été contacté, tandis que de mon côté, j’ai dû trouver des personnes à interviewer. POW pensait que ce serait une bonne idée que je sois la « conductrice » du film.</p>



<p>Mon rôle principal dans le projet&nbsp;<em>Downstream</em>&nbsp;a été d’écrire le livre blanc, disponible en ligne. Ce livre de 60 pages est une revue bibliographique qui rassemble tous les faits scientifiques liés au climat, aux glaciers et à l’eau. Bien que la revue soit assez survolée, elle est beaucoup plus détaillée que ce qui apparaît dans le film. C’est grâce à ce livre blanc que Protect Our Winters peut utiliser le projet&nbsp;<em>Downstream</em>&nbsp;comme un outil de sensibilisation et de discussion pour plaider en faveur d’actions pour le climat.</p>



<p>En tant que scientifique, j’aurais aimé que le film dure deux heures et que l’on puisse entrer davantage dans les détails [<em>le film dure 26 minutes, ndlr</em>]. Cependant,&nbsp;<strong>l’objectif de Protect Our Winters était avant tout de sensibiliser et d’ouvrir à la discussion sur les divers enjeux liés au retrait des glaciers</strong>. Nous avons des dizaines d’heures d’interviews, mais le but était que ce soit facile à regarder. Le film permet au spectateur de se dire : « Je m’intéresse aux vignobles suisses ou aux saumons du nord de l’Amérique, alors je vais aller approfondir ces sujets dans le livre blanc. » De plus, les interviews complètes sont disponibles en ligne.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-0964a4c0"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>Le grand public a souvent une vision assez lointaine des glaciers, surtout pour celles et ceux qui ne pratiquent pas la montagne. Comment rendre cette cause plus concrète ?</strong></h3></div>



<p>L’objectif du film est de faire prendre conscience aux gens, qu’ils vivent à la mer, en montagne ou en ville, que les glaciers n’impactent pas uniquement les vies des habitants dans les dix premiers kilomètres en aval des vallées. Leur influence se fait sentir à des centaines de kilomètres en dessous, affectant des secteurs aussi cruciaux que la politique énergétique d’un pays, l’approvisionnement en eau potable, et même l’agriculture.</p>



<p>Comment peut-on concrètement prendre conscience de cette réalité ? Déjà, en regardant le film&nbsp;<em>Downstream</em>, peut-être. Mais aussi en se renseignant, car l’information est disponible partout. Je conseille vivement à chacun de se plonger dans ces sujets.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-725f10db"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>Quelles actions peut-on mettre en place, à notre échelle, pour préserver les glaciers ?</strong></h3></div>



<p>Il existe des actions individuelles essentielles. D’abord, notre rôle en tant que citoyens est crucial. Consommer moins et faire durer ce que l’on a le plus longtemps possible est un pilier fondamental. Ce n’est pas une question de jeter des objets ou d’acheter des produits bon marché tous les deux ans. Il est bien plus pertinent de privilégier des matériaux de qualité et de les faire durer.</p>



<p>Ensuite, il y a des aspects liés à notre alimentation. J’ai vu passer un article sur France Inter qui expliquait que si tous les Français réduisaient de moitié leur consommation de viande, nous atteindrions les objectifs climatiques du pays. Ce geste, pourtant simple, a un impact significatif.</p>



<p>Et bien sûr, il y a la question du transport et des énergies fossiles. Rien de nouveau à ce sujet, mais il faut continuer à le répéter : les énergies fossiles sont le principal facteur du changement climatique. Cela implique de limiter nos déplacements, d’optimiser nos trajets, et de ralentir, tout simplement.&nbsp;</p>



<p><strong>Ces actions individuelles sont importantes, mais elles ne suffisent pas à elles seules. Il est désormais largement admis que des changements doivent aussi se produire à une échelle plus large.</strong>&nbsp;Une poignée de personnes très riches dans ce monde sont responsables d’une grande part du réchauffement climatique. Même si nous agissons tous individuellement, cela peut ne pas être suffisant. Ce n’est peut-être même pas le levier principal. Les scientifiques s’accordent à dire qu’il faut des décisions politiques courageuses et drastiques. Et même si cela semble difficile, je pense que ce n’est pas illusoire. Lorsque l’on voit les mesures prises pendant la crise du Covid, il est possible de croire que des décisions tout aussi fortes peuvent être prises à l’échelle mondiale.</p>



<p>Et depuis que je m’intéresse à la philosophie et à l’humain, j’ai envie de dire qu’on ne peut pas changer&nbsp;pour&nbsp;du&nbsp;«&nbsp;moins&nbsp;bien&nbsp;». À mon avis, si on veut vraiment changer, il faut qu’on y trouve du positif. Au début, cela peut faire peur de privilégier le train plutôt que la voiture, mais&nbsp;<strong>je suis convaincue qu’on sera plus heureux dans une société qui ralentit, où l’on voyage moins, où l’on consomme moins, où l’on se compare moins</strong>. Et je pense que tout ça passe par un véritable questionnement sur nos vies, sur ce qui nous rend vraiment heureux, et sur le sens de nos relations. C’est souvent par cette réflexion que je termine mes discussions autour de&nbsp;« Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? »</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-e9bf30fe"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>On parle souvent de réinventer les imaginaires collectifs, n’est-ce pas ?</strong></h3></div>



<p>Oui,&nbsp;exactement. Et dans cette perspective, j’admire beaucoup Cyril Dion, qui incarne parfaitement cette idée : « Oui, il faut évidemment stopper ce qui ne va pas, mais il est absolument nécessaire de créer quelque chose de nouveau, quelque chose qui rende les gens heureux, parce que sinon, c’est juste déprimant ». C’est évident. Donc oui, il s’agit de réinventer nos imaginaires, de créer des films qui racontent autre chose que des histoires d’apocalypse, des séries qui proposent de nouvelles façons de vivre.</p>



<p>Et le rôle du citoyen est aussi d’aller voter en faveur de ces changements. Mais pour cela, il faut se ré-intéresser à la politique. Les politiques ont vraiment une grande marge de manœuvre. Et tout cela demande une implication du monde économique, pour s’orienter vers des pratiques comme l’économie régénérative, l’hydrologie régénérative, ou l’agriculture régénérative.&nbsp;<strong>Il s’agit de produire ou d’avoir des activités économiques qui ne visent plus uniquement à faire de l’argent, mais à protéger, voire restaurer la nature, tout en maintenant une économie stable.</strong>&nbsp;Et ce n’est pas une utopie. C’est tout à fait possible.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-c2d9ff0b"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>Et&nbsp;concrètement, c’est quoi l’agriculture régénérative ?</strong></h3></div>



<p>L’agriculture régénérative n’a pas de définition exacte, mais c’est un terme qui désigne un ensemble de pratiques agricoles visant à régénérer l’environnement. L’objectif est d’être efficace, bien sûr, en produisant des récoltes, mais tout en prenant soin de la nature, notamment en préservant la santé des sols.&nbsp;<strong>Il ne s’agit pas de voir l’espace agricole simplement comme une surface de production, mais comme un écosystème complet dans lequel la production s’intègre harmonieusement.</strong></p>



<p>En Nouvelle-Zélande, par exemple, des fermiers réfléchissent à la sélection des espèces végétales à planter en fonction du climat du moment, ce qui peut sembler classique. Cependant, leur approche va au-delà : ils s’efforcent de régénérer les sols pour qu’ils contiennent davantage de matières organiques. Un sol riche en matière organique retient mieux l’eau et joue ainsi son rôle de tampon face aux sécheresses&nbsp;ou&nbsp;aux&nbsp;inondations.</p>



<p>Il s’agit aussi de ralentir le cycle de l’eau, un principe de l’hydrologie régénérative, défendu par des chercheurs comme Charlène Descollonges. Cela peut passer par des actions simples comme la plantation d’arbres, qui, de manière naturelle, aident à retenir l’eau dans l’écosystème. À l’origine, la nature savait faire tout cela seule.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-7b746bdd"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>Tu&nbsp;es docteure en hydroécologie, qu’est-ce qui t’a menée à cette spécialité ?</strong></h3></div>



<p>J’ai toujours voulu être scientifique, passionnée par la nature et les sciences. C’est en découvrant l’écologie scientifique lors de mon DUT à Lyon que j’ai trouvé ma voie. Je rêvais de travailler à Asters, le conservatoire d’espaces naturels de Haute-Savoie, peu importe le sujet, même si j’étais plus attirée par les insectes ou les grands animaux. Finalement, j’ai travaillé avec le glaciologue Jean-Baptiste Bosson sur les lacs sentinelles, ce qui m’a beaucoup plu. L’enjeu était d’améliorer la compréhension du fonctionnement et des menaces qui pèsent sur les lacs d’altitude, afin de mieux les préserver. Cela m’a donné l’envie de poursuivre mes études en faisant une thèse sur les rivières de montagne, un sujet où l’écologie se mêle à l’hydroécologie.</p>



<p>L’hydroécologie, c’est une sous-discipline de l’écologie appliquée aux milieux aquatiques. C’est l’étude des interactions entre l’environnement et les organismes, ainsi qu’entre les organismes eux-mêmes, dans les écosystèmes aquatiques. Cela m’a ouvert les yeux sur les problématiques auxquelles font face les bureaux d’études. Je me suis orientée vers cette voie parce que la science et la nature m’ont toujours passionnée, et mon choix d’orientation n’a jamais été une question à la maison.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-c8ee3639"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>Tu as grandi en montagne, quel est ton rapport à cet univers ?</strong></h3></div>



<p>J’ai grandi à Thyez, une petite ville près de Cluses, dans la vallée de l’Arve, avec la station de ski la plus proche, le Praz de Lys, à côté des Gets. Je suis née là-bas, et dès l’âge de deux ans, mes parents m’emmenaient skier au Praz de Lys. Puis, pour occuper mes mercredis après-midi, je suis allée au ski-club avec mes copines. Comme j’étais plutôt douée, j’ai commencé la compétition avant de me diriger vers le métier de monitrice de ski. Pour cela, je suis allée à Chamonix, où j’ai suivi trois années de formation entre monitrice de ski et baccalauréat général SVT. C’était une expérience enrichissante, mais aussi un peu challengeante à l’époque, car les mentalités n’étaient pas aussi ouvertes qu’aujourd’hui. Je me sentais parfois déconnectée des idées dominantes, mais je pense que cela évolue maintenant. À Chamonix, c’est difficile d’ignorer les impacts du changement climatique. Tout le monde voit que les guides de montagne doivent réajuster leurs itinéraires. C’est compliqué aujourd’hui d’être climato-sceptique quand on vit dans cette région. Même si, je crois, il en existe encore.</p>
</div></div>
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		<title>Grimper dans les Calanques en train depuis Lyon</title>
		<link>https://encordees.fr/grimper-dans-les-calanques-en-train-depuis-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Coralie Havas]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Apr 2025 17:20:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[environnement]]></category>
		<category><![CDATA[train]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Salomé, grimpeuse lyonnaise, vous&#160;propose de découvrir les Calanques autrement, sans voiture. Une aventure qu’elle a mené aux côtés d’Ambroise, son compagnon. Elle nous raconte tout cela dans un récit mêlant conseils pratiques et émerveillement, tout en montrant que cet endroit, accessible en train depuis Lyon, est un véritable terrain de jeu pour les amateurs de [&#8230;]</p>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-1db7ba11 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><h1 class="has-text-align-center wp-block-post-title">Grimper dans les Calanques en train depuis Lyon</h1></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b4089efe"><div class="has-text-align-right wp-block-post-author-name">Coralie Havas</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-b3c8aa52"><div class="has-text-align-left wp-block-post-date"><time datetime="2025-04-30T18:20:11+01:00">30 Avr 2025</time></div></div>
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<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-596d7c10 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><div class="has-text-align-center wp-block-post-time-to-read has-small-font-size">7 minutes</div></div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-c0a70717 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap">
<p class="has-text-align-center"><strong><strong><strong><strong><strong><strong>Salomé, grimpeuse lyonnaise, vous&nbsp;propose de découvrir les Calanques autrement, sans voiture. Une aventure qu’elle a mené aux côtés d’Ambroise, son compagnon. Elle nous raconte tout cela dans un récit mêlant conseils pratiques et émerveillement, tout en montrant que cet endroit, accessible en train depuis Lyon, est un véritable terrain de jeu pour les amateurs de grandes voies. Et qui sait, peut-être que son expérience vous inspirera à allier escapade en train et escalade.</strong></strong></strong></strong></strong></strong></p>
</div></div>



<div class="wp-block-uagb-container uagb-block-63a4f6e4 alignfull uagb-is-root-container"><div class="uagb-container-inner-blocks-wrap"><figure class="wp-block-post-featured-image"><img loading="lazy" decoding="async" width="2048" height="1365" src="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-2048x1365-1.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" style="object-fit:cover;" srcset="https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-2048x1365-1.png 2048w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-2048x1365-1-600x400.png 600w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-2048x1365-1-300x200.png 300w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-2048x1365-1-1024x683.png 1024w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-2048x1365-1-768x512.png 768w, https://encordees.fr/wp-content/uploads/2025/12/encordees-image-de-couverture-1-2048x1365-1-1536x1024.png 1536w" sizes="auto, (max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></figure></div></div>



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<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-85b478cc"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>D’où&nbsp;vous est venue l’idée de ce trip dans les Calanques ?</strong></h3></div>



<p>On avait déjà eu un bel aperçu des Calanques lors d’un week-end d’initiation à la grande voie avec le CAF. On avait dormi à Cassis, et un jour, on avait décidé de partir grimper à En-Vau à pied, en laissant les voitures derrière nous. Et c’était hyper chouette ! Le départ se faisait depuis le centre-ville, et cette approche à pied s’était révélée aussi simple qu’agréable. On en avait gardé un très bon souvenir.</p>



<p>Alors, quand on a commencé à penser à une nouvelle sortie, le choix des Calanques s’est imposé naturellement. D’abord parce que c’est un coin sublime, mais aussi parce que c’est facile d’accès en train depuis Lyon. D’autant que l’on avait envie de voir la mer ! Janvier, c’est une période parfaite pour grimper là-bas : pas trop de monde, une lumière magnifique, et des températures agréables !</p>



<p>On savait qu’avec le train, on devait&nbsp;réserver&nbsp;à l’avance. Forcément, ça laissait moins de place à l’improvisation. Mais on s’était dit que, même si la météo tournait mal et qu’on ne pouvait pas grimper, ce ne serait pas perdu : on en profiterait pour aller se balader dans Marseille. Bref, quoi qu’il arrive, on allait passer un bon moment.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-aeecbe31"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Pourquoi&nbsp;avoir choisi de tout faire sans voiture ?&nbsp;</strong></h3></div>



<p>En mai dernier, notre voiture est tombée en panne… et on n’a pas eu envie d’en racheter une. Ce choix, un peu par défaut au départ, est vite devenu une vraie occasion d’explorer d’autres manières de se déplacer. On avait déjà expérimenté le combo vélo-grimpe, et cette fois, on s’est dit : pourquoi ne pas tester le train-pied-grimpe ?</p>



<p>C’était aussi une manière d’embrasser un autre rythme. Prendre le temps de marcher jusqu’à la voie, d’entrer dans le paysage au fur et à mesure, de sentir les choses se mettre en place lentement.&nbsp;<strong>Il y a une forme de cohérence, presque de poésie, à se rendre à pied sur un site d’escalade.</strong></p>



<p>Et puis, on avait moins de jours devant nous que pour une virée d’été. Le train s’est imposé comme une alternative plus rapide que le vélo, mais tout aussi enthousiasmante.&nbsp;</p>
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<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-18511f47"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>Comment&nbsp;vous êtes-vous organisés ?</strong></h3></div>



<p>Jour&nbsp;1. Départ à 09h06 de Lyon. Le train file rapidement, et à 10h50, nous voilà arrivés à Marseille. Un petit transfert en TER (de 23 minutes), puis 20 minutes de bus, de la gare au centre-ville. C’est un début de voyage parfait : on se pose au soleil pour déjeuner à Marseille, avant de flâner dans les rues et de savourer l’atmosphère de la ville. Ce premier jour est une parenthèse, un avant-goût des vacances.</p>



<p>Jour 2. La première journée d’escalade commence sur les falaises de Castelviel. On part du centre-ville de Cassis, et après environ 2h-2h30 de marche d’approche, on arrive enfin à la paroi. On attaque&nbsp;<em>Les Dents de la Mer</em>, une voie splendide. La paroi est très verticale, et la vue sur la mer est juste incroyable. On est quasiment seuls sur la face, et sous le soleil éclatant, c’est un véritable paradis. L’escalade est intense, mais l’environnement est tellement magique qu’on oublie la fatigue.</p>



<p>Jour 3. Direction Cap Canaille pour la journée. On part du centre-ville, cette fois pour une marche d’approche un peu plus courte, environ 1h30. On grimpe sur la voie&nbsp;<em>Bourreur de Rousse</em>. L’ambiance est absolument impressionnante, un peu comme dans le Wadi Rum, en Jordanie, avec des falaises rouges et une immensité à couper le souffle. Ce jour-là, la falaise est pleine de grimpeurs, et il y a aussi pas mal de touristes au sommet. On s’est fait des copains de grimpe au relais. On a fini la journée à dîner ensemble le soir. Le fait&nbsp;de venir&nbsp;à pied crée tout de suite des liens, et la conversation s’engage naturellement.</p>



<p>Jour 4. La météo, malheureusement, ne nous permet pas de grimper. Le vent souffle fort, avec des rafales impressionnantes. On décide donc de retourner à Marseille. Ce n’est pas un échec, bien au contraire. On en profite pour visiter le MUCEM. Le retour se fait en toute tranquillité, et à 20h12, nous prenons le train pour Lyon.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-c1138eb5"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Y a-t-il eu des moments où vous avez regretté d’être partis sans voiture ?</strong></h3></div>



<p>On n’a pas regretté une seconde d’avoir laissé la voiture de côté.&nbsp;<strong>C’est vrai, avec une voiture, on aurait probablement pu grimper dès le premier jour, ou filer vers une falaise plus abritée quand le vent s’est levé. Mais au final, c’était aussi agréable de se laisser porter par un autre rythme.</strong>&nbsp;Profiter autrement. On a pris le temps de bien manger, de s’offrir un bon resto, d’aller voir une expo au musée.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-e8dea588"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :<br>Quelles grandes voies avez-vous choisies ?</strong></h3></div>



<p><strong>Pour choisir nos grandes voies, on s’est surtout laissés porter par l’envie de grimper, plus que par les temps de marche.</strong>&nbsp;On a visé les faces sud, histoire de profiter au maximum du soleil d’hiver. Ambroise n’avait encore jamais grimpé à Castelviel, et j’avais très envie de lui faire découvrir le secteur. Dans&nbsp;<em>Les Dents de la Mer</em>, on s’est offert une pause goûter sur une vire, seuls au monde, écrasés de soleil, avec la mer pour décor.&nbsp;<strong>C’était un moment suspendu. Ambroise a eu un vrai coup de cœur pour la dernière longueur, fine et aérienne, avec le vide sous les pieds.</strong>&nbsp;Moi, j’avais mal aux pieds à ce moment-là, alors j’ai davantage savouré les longueurs précédentes.</p>



<p>Le lendemain, sur&nbsp;<em>Bourreur de Rousse</em>, on a un peu plus bataillé. Dès la première longueur, je me suis trompée de relais. On a dû en bricoler un un peu plus haut pour éviter un tirage infernal… mais ça ne nous a pas épargné un énorme sac de nœuds. Premier vrai gros sac de nouilles de notre cordée : 45 minutes à détricoter le chantier.</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-987ad238"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Qu’avez-vous mis dans votre sac ?&nbsp;</strong></h3></div>



<p>Les cordes, la frontale, les casques, les baudriers, les dégaines, les chaussons d’escalade : le strict nécessaire pour grimper en grande voie. On a glissé chacun un pantalon de grimpe, deux tee-shirts, un petit sac pour emporter le minimum sur la voie. Et puis, on a aussi pris le temps d’ajouter&nbsp;l’appareil photo argentique et un livre chacun.&nbsp;</p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-f805be8a"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Quel a été votre moment préféré (en dehors de l’escalade) ?</strong></h3></div>



<p>Les marches d’approche, parfois longues, ont aussi participé à la beauté du voyage. Traverser la calanque à pied, dans la lumière dorée du matin ou celle plus douce du soir, c’était déjà une aventure en soi. Après notre grande voie à Castelviel, je me suis baignée à En-Vau. C’était une sensation de liberté totale, un vrai luxe.</p>



<p>À Cap Canaille, on a rencontré deux autres grimpeurs au relais. Comme il y avait un peu d’attente, on a discuté, plaisanté, partagé des anecdotes suspendus à mi-paroi. Le courant est bien passé, et le soir, on s’est retrouvés pour boire un verre, puis on a enchaîné sur un dîner improvisé. C’était simple, spontané, et vraiment sympa.&nbsp;<strong>Ce genre de rencontres, elles arrivent plus facilement quand on vient à pied, sans être pressés, ouverts à ce que la journée peut apporter.</strong></p>



<div class="wp-block-uagb-advanced-heading uagb-block-d62026fb"><h3 class="uagb-heading-text"><strong>encordées :</strong><br><strong>Avez-vous d’autres projets du même genre en tête ?</strong></h3></div>



<p>Pour notre prochain projet grimpe, on avait envie de faire Lyon-Céüse pour nos vacances d’été, mais plutôt à vélo. Et évidemment, on se garde l’option train pour quand on aura un peu de temps, mais pas trop.</p>
</div></div>
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